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  • 01/04/17--06:33: Présentation
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    Encyclopédie Pratique, collecte d’Aubervilliers


    « Tout le monde a des pratiques. Des pratiques intimes ou collectives, spirituelles ou corporelles, originales ou banales; des pratiques inventées, des pratiques apprises, des pratiques plaisantes, des pratiques fastidieuses. Des habitudes se sont doucement constituées en rituels, faire la vaisselle, du shopping, de la boxe, courir, chasser, jardiner, entretenir son vélo, roder, collecter des coquetiers, poster des vidéos, se promener dans des chantiers, lire les faits d’hiver.
    Ma pratique est de collecter des pratiques. Avec le projet de l’Encyclopédie Pratique de la Ville d’Aubervilliers, je souhaite créer un corps vaste de pratiques corporelles des habitants de la ville et des habitués de Laboratoires qui seront éditées dans un livre et serviront de matériaux à une pièce chorégraphique ».

    Lenio Kaklea


    credits photo: Lenio Kaklea



    Pour sa résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers démarrant en janvier 2017, Lenio Kaklea propose un projet qui s’ancre sur le site et le contexte spécifique d’Aubervilliers. Il s’agira d’interroger l’idée de corps social via la création d’une Encyclopédie Pratique, et plus précisément d’une collection des pratiques corporelles liées à Aubervilliers et aux habitués des Laboratoires.

    L’Encyclopédie Pratique (A Practical Encyclopedia) est un projet site-specific en cours conçu et développé par l’artiste et chorégraphe depuis 2016. Le projet recèle une réelle dimension anthropologique et prend plus spécifiquement sa source dans le célèbre texte des Marcel Mauss, Les Techniques du corps, publié en 1934. Au sein de ce texte, l’anthropologue français suggère que les gestes utilitaires sont aussi divers et multiples que les langues le sont :

       « J’appelle technique un acte traditionnel et efficace et il doit être à
          la fois traditionnel et efficace. Il n’y a pas de technique ou de
          transmission sans tradition. Voici comment les humains se différencient
          des animaux : par la transmission de leurs techniques et probablement
          par la dimension orale de leur transmission ».
          __ Marcel Mauss, Les Techniques du Corps, 1934.

    A travers son enquête, Lenio Kaklea souhaite entamer un travail de recherche pour cerner et révéler l’immense diversité des mouvements dans la culture humaine, via notamment la réalisation d’un catalogue de ses pratiques corporelles. Elle souhaite également que cette enquête soit aussi l’occasion de révéler notre relation contemporaine à la nourriture, à l’ornement, à la technologie, à l’amour, au sexe, à la nature, à la spiritualité, à l’économie, au travail, à la mort, au divertissement, aux soins, à l’entretien ménager, etc.

    Une première version de ce projet a été produit et présenté dans le cadre de la résidence artistique À Domicile en septembre 2016 à Guissény (village de 1.886 habitants situé en Bretagne). Le projet a pris la forme d’une collection de 48 pratiques. Dans le cadre de sa résidence aux Laboratoires, Lenio Kaklea souhaite poursuivre ce travail et la collecte qui l’accompagne dans la ville d’Aubervilliers, dont le nombre d’habitants est bien supérieur et permettra de constituer une collection plus importante. L’objectif que l’artiste se donne est de rassembler entre 300 et 800 portraits.

    Le processus du travail s’organisera en trois temps. Le premier moment, celui de la collecte auprès des habitants et visiteurs, nécessitera l’arpentage du territoire pour aller à la rencontre des pratiques à collecter. Dans un second temps, les réponses recueillies feront l’objet de courts textes-portraits, temps d’écriture réalisé par Lenio Kaklea, Lou Forster et Oscar Lozano, et serviront de matière première pour la création d’une pièce chorégraphique qui se penchera sur ce paysage des corps sociaux. Enfin, l’ensemble de cette recherche et collecte aboutira à la publication de textes, en plusieurs langues, constituant une sorte de portrait d’Aubervilliers et la pièce chorégraphique, un solo porté par Lenio Kaklea, sera programmé aux Laboratoires.





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    Danièle Linhart est une sociologue française, née en 1947, travaillant sur l'évolution du travail et de l'emploi. Elle est directrice de recherche au CNRS et professeure à l'université de Paris X. Dans son dernier livre, La comédie humaine du travail, paru en 215 aux éditions Eres, elle déploie un parallèle entre taylorisme et nouvelles méthodes de management, qui tous deux nient le statut de professionnel du salarié et lui enlève toutes possibilités de regard critique sur son travail.


    Florent Noël
    est Professeur à l'IAE de Paris. Il y enseigne la gestion des ressources humaines et participe aux travaux de recherche de la Chaire Mutation-Anticipation-Innovation (MAI). Ses publications portent sur la gestion des restructurations, du processus de décision et de négociation entre partenaires sociaux à l'évaluation des pratiques d'accompagnement des salariés en mobilité interne ou externe. Il s'intéresse aussi plus largement à la légitimation des pratiques managériales contestées.


    Olivier Marboeuf
    est auteur, critique et commissaire indépendant. Il dirige depuis 2004 aux Lilas (93), l'Espace Khiasma (www.khiasma.net), centre d'art dédié à la production et à l'exposition de vidéo et de films d'artiste. Il est également directeur et producteur associé au sein de la maison de production SPECTRE Productions, basée à Paris et spécialisé dans le cinéma de recherche et le documentaire expérimental.


    Romana Schmalisch
    et Robert Schlicht vivent et travaillent à Berlin, où la première a étudié les Beaux-Arts et le second la philosophie. Performeurs et vidéastes, ils développent des projets où le cinéma s’articule à la théorie pour mieux interroger les rapports de l’art, entre autres la danse et le cinéma, à l’histoire et aux structures de la société. Leurs réalisations ont été projetées et exposées dans de nombreux musées et centres d’art, notamment au Palais de Tokyo, à la Fondation pour l’Art Contemporain de Kiev, au Centre National des Arts Contemporains de Moscou et aux Laboratoires d’Aubervilliers, dont sont issus les travaux du Labour Power Plant.





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    9. Janvier 2017 - 19:30» 21:00
    Lundi 9 janvier 2017, 19h30

     

    La Chorégraphie du travail #4, performance publique aux Laboratoires le 21 mars 2014 / © Ouidade Soussi-Chiadmi

    As they continue to work on their film project Labour Power Plant, interrogating among other things the specificity of the relations shaped by the labour market, Romana Schmalisch and Robert Schlicht have been invited by La Commune to present an audiovisual piece, titled All the Best from Labour Power Plant, based on the film they are working on.

    On this occasion, Les Laboratoires d’Aubervilliers will be hosting a lecture which will consider the shaping of their residency project in order to attempt to examine real working conditions in the contemporary moment and their implications for individuals living in our society.

     

    On the creation of Labour Power
    at Les Laboratoires d'Aubervilliers

    Monday 9th January 2017, at 7:30 p.m.

    With Danièle Linhart (Sociologist of labor and researcher at the CNRS), Florent Noël (Professor of Human Resources Management at IAE Paris), Romana Schmalisch et Robert Schlicht (artists and filmakers) et Olivier Marboeuf (director of Khhiasma and Spectre Productions), etc.

    Free Entrance on booking
    reservation@leslaboratoires.org or 01 53 56 15 90

     

     
    _____________________

     

    Programming at La Commune
    (Rue Edouard Poisson Aubervilliers) 

    All the Best from Labour Power Plant

    Audiovisual play showing the 7th and 8th, 10th and 11th January 2017
    Times and online box office on La Commune website:
    http://lacommune-aubervilliers.fr/







    _____________________

    Public discussion co-supported by La Commune, l'Espace Khiasma and Les Laboratoires d'Aubervilliers.



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    oui
    13. Janvier 2017 - 20:00» 22:30
    Friday 13th January 2017, at 8 p.m.


    Mon corps n’obéit plus

    From and by Yoann Thommerel

     



    From his earliest years, Yoann Thommerel has been aware of the indocility of his body. And contrary to what those around him might have hoped, maturity has done nothing to change this. Today, his body continues to obstinately refuse to comply with certain instructions that pervade our lives, namely this one: Learn to stay in one’s place and not go beyond the bounds.
    Throwing himself into writing, the author has decided to pay closer attention than ever to his body. It is with his body that he writes andit is conjointly that they will be delivering this small selection of poems on excess
    .

    “Soon my body will be a clamour, my body will be a million.”

     _________________________

    Concept: Yoann Thommerel / Sonia Chiambretto
    Production: Groupe parallèle.
    With the support of: Montevidéo, Les Laboratoires d’Aubervilliers, Panta Théâtre.
    Mon corps n’obéit plus will be published in January 2017 by éditions NOUS.
    _________________________

     

    The performance will be preceded by a reading by Sonia Chiambretto, Yoann Thommerel ad Erwan Guignard.

    In residency at Les Laboratoires d’Aubervilliers since January 2016, writers Yoann Thommerel and Sonia Chiambretto, in association with the Groupe d’information sur les Ghettos (g.i.g.), interrogate mechanisms of exclusion and withdrawal. They create and activate protocols for reflection shared with local residents, artists and researchers, mainly grounding their practice in the collective writing of questionnaires and their circulation.

    This reading will be a attempt to respond to questions 45 and 46 of the “Questionnaire No.1” :

    45     Do you believe in an extra-terrestrial life form?
            Which kind?

    46     If you had to turn into an animal, which one would you choose?




    ---------------------

    FREE ENTRANCE ON RESERVATION at
    reservation@leslaboratoires.org or at 01 53 56 15 90

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    Standard

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    oui
    13. Janvier 2017 - 20:00» 22:30
    Vendredi 13 janvier 2017, à 20h

    Mon corps n’obéit plus
    De et par Yoann Thommerel

     



    Yoann Thommerel éprouve depuis le plus jeune âge l’indocilité de son corps et, contrairement à ce que son entourage pouvait espérer, la maturité n’a rien arrangé. Aujourd’hui encore, son corps refuse obstinément de se plier à certaines consignes omniprésentes dans nos vies, et notamment à celle-ci : apprendre à rester à sa place et à ne pas dépasser les limites.
    En se lançant dans l’écriture, l’auteur a cette fois-ci décidé d’être plus que jamais à l’écoute de ce corps. C'est avec lui qu'il a écrit et c'est ensemble qu'ils diront ces quelques poèmes du débordement.

    « Dans pas longtemps, mon corps sera une clameur, mon corps sera un million. »

     _________________________

    Conception : Yoann Thommerel / Sonia Chiambretto
    Production : Groupe parallèle.
    Avec le soutien de : Montevidéo, Les Laboratoires d’Aubervilliers, Panta Théâtre.
    Mon corps n’obéit plus est disponible à partir de janvier 2017 aux éditions Nous.
    _________________________

     

    La performance sera précédée d’une lecture par Sonia Chiambretto, Yoann Thommerel et Erwan Guignard.

    En résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers depuis janvier 2016, les écrivains Yoann Thommerel et Sonia Chiambretto, en lien avec le Groupe d’information sur les Ghettos (g.i.g.), interrogent les mécanismes d’exclusion et de repli. Ils inventent et activent des protocoles de réflexion partagés avec les habitants, des artistes et des chercheurs, en prenant principalement appui sur l’écriture collective de questionnaires et leur circulation.

    Cette lecture se veut une tentative de réponses aux questions 45 et 46 du
    « Questionnaire n°1 » :

    45     Croyez-vous en l’existence d’une forme de vie extra-terrestre ?
            Laquelle ?

    46     Si vous deviez vous transformer en animal, lequel choisiriez-vous ?




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    ENTREE LIBRE SUR RESERVATION à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Josep Rafanell i Orra is a psychologist and psychotherapist. He has been working in healthcare institutes and social work centres for over twenty years. His research stands at the crossroads between a pragmatic redefinition of a situated politics and an opposition to the workings of state management and economic inclusion. He is the author of En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté, and has published articles in the following journals: Futur Antérieur, Alice, Chimères, Ecorev.

    He co-founded a political inquiry collective focused on the construction and transmission of narratives relating to practices of collective autonomy (Cahiers d'enquêtes politiques, Editions des mondes à faire, 2016). He is running a investigation workshop in Brussels about care and social work practices. His last thoughts are focus on what we can call a politics of local experiences inherent to the matter of care.






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    Josep Rafanell i Orra est psychologue et psychothérapeute. Il collabore depuis plus de 20 ans avec des institutions de soin et de travail social. Son travail de réflexion se place à la croisée de la redéfinition pragmatique d’une politique située et de la prise de parti contre les machines de gestion étatiques et d’intégration à l’économie. Auteur du livre En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté, paru aux éditions de La Découverte en 2011, il a également publié dans les revues suivantes : Futur Antérieur, Alice, Chimères et Ecorev.

    Josep Rafanell i Orra est par ailleurs à l'origine, avec d'autres, d'un collectif d’enquête politique qui met l’accent sur la construction et la transmission de récits autour de pratiques d’autonomie collective (Cahiers d'enquêtes politiques, Editions des mondes à faire, 2016). Enfin, il anime à Bruxelles un atelier d’enquête autour des pratiques de soin et de travail social. Ses dernières réflexions tentent de penser ce que l'on pourrait appeler une politique des expériences communales inséparables de la question du soin.

    On peut consulter quelques uns de ses derniers travaux dans: https://jrafanell.wordpress.com/


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    Le Journal des Laboratoires 2016 2017

    Le Journal des Laboratoires d'Aubervilliers 2016 2017

     

    Beaucoup de nouveaux mondes naissent, tout le temps. Ils se construisent à la marge des systèmes dominants dont sont exclus ceux qui ne s’accordent pas avec la norme. Explorer la « Psychotropification de la société », comme nous l’avons fait lors de la saison 2015-2016 aux Laboratoires d’Aubervilliers, c’était ouvrir la porte aux invisibles et aux invisibilisés qui nous entourent. Ces derniers s’incarnent dans de multiples entités avec lesquelles nous devons composer, notamment les microcommunautés construites en réponse à des modèles qui ne leur correspondent pas – celles des entendeurs de voix, des trans, des prostitué-e-s, des consommateurs de drogues, des personnes atteintes de maladies rares, des personnes vivant avec des obsessions trop dérangeantes pour être révélées au grand jour et pour les partager comme des expériences qui pourraient se révéler communes à d’autres gens. Soit autant de puissances d’agir avec lesquelles nous devons composer progressivement un monde commun. À travers ces invisibles, c’est un autre rapport au monde qui se compose, nous amenant à considérer autrement les frontières qui nous entourent et à recomposer notre propre expérience.

    Si, dans un premier temps, ce terme un peu barbare de Psychotropification, inventé pour l’occasion, nous a d’abord interloquées, il s’est révélé au final très évocateur pour pointer l’utilisation utrancière des médicaments psychotropes utilisés pour soigner les troubles mentaux. Un usage qui semble en effet servir les intérêts, dans le modelage abrutissant des êtres qu’il engendre, de ceux qui espèrent une obéissance sans dissidence des individus, de tous les individus qui composent la société. Nous avons ainsi, pendant une année, pensé ensemble les effets d’une médicalisation exponentielle des émotions, des situations et des conditions humaines, et renouvelé notre approche de la maladie et de la folie. En choisissant de tordre le langage pour fabriquer de toutes pièces cette expression de « psychotropification de la société », nous avons voulu explorer et inventer les bords et les profondeurs de cette expression et, dans la fiction dont elle est porteuse, mener l’effort de son explicitation et de son dépassement.

    Depuis que nous avons lancé le projet du Printemps des Laboratoires, en 2013 — dont le principe est d’articuler recherches artistiques et théoriques, échanges ouverts à un large public via des formats d’ouverture publique qui s’inventent tout au long de l’année au gré des artistes et des personnes qui les traversent —, depuis presque quatre ans, donc, les thématiques que nous avons traversées n’ont eu de cesse de se faire écho. La question des communautés et du droit aux communs (Commun, Commune, Communautés, 2013) rencontre ainsi celle des formes d’art qui inséminent les mouvements de révoltes et de ontestations qui ont jailli notamment ces dix dernières années à travers le monde (Performing Opposition, 2015), laquelle rejoint la nécessité d’inventer d’autres modèles d’existence pour assurer sa survie, d’autres façons de considérer ce qui nous façonne intimement sans les réduire au silence et en acceptant toutes les formes qu’elles recoupent, des plus sacrées aux plus triviales (Psychotropification de la société, 2016). Le rapport entre art et travail et les expériences de l’art comme paradigmes d’un certain modèle de déconstruction de la valeur travail dans notre société (Ne travaillons jamais !, 2014) sont autant de feuilles de route qui mettent en lumière la volonté de ne pas se laisser enfermer et, surtout, de mettre en place les moyens concrets de réfléchir ensemble.

    Nous nous sommes donc attelées encore une fois, cette année, pendant les séminaires « pratiques de soin et collectifs » portés par Josep Rafanell i Orra, inscrivant la question de la gestion sociale du système de santé en dehors des dispositifs de contrôle et de normalisations des identités par la maladie. Ses invités ont partagé leur expérience de formes collectives de soin ou de résistance face aux dispositifs d’assignation à un statut de malade ou de déviant. À écouter leurs témoignages pendant un an, c’est notre langage qui s’en est trouvé transformé, en même temps que nos réflexes de désignation : la prohibition de la drogue et des travailleurs du sexe qui a tendance à précariser, et la pénalisation des usagers à conduire à plus de clandestinité, ont fait place à des pratiques d’autosupport et d’incorporations diverses.

    Nous admirons des réseaux tels que le « réseau des entendeurs de voix » (REV), qui cherche à dé-médicaliser et dé-stigmatiser le phénomène de l’écoute des voix, à fuir les diagnostics qui ignorent l’histoire des personnes diagnostisées, et à redonner la parole et le pouvoir de gérer leur vie à ceux qui en ont été dépossédés par les autorités médicales. En lieu et place de la criminalisation et de la victimisation s’est installé le désir d’être attentif et d’offrir une place aux multiples pratiques de soins existantes et de construire de nouveaux lieux, comme autant de zones d’autonomie temporaire à défendre, quitte à fabriquer des « zones grises », entre légalité et illégalité.

    C’est aussi à travers les ateliers de lecture que nous avons développé notre réflexion et les outils pour décrypter les dispositifs d’assujettissement au diagnostic médical et de pathologisation des expériences. Nous y avons reconnu comme fondamentaux et pertinents les liens que certains oeuvrent à mettre en place dans leur parcours personnel. Au fur et à mesure des ateliers s’est dessinée une bibliographie, qui nous a emmenés sur les pas du neurobiologiste François Gonon ou d’Ivan Illich, afin de contrer la vision génétique et biologique de la maladie psychiatrique à laquelle s’accroche la recherche, dangereuse parce que nécessairement réductrice. Nous avons abordé les questions de liberté, d’addiction et d’éthique de la décision avec la philosophe Avital Ronell, qui proclame, avec Walter Benjamin « un droit des nerfs ». Grâce à Vinciane Despret, nous avons décidé de faire confiance aux fantômes ; à Fernand Deligny, de fabriquer des réseaux de présence ; à Tim Ingold, de tisser des lignes de fuite. Paul B. Preciado nous a ouvert la voie des mutations engendrées par l’ingestion de biotechnologies, complexifiant l’identité sexuelle – une réflexion que nous avons poursuivie avec le psychiatre et psychanalyste Harold Searles – avant de finir par explorer, avec Deleuze et Guattari, des modes d’existence en deçà ou au-delà de l’individu, dans la rencontre de nos meutes intérieures.


    Nous accueillons, dans ces pages du Journal des Laboratoires, certains des auteurs étudiés, et invités lors de l’événement final du « Printemps des Laboratoires #4 », en juin 2016 : un texte de Tobie Nathan sur l’ethnopsychiatrie qui passe par une déconstruction des pratiques psychanalytiques et leur décolonisation, de Jean-François Chevrier qui revient, de manière synthétique, sur ses recherches autour de l’hallucination artistique, et de Florent Gabarron Garcia, qui écrit, en quelques lignes, l’histoire de la psychothérapie institutionnelle, qu’il relie à l’histoire populaire de la psychanalyse. Enfin, le collectif Dingdingdong témoigne des formes singulières imaginées pour traiter de la maladie dégénérative d’Huntington, un temps surnommée « chorée de Huntington » à cause des gestes aléatoires et incontrôlables qu’elle provoque. Nous avons souhaité retranscrire également une discussion entre Magali Molinié et Pticarus, venus nous parler du réseau des Entendeurs de voix franciliens dont ils sont membres actifs, après avoir mis en place, pendant cinq jours, dans le cadre du projet de Dora García, un « Café des voix » à Pantin. C’est aussi l’occasion, dans ce premier cahier du Journal, de livrer les enjeux de la performance de l’artiste Grace Ndiritu, qu’elle poursuivra en présence d’un groupe de recherche constitué de chercheurs, de cuisiniers et d’artistes, en juillet 2017.


    Un deuxième cahier est confié aux deux artistes en résidence depuis novembre 2015, Silvia Maglioni et Graeme Thomson, dont la pratique fait largement écho aux réflexions menées autour de la psychotropification, auxquelles ils ont pris part de manière particulièrement active. Leur projet cherche à habiter la dimension infra, « dans le sens de la rupture de règles et de codes établis, avec celle d’action infra comme forme d’intervention qui se déroule en deçà et au-delà du domaine de l’action », à travers un grand nombre de propositions textuelles, sonores et visuelles, faisant une grande place, dans un premier temps, à la matière noire du cinéma, puis s’orientant progressivement vers un désapprentissage du langage. À chaque fois, et les entretiens et retranscriptions de séances publiques de ce cahier en rendent compte, il s’agit d’ouvrir la recherche à l’expérience collective.
    Le troisième cahier reviendra sur le projet d’exposition de l’artiste plasticienne Katinka Bock qui s’est développé entre 2015 et 2016 depuis Aubervilliers jusqu’à Toronto, au Canada, où prendra forme une nouvelle étape de son projet Zarba Lonza au Mercer Union, en 2017. À ce projet, qui s’est développé en relation avec les commerçants d’Aubervilliers autour de l’échange, du don et contre-don, fait écho celui des écrivains Yoann Thommerel et Sonia Chiambretto qui se sont installés aux Laboratoires depuis janvier 2016 avec leur Groupe d’information sur les ghettos (le G.I.G.). Partant du constat que le mot ghetto s’est largement propagé dans les discours politiques comme une manière de stigmatiser sans distinctions des zones géographiques, des communautés, des comportements, des identités sociales et minoritaires et des modes d’existences, le G.I.G. s’est développé toute l’année en compagnie d’habitants d’Aubervilliers, de chercheurs et d’étudiants pour travailler à l’écriture de questionnaires qui complexifient cette question du ghetto, tout en la ramenant à l’expérience personnelle et subtile des personnes qui ont accepté de se prêter au jeu du questionnaire. Ce cahier livre ici des extraits des différents questionnaires, et un entretien avec les deux auteurs qui y exposent les ramifications artistiques, politiques et sociales que recoupe un tel projet. 


    Le dernier cahier poursuit une réflexion entamée dans le Journal de l’année dernière autour de la danse et des recherches qui y sont menées en dehors du seul espace du plateau, des formes qui impliquent entre autres de caler ses modes de production à la plasticité des pratiques elles-mêmes, non de la contraindre. À travers la pratique singulière de trois artistes, la danse apparaît, plus que jamais, plurielle. Chez Pauline Simon, elle est le lieu d’exploration de l’Apocalypse, puissant moteur à fictions. Pour Marinella Senatore, l’endroit de cristallisation et de représentations de savoir-faire partagés. Pour Claudia Triozzi, tantôt lieu d’auto-archivage, tantôt lieu d’hospitalité où inventer une nouvelle pédagogie de la recherche. En guise d’ouverture (et de promesse) à toutes les expériences que cette édition du Journal des Laboratoires, nous l’espérons, ouvrira, nous laissons le mot de la fin à Donna Haraway :

    « Pour ma part, je veux des histoires. Avec tous les descendants infidèles des dieux célestes, avec mes compagnons de litière qui se vautrent avec moi dans de riches embrouilles inter-espèces, je veux fabriquer une agitation critique et joyeuse. Je ne résoudrai pas le problème mais penserai avec lui, me laisserai troubler par lui. La seule façon que je connaissance pour le faire est d’en appeler à la joie créatrice, à la terreur et à la pensée collective ». (1)



    Alexandra Baudelot,
    Dora García et
    Mathilde Villleneuve



    Le Journal des Laboratoires est disponible aux Laboratoires d’Aubervilliers (41 rue Lecuyer, 93300 Aubervilliers) et peut également être téléchargé sur le site internet : http://www.leslaboratoires.org/editions

     

     

    1./-  Donna J. Haraway, « Sympoièse, sf, embrouilles multispécifiques, gestes spéculatifs », in Didier Debaise, Isabelle Stengers (dir.), Gestes spéculatifs, « Colloque de Cerisy », Dijon, Les presses du réel, 2015.


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  • 08/16/16--09:48: Présentation
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    Classes de Lutte

                                         Cela suppose que la politique est, en premier
                                         sens, de l’ordre de la pensée et non de
                                         l’ordre
    des « réalités objectives », de la
                                         réalité
    objective des contradictions, dont
                                         l’État est le
    produit paradigmatique. La
                                         pensée n’est donc
    pas pensée d’un objet, elle 
                                         relève d’une
    subjectivation, mais elle n’est
                                         pas pour autant
    sans assignation ni
                                         exactitude. On le dira sous
    la forme : la
                                         pensée est rapport du réel.

                                         «Rapport du réel» et non «rapport au réel»,
                                         cette entorse à la grammaire sert à bien
                                         marquer que la pensée ne prend pas le réel
                                         comme objet. La formule non objectivante
                                         «rapport du réel» suppose que cette pensée
                                         n’est pas appréhendable ni dans les
                                         catégories du vrai ou du faux, ni dans un
                                         rapport du subjectif à l’objectif. Ainsi, les
                                         gens pensent donne un premier sens à
                                         l’énoncé : « la politique est de l’ordre de la
                                         pensée ».

                                        Peut-on penser la politique en intériorité ? 
                                        Sylvain Lazarus - L’Intelligence de la Politique.


    A une époque où le triomphalisme capitaliste a prétendument vaincu toutes les utopies pour un changement politique humain, Paloma Polo a porté son attention aux connaissances léguées par les luttes progressistes malgré le silence, la soumission et l'oppression qu'elles ont eu à combattre. Fouiller dans les épisodes passées ou sonder des conflits en cours, les efforts de Paloma Polo travaillent à se mettre face à notre contemporanéité.

    Pour son projet aux Laboratoires d'Aubervilliers, Paloma Polo a engagé une enquête sans précédent dans une dimension de l'histoire remarquable des luttes politiques qui ont façonné la périphérie Nord de Paris. Loin de se livrer à un détour nostalgique, elle débusque et révèle les récits éclipsés et dissimulés, les dialogues et configurations sociales à la lumière de la réalité actuelle d'Aubervilliers, ville française qui accueille le plus important pourcentage de migrants, selon des chiffres qui ne tiennent d'ailleurs pas compte des personnes n'ayant pas de papiers.

    Aubervilliers, Saint-Denis et, de manière plus générale, la Banlieue Rouge aux abords de Paris a abrité des milliers d'exilés politiques espagnols depuis la guerre civile et plus particulièrement durant toute la période du franquisme. Des centaines d'entre eux ont vécu une existence fantomatique, beaucoup sous de fausses identités, et certains de manière complètement clandestine, luttant dans l'ombre pour la mise en place en Espagne d'un mouvement qui puisse renverser de manière démocratique le système répressif et violent du franquisme.
    Ce mouvement souterrain, orchestré depuis la périphérie de Paris par le Parti Communiste Espagnol, a laissé peu de traces matérielles. Plus important encore, il est également et aujourd'hui à peine traçable dans une histoire nationale espagnole écrite par effacement systématique des exploits qui ont ouverts la voie à ce qui a, malheureusement, glissé vers une «ouverture démocratique» trompeuse, à la suite de la dictature.

    Paloma Polo plonge dans une mémoire en sommeil, ayant principalement survécue grâce à la transmission orale de militants qui ont presque entièrement disparus. Et ce n'est d'ailleurs pas arbitraire qu'il n'y ait pas de réflexion critique complète, de compilation ou recueils de cette période historique décisive. Seules quelques autobiographies attestent de ces épisodes.

    Aujourd'hui, notre organisation politique est différente et pourtant il existe une corrélation inquiétante avec cette époque antérieure : l'Europe traverse une importante crise convulsive émaillée par une recrudescence du fascisme, ancrée dans un tissu social dévasté, et faisant face aux millions de migrants et d'exilés qui, fuyant la guerre, l'oppression et l'exploitation, affluent vers l'Europe pour tomber dans la violence et la discrimination d'États brutaux. Cependant, les temps présents en Occident sont marqués par une différence très significative : nous manquons d'horizons ou de projets politiques concrets et nous ne semblons pas en mesure de penser la politique en termes nouveaux.

    Le parlementarisme, approuvé par des pans importants de l'opinion populaire, a déclaré sa violence. Il fait la guerre, il est la guerre selon les mots de Sylvain Lazarus. Au milieu de ces circonvolutions, seuls quelques-uns avancent, bien qu'avec hésitation, pour trouver les nouveaux mots - pour continuer à se référer à Sylvain Lazarus - nécessaires à la compréhension de notre époque.

    Le mouvement politique espagnol pendant le franquisme, comme beaucoup d'autres à l'époque, a été propulsé vers l'avant par un projet socio-politique, des idées et des valeurs cristallisées dans la discipline clandestine des processus d'organisation et des petites communautés manifestement plus consolidées au sein des organisations de base espagnoles.

    A côté de ces réseaux de solidarité, ces collectifs étaient-ils en mesure de doter les individus d'une autre compréhension des caractéristiques essentielles des relations humaines ?
    Si nous convenons de l'idée que la politique est rare et précaire, y avait-il là une aptitude à créer les lieux de la politique, de la pensée indépendante ?
    Est-il possible de sauver quelque chose de cette lutte pour nous aider à raviver les relations sociales et nous équiper pour faire face à la situation contemporaine ?
    Comment pouvons-nous penser et parler de ce qui n'a pas été pensé, ni parlé au-delà de groupes mineurs, aujourd'hui inaccessibles et coupés d'un passé canonisé ?

    En ponctuant son enquête avec les mots de Sylvain Lazarus qui affirme que nous devons assumer la tâche d'établir tout à fait les nouveaux termes attendus des résultats et méthodes de pensée et de connaissance si le dialogue ne se fait plus avec les gens, Paloma Polo, en collaboration avec son partenaire de recherche, l'historien de l'art et curateur Oscar Fernandez, s'attachera à reconstituer les récits de cette histoire enfouie.

    Pour cela, seront réalisés des dialogues avec des personnalités importantes de l'histoire de ces combats politiques, tout comme seront mis en place des ateliers de rencontres-discussions permettant d'inclure la diversité des collaborateurs et de ces personnes impliquées et concernées. Enfin, ce projet aboutira à l'écriture d'un script pour un film, dont les étapes préparatoires incluront des performances dans l'espace public et au sein des Laboratoires d'Aubervilliers.




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    5. Janvier 2017 - 16:00» 18:00
    Jeudi 5 janvier 2017, de 16h à 18h

    Les Laboratoires d’Aubervilliers poursuivent les ateliers de lecture qui, tous les quinze jours, proposent de mener collectivement recherches et réflexions autour d’une problématique spécifique abordée depuis différentes disciplines (l’art, les sciences humaines, la politique). Ces ateliers participent à la construction du « Printemps des Laboratoires », programmation qui se décline tout au long de l’année via des workshops, tables rondes, projections jusqu’à l’avènement d’un moment public intense. Ce rendez-vous public, qui aura lieu en juin 2017, en constitue la mise en perspective finale à une échelle internationale. Cette programmation est articulée chaque année autour d’une notion spécifique ; cette année il s’agit de « Extra Sensory Perception ».

    La quatrième édition du Printemps des Laboratoires a ouvert un champ très vaste que nous souhaitons continuer à explorer pour cette nouvelle saison. Sous l’intitulé « ESP (Extra Sensorial Perception) », nous proposons de poursuivre nos réflexions.

    Il sera question de comment faire de la place dans nos vies à des voix multiples et contradictoires, à un “Je” non unique, centre de gravité narratif, à des entités non-humaines et autres mondes invisibles, de comment en être remplis sans être assaillis. On se demandera ce que peut être une mystique contemporaine et dans quelle histoire hallucinée, illuminée, visionnaire nous souhaitons nous situer aujourd’hui. On cherchera les méthodes de désindividualisation afin de partager ces visions et de les rendre collectives et habitables.



    Atelier # 7

    Pour ce septième atelier de lecture, nous avons convié l’artiste Simon Ripoll Hurier pour une séance exceptionnelle. Celui-ci proposera une pratique de Remote Viewing.

    « Le Remote Viewing est une technique de description de lieux, d'événements, d'objets ou de personnes, distants dans l'espace ou le temps. Développée principalement aux États-Unis dans le cadre du fameux programme Stargate de la CIA, elle fut (et continue d'être ?) l'une des pratiques les plus prometteuses de ‘canalisation’ des perceptions non-sensorielles. J'ai découvert cette technique en 2011, quand une amie (Claire Fouquet) est devenue directrice exécutive de la société IRIS Intuition Consulting, basée à Paris, qui offre des services de Remote Viewing. Elle m'avait alors initié aux premières bases de cette pratique. En 2016, dans le cadre de mes recherches pour mon prochain film Diana, je prends contact avec Alexis Champion, directeur d'IRIS, et filme plusieurs sessions. Je commence alors à expérimenter cette pratique et à la transmettre, d'abord à quelques amis puis à un nombre plus élargi de personnes. Ce sera l'objet de cet atelier. »


    Simon Ripoll-Hurier est artiste visuel et musicien. À la croisée de plusieurs champs, son travail a commencé par se concentrer sur des espaces de production d’images dominantes, comme Hollywood ou Broadway, mettant en place des mécanismes de traduction et de transposition, comme autant de techniques de détournement ou d’emprunt. Son intérêt pour les techniques de description orale l’a amené à se pencher sur certaines théories du complot portant sur les formations nuageuses. En 2013, il réalise Dreamland, un film expérimental qui documente le processus de fabrication d’une chanson. Il commence alors à investir le médium cinématographique, dans le cadre d’un projet qu’il développe depuis 2014 (Projet Diana).

     

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    Cet atelier est exceptionnellement limité à 15 personnes
    L’entrée est libre sur inscription à p.simon@leslaboratoires.org

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    Labo des Labos

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  • 01/04/17--06:42: Oscar Lozano
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    tag artiste: 

    Oscar Lozano

    Type d’artiste: 

    Author



    Oscar Lozano est un performer et écrivain formé au sein du Théâtre expérimental Wing de la Tisch School of the Arts, ainsi que via la NYU d’Abu Dhabi et l’Hemispheric Institute of Performance and Politics, où il a approfondi sa connaissance de l’espace performatif autant en théorie qu’en pratique. Il a joué à Paris, New York, Abu Dhabi et Barcelone, apparaissant dans des projets de Gerard & Kelly, Zoukak Theater Company, Rubén Polendo et Sarah Blush, entre autres. Il a aidé ou collaboré avec des artistes tels que Trajal Harrell ou les Yes Men, et a mené une série d’ateliers de théâtre pour les réfugiés irakiens et syriens à Zarqa, en Jordanie.

    Oscar a commencé à explorer la performance en solo avec une adaptation de la pièce en un acte de Fernando Pessoa, The Mariner (2013). Sa dernière pièce, No Brakes (2015), aborde quant à elle la crise des réfugiés en Jordanie, en explorant les périls de l’identification et l’importance de refuser de raconter un traumatisme afin de créer une autre forme de «consommation».

    Sa formation du mouvement inclut une pratique constante de Contact Improvisation au cours des 6 dernières années (Bradley Ellis, Mathieu Gaudeau), de Tai-Chi (Ramón Lozano), de Viewpoints (M. Overlie, Barney O’Hanlon), ainsi que de chorégraphie et d’ateliers de danse avec Beth Gill, Thomas Hauert, ou Frey Faust. Il collabore actuellement avec la jeune compagnie de théâtre JOKLE à Paris pour notamment créer des séquences de mouvements pour leur plus récente pièce, Bittersweet.

     

     


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  • 01/09/17--10:03: Collaborations / Biographies
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    Lou Forster est né à Paris en 1988. Licencié en philosophie et en études théâtrales, il est diplômé de l’EHESS en 2012 où il a soutenu un mémoire sur les dispositifs d’exposition de la performance sous la direction de Patricia Falguières et d’Élisabeth Lebovici.
    Dès 2010, il développe une activité critique pour des revues tels que A Prior, Le journal des Laboratoires d’Aubervilliers et Art21 qu’il codirige de 2012 à 2013. Il écrit sur Walid Raad, Yvonne Rainer, Franck Leibovici, Claudia Triozzi, Juan Dominguez, Rabih Mroué et L’Encyclopédie de la Parole, notamment.
    En 2013, il assiste le commissaire Pierre Bal-Blanc au Centre d’art de Brétigny-sur-Orge pour l’exposition La Monnaie Vivante.
    En 2015, il est le critique invité au FAR° Festival des Arts Vivants de Nyon (Suisse), où il encadre la résidence d’artistes Watch and talk et propose une approche critique du festival tout en combinant publications et ateliers d’écriture.
    En parallèle de ses projets individuels, depuis 2010, il collabore avec la chorégraphe Lénio Kaklea. Il participe comme dramaturge à Fluctuat necMergitur (2010), Arranged by Date (2012), Margin Release f/f (2015) et collabore au projet curatorial, Iris, Alexandra, Katerina, Mariela et moi, au festival DansFabrik, Quartz-Scène Nationale de Brest. Lou Forster participe comme dramaturge à la création de Treasure in the Dark (été 2015) du chorégraphe Thiago Granato et performe Timelining (2014) de Gerard&Kelly pour la FIAC (automne 2014) et au Guggenheim Museum (été 2015).
    Depuis 2014, il collabore avec Jeanne Revel et Joris Lacoste au développement de la méthode W, une approche critique, pratique et théorique de l’action en représentation.
    Il est le commissaire de Lucinda Childs, Nothing Personal (1963-1989), la première exposition rétrospective consacrée à l’oeuvre de la chorégraphe américaine présentée au Centre national de la danse (CND) et à la Galerie Thaddaeus Ropac, Pantin dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, en 2016.

     

    Oscar Lozano est un performer et écrivain formé au sein du Théâtre expérimental Wing de la Tisch School of the Arts, ainsi que via la NYU d’Abu Dhabi et l’Hemispheric Institute of Performance and Politics, où il a approfondi sa connaissance de l’espace performatif autant en théorie qu’en pratique. Il a joué à Paris, New York, Abu Dhabi et Barcelone, apparaissant dans des projets de Gerard & Kelly, Zoukak Theater Company, Rubén Polendo et Sarah Blush, entre autres. Il a aidé ou collaboré avec des artistes tels que Trajal Harrell ou les Yes Men, et a mené une série d’ateliers de théâtre pour les réfugiés irakiens et syriens à Zarqa, en Jordanie.
    Oscar a commencé à explorer la performance en solo avec une adaptation de la pièce en un acte de Fernando Pessoa, The Mariner (2013). Sa dernière pièce, No Brakes (2015), aborde quant à elle la crise des réfugiés en Jordanie, en explorant les périls de l’identification et l’importance de refuser de raconter un traumatisme afin de créer une autre forme de «consommation».
    Sa formation du mouvement inclut une pratique constante de Contact Improvisation au cours des 6 dernières années (Bradley Ellis, Mathieu Gaudeau), de Tai-Chi (Ramón Lozano), de Viewpoints (M. Overlie, Barney O’Hanlon), ainsi que de chorégraphie et d’ateliers de danse avec Beth Gill, Thomas Hauert, ou Frey Faust. Il collabore actuellement avec la jeune compagnie de théâtre JOKLE à Paris pour notamment créer des séquences de mouvements pour leur plus récente pièce, Bittersweet.

     


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    Le Journal des Laboratoires 2015 2016

    Le Journal des Laboratoires 2015 2016



    L’édition annuelle de ce Journal des Laboratoires est le résultat des passionnantes rencontres et productions de formes et de pensée qui se sont déployées aux Laboratoires entre 2015, en présence des artistes et chercheurs invités en résidence sur plusieurs mois, ou sur des événements plus ponctuels. Composé de quatre cahiers distincts, ce journal souligne un certain nombre d’axes forts développés pendant l’année : le projet autour des dynamiques de distanciation géographiques et identitaires de l’artiste Yael Davids (cahier B), une exploration et un questionnement sur les nouvelles pratiques du cinéma et de la danse (cahier C), et l’apprentissage au coeur des enjeux de l’art (cahier D). Quant à ce premier cahier (cahier A), il est consacré au Printemps des Laboratoires, un programme de recherche que nous développons chaque année autour d’ateliers et d’événements publics discursifs et performatifs pour penser collectivement une question contemporaine qu’il nous semble urgent de poser dans le contexte social, politique et artistique actuel. Cette année, le Printemps portait sur « Performing Opposition », ou comment se ressaisir de l’espace public et politique par les stratégies de l’art et de la performance, afin d’y creuser un espace critique opérant.

    Alexandra Baudelot,
    Dora García et
    Mathilde Villeneuve


    Le Journal des Laboratoires est disponible aux Laboratoires d’Aubervilliers (41 rue Lecuyer, 93300 Aubervilliers) et peut également être téléchargeable sur le site internet: http://www.leslaboratoires.org/editions






     


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    Barbara Manzetti rôde. Elle a commencé autour de 1993-1994 à poser des affiches manuscrites sur la petite ceinture, à Paris et à Bruxelles. Entre 2004 et 2010, elle a cessé de rôder pour courir jusqu’à cesser de courir pour rôder à nouveau. Elle rôde de préférence la nuit ou au petit matin. Elle dit qu’on rôde seul(e) quelques temps jusqu’à connaître ses vrais besoins et que personnellement elle préfère avoir les mains libres et la tête couverte par une capuche ou un chapeau. Selon elle, rôder requiert une vacuité intérieure très assurée, cultivée, une capacité de rumination intellectuelle sur des temps élargis et une arythmie assumée de la marche que l’on mène (dans le meilleur des cas) jusqu’à épuisement. Elle partage sa pratique avec de très bons amis qui se sont proposés de l’accompagner, avec un poète, avec son fils, avec un chien errant qui rôdait pour les mêmes raisons au bord d’une autoroute, avec des Tziganes du 5ème arrondissement. Elle rôde la plupart du temps en public, mais elle suppose que rôder en privé serait l’apothéose de cette pratique. Cette dernière entretient des liens avec plusieurs formes de nomadisme, et de ce fait avec la pauvreté endémique et certainement avec les mouvements migratoires récents.


    Cécile Roy se promène à pied pour regarder des chantiers d’immeuble. Elle a commencé il y a 35 ans et elle continue toujours, tous les deux mois, quand elle en découvre un nouveau. Elle dit que ce spectacle l’absorbe, que ça lui enlève ses angoisses; aucune condition n’est nécessaire pour cela, comme il y a du bruit, rien ne la gêne. Quand elle pratique, elle se sent être «ailleurs», détendue ; elle est très attachée à son dada. Elle se souvient l’avoir inventé un jour où elle a raté une plaidoirie. Elle a fait le tour de Paris en voiture une fois, puis une deuxième fois pour revoir la géode du parc de la Villette qui était à l’époque en chantier. Sa pratique n’a jamais fait l’objet d’une rémunération, elle ignore si elle a des antécédents historiques et si ça se pratique en public nécessairement. Elle est prête à me la transmettre.


    Denise Morin pratique le farniente depuis toute petite. Le soir, à partir de 18h, une fois par jour, afin de respirer les aléas de la journée. Elle a besoin du calme et un bon fauteuil. Aucun mouvement n’est nécessaire, cela lui apporte la géniture mais qui n’est pas toujours obtenue. Elle peut l’endormir. Elle dit l’avoir découvert un soir d’été sous des frondaisons. Elle ne la pratique jamais en public et elle ne connait pas d’autres personnes qui la partagent puisqu’elle n’en parle pas. Elle se sent très attachée à elle et elle peut me la transmettre volontiers car elle très facile à appliquer.


    Marie-Hélène Crespin pratique la vaisselle trois à six fois par jour du lundi au lundi, et ce depuis le premier jour où elle s’est mise en ménage. Elle utilise une bassine ou un bouchon d’évier, une éponge douce et une éponge métallique, un agent lavant genre MIR et de l’eau. Même si un ruisseau lui suffit elle préfère un évier dans une cuisine couverte et un robinet d’eau chaude. S’il s’agit d’une assiette à laver, elle passe l’éponge d’un mouvement circulaire d’un côté et de l’autre de l’assiette. Elle pratique la vaisselle seulement en privé, comme toutes ses sœurs, ses copines et ses voisines. Elle aimerait pouvoir être rémunérée mais ça ne lui est jamais arrivé. Elle se souvient la fois ou elle a voulu laver les verres très fins et très chers de sa tante, deux sur six se sont brisés dans ses mains. Elle se sent très attachée à sa pratique et libérée de tous ses soucis lorsque elle plonge ses mains nues dans l’eau tiède pleine de mousse.


    Maud Cabon pratique le moulage. Elle a commencé en maternelle après l’incitation de sa maitresse d’école. Elle ne pratique pas assez souvent, deux fois par an, plutôt dans l’après-midi. Elle tient tous les instruments dans une main (bâton, curette, tige), en bois ou en métal et elle utilise du tampon jex et un four spécial; chiffon, eau, fil à couper, planche de bois. Elle a besoin d’un espace peu encombré, d’une ambiance calme. Elle se place assise, les mains et les avant-bras agiles, le buste vaillant, le pas en arrière pour obtenir une vision globale. Sa pratique lui apporte de la sérénité, le plaisir du contact. Elle se sent attachée mais ne lui accorde que 3 degrés d’importance sur une échelle de 10. Elle se rappelle encore de la perte (ou le vol) de son premier buste patiné au cirage noir. Elle connait plein de personnes qui partagent la même pratique qu’elle, ses élèves, son amie Anne et de nombreuses grandes artistes de l’histoire de l’art. Le moulage la repose, l’apaise, lui apporte de la tranquillité.


    Zoé Décolly a joué de manière très temporaire au violoncelle. Elle a commencé il y a quelques années et elle a arrêté toute de suite après. L’horaire de sa pratique dépendait de ses voisins. Elle pratiquait de préférence dans des espaces plus grands que 4m2, d’une température idéalement entre 15-20 degrés, avec du calme mais pas trop. Sur une échelle de 1 a 10, elle accorde à sa pratique l’importance de 0, elle dit s’être détachée très aisément et se rappelle encore la sidération de l’auditoire devant lequel elle jouait.


    Jean-Claude Prigent pratique la chasse. Depuis 1966. Une a deux fois par semaine pendant la période autorisée. Il pratique de 9h à 12h et de 15h à 18h. Il utilise un fusil, des cartouches, son chien, des vêtements adaptés. Sa pratique lui apporte le gibier tout d’abord, puis une activité dans la nature, le bon air. Il a découvert la chasse par ses frères. Sur une échelle de 1 a 10 il lui accorde 7 de l’importance et se dit lui être très attaché malgré les années. Il la partage toujours avec quelqu’un, le plus souvent avec les sociétaires Guisséniens. Il se rappelle d’avoir « récolté » d’un joli lièvre découvert par son excellent chien aveugle. Il me transmettrait sa pratique très certainement.




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  • 01/10/17--10:19: Présentation
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    Classes de Lutte

     

                                         This assumes that politics is, in a primary
                                         sense, of the order of thought and not of the
                                         order of “objective realities,” of the objective
                                         reality of contradictions, of which the State is
                                         the paradigmatic product. Thought is thus not
                                         thought of an object, it comes under the
                                         jurisdiction of a subjectivation, but for all that
                                         it is not without assignment nor precision. We
                                         will put it in this form: thought is relation of
                                         the real. “Relation of the real,” and not
                                         “relation to the real,” this twist of grammar
                                         serves to thoroughly underscore that thought
                                         does not take the real as object. The
                                         non-objectivizing formula “relation of the
                                         real” implies that this thought is neither
                                         graspable in the categories of true or false,
                                         nor in a relation of the subjective to the
                                         objective. In this way, people think gives an
                                         inaugural meaning to the statement: “politics
                                         is of the order of thought”.

                                       __ Peut-on penser la politique en intériorité ? 
                                       [Can politics be thought in interiority?]
                                       Sylvain Lazarus - L’Intelligence de la Politique
                                       trans. Tyler Harper, in Cosmos and History:
                                       The Journal of Natural and Social Philosophy
    ,
                                       Vol.12, No. 1, 2016, p.109-110.


    At a time when capitalist triumphalism has purportedly vanquished all utopias for humane political change Paloma Polo has been paying heed to knowledges bequeathed by progressive struggles despite the silencing, subjugation and oppression they have had to fight against. Delving into past episodes or probing into on-going conflicts, Polo’s endeavours work towards facing up to our contemporaneity.

    For her project at Les Laboratoires d’Aubervilliers, Paloma Polo is committed to an unprecedented investigation into a dimension of the notable history of political struggles shaping the Parisian north periphery. Far from engaging in a nostalgic detour, she pursues eclipsed and obscured narrations, interlocutions and social configurations in light of the present reality of Aubervilliers, the city of France that is host to the highest percentage of migrants, according to figures that exclude undocumented people.

    Aubervilliers, Saint Denis and the Parisian Banlieue Rouge at large sheltered thousands of Spanish political exiles since the civil war and throughout Francoism. Hundreds of them lived a ghostly existence, many with counterfeited identifications and some completely clandestine, as they strived in the shadows for the organisation of a movement in Spain to democratically assail a brutally repressive and violent system.
    This underground movement, orchestrated from the periphery of Paris by the Spanish Communist Party, barely left material traces but, most importantly, is scarcely traceable in a national history that has been written by way of a systematic erasure of the exploits that paved the way for what, unfortunately, shifted to a delusive “democratic aperture” in the aftermath of the dictatorship.

    Paloma Polo is plunging into a dormant memory that has primarily survived through oral transmission and has been sustained by militants that have almost entirely passed away. It is not arbitrary that there is no comprehensive critical recollection, compilation or repository of this decisive historical dimension.

    Our political sequence is different and yet there is an eerie correlation to this former juncture: Europe is convulsed by an upsurge of fascism entrenched in a devastated social fabric while millions of migrants and exiles fleeing from war, oppression and exploitation are stumbling into brutal State violence and discrimination. However, contemporary times in the West are marked by a very significant difference: we are lacking in concrete political horizons or projects and we do not seem to be able to think politics in new terms.

    Parliamentarism, endorsed by significant swathes of popular opinions, has declared its violence. It makes the war, it is war, in the words of Sylvain Lazarus. Amidst this convolution, if we continue to follow Lazarus’ claims, only a few are groping to find the new words required to comprehend our era.

    The Spanish political movement during Francoism, like many others at the time, was propelled by a socio-political project and by ideas and values that crystalized in a clandestine discipline of organisational processes and tight communities consolidated more visibly in Spanish grassroots organisations.

    Aside from solidarity networks, were these collectives able to endow individuals with an alternate comprehension of the ontological attributes for humane relations?
    If we concede to the idea that politics is rare and precarious, was there an aptitude for creating places of politics, of independent thought?
    Can anything be salvaged from this struggle to help rekindle social bounds and equip us to face up to our contemporary situation?
    How can we think and talk about what has not been thought nor talked about beyond minor groups that are inaccessible at present and remain cut off from the sanctioned past?

    The investigations that Polo and her research partner, art historian and curator Oscar Fernández, will collaboratively conduct are to be punctuated in accordance to Sylvain Lazarus’ claim: “We have to assume the task of establishing in utterly new terms the expected outcomes and methods of thought and knowledge, if the interlocution is done with the people”. [1]

    Paloma Polo’s proposition is to devise and stage a narrative, a script, pertaining to the emergence of matter for thought in the people, in humane forms of socialization that are on the fringe, bearing the disdain of past recollections, but nonetheless shrouding our being in the world nowadays.

    To this end, archival research, an investigation into personal collections and materials and, most importantly, an interlocution with a series of individuals engaged to these questions are to become central to the thought and outcome of the works produced.

    The proposed script will be conceived to ultimately attain a cinematographic articulation but, prior to that and, in order to acquire a necessary constituency and outreach in the local terrain, it will iterate by way of performative interventions, critical and technical workshops as well as collective endeavors in Aubervilliers.

     





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    [1] Sylvain Lazarus, Anthropology of the Name, Seagull Books, 2015, Preface to the English edition, p. 11



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  • 08/16/16--09:51: Paloma Polo
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    tag artiste: 

    Paloma Polo

    Type d’artiste: 

    Author



    Paloma Polo née à Madrid en 1983, déploie une pratique artistique qui s'articule autour de la relation entre les questions de pouvoir et la Connaissance. De ses premiers travaux sur l'expansion des économies occidentales via les grandes entreprises scientifico-colonialistes du début du XIXe siècle à son immersion dans l'analyse des politiques impérialistes et du contrôle territorial de certaines régions des Philippines (où elle a vécu et travaillé au cours des trois dernières années), son travail se présente sous la forme d'une vérification et réécriture nécessaire de l'histoire comme méthode pour comprendre et réagir de manière active sur le présent et l'époque contemporaine.

    Son travail a été présenté dans le cadre d'expositions personnelles au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia à Madrid notamment et collectives à la 55e Exposition internationale de la Biennale de Venise entre autres. Entre 2007 et 2009, elle a bénéficié du programme de résidence d'artiste De Ateliers à Amsterdam et en 2010 fut en résidence à Gasworks à Londres. En 2013, elle a obtenu un poste de chercheur invité au Centre d'études internationales de The University of the Philippines Diliman, où elle continue à développer un travail en lien avec les mouvements sociaux.



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  • 01/10/17--10:44: Paloma Polo
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    tag artiste: 

    Paloma Polo

    Type d’artiste: 

    Author

     


    Born in 1983 in Madrid, Paloma Polo’s work generally tackles the relationship between forms of power and Knowledge. Her artistic practice explores subjugated knowledges that can inform the history of knowledge production and the construction of humanely progressive political discourse.

    Polo’s projects are founded on comprehensive multidisciplinary research endeavours. In her earlier undertakings, various interests converged in the relationship that science and technology have with economic, social and political developments insofar as they facilitate and instrumentalise them and in the way that such relationships can be explored and known. For her project The Path of Totality, Polo embarked on an investigation of the expeditions to observe solar eclipses that various Western powers carried out since the mid-nineteenth century. Although these expeditions were apparently in search of purely scientific results, the political networks that made them possible were based on power structures that acted according to the logic of expanding Western institutions and markets; in other words, a colonialist and imperialistic logic.

    In recent years, her endeavors progressed alongside a continuing immersion in the Philippines and in zones of unrest. These explorations were prompted by the following question: If it is true that we define our futures as antithesis of the present, how does our understanding of the architecture of power inform, or perhaps encroach and compromise, the way we conceptualise the future?
    Polo’s work emerges as a verification and necessary re-writing of history, by means of an articulation of methods to think and proactively confront our contemporaneity. 

    Her work has been shown in solo exhibitions, including the Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia in Madrid, and in group exhibitions, including the 55th International Art Exhibition of the Venice Biennale. Between 2007 and 2009 she pursued an artist’s residency at De Ateliers in Amsterdam and in 2010 was in residency at the Gasworks in London. In 2013 she was  tenured as a visiting research fellow at the Center for International Studies, University of the Philippines Diliman, Manila, where she continues her engagement and work.


     


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  • 05/26/14--06:06: Alain Michard
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    Alain Michard

    Type d’artiste: 

    Author

     

    Alain Michard est chorégraphe et artiste visuel.

    Il crée pour la scène et pour les lieux d’art contemporain. À partir de la danse, il mène parallèlement plusieurs projets artistiques, se saisissant tour à tour de différents médiums: musique, cinéma, photographie, texte. Il s’associe régulièrement à d’autres artistes pour des collaborations, des commandes, ou des invitations à des temps de recherche.

    Il ouvre certains de ses projets aux amateurs et habitants des lieux où ils se développent (Virvoucher, À domicile, + si affinités, Autour de la table, Ecole ouverte, etc.).

    Son travail est traversé par les thèmes de l'errance, de la construction d'une communauté, et compose des variations autour de certains motifs : la marche, l'accident, la boucle, l'accumulation, etc.

    Ses pièces mettent en scène des corps quotidiens, en équilibre entre une logique de l'absurde et une poétique de l'état de crise. Elles proposent des univers visuels élaborés, dans lesquels le corps est associé à l'objet pauvre, recyclé, dans une esthétique du bricolage affirmé. Le son et la musique y ont toujours une place déterminante, sous la forme de dramaturgie sonore.

    Son rapport au cinéma et sa curiosité pour le jeune public l'ont conduit à créer Le beau mariage, qui célèbre les relations entre la danse et le cinéma. Son travail autour des relations de la danse avec l'image se poursuit avec En danseuse, projet pour lequel il invite des chorégraphes à chercher dans leur propre corps une Histoire de la danse.

    Parallèlement à la scène, Alain Michard crée des pièces pour l'espace public, basées sur la perception et sur l’imaginaire des villes et des paysages (Virvoucher, Promenades blanches, Se fondre, Caravane…).
    Un axe important de son travail se construit autour des notions de document-vivant, d'Histoire collective de l'art, pour se présenter sous des formes arborescentes : J’ai tout donné, École ouverte, La carpe et le lapin, etc.

    Ses films vont du documentaire à la fiction, certains liés à la danse (Ascension, Carton, ON AIR, Clandestine, Journal d'En danseuse).
    Le travail d'Alain Michard est présenté en France (Paris, Caen, Marseille, Brest, Rennes, etc.) et à l'étranger (Montréal, Istanbul, Sao Paulo, Tokyo, Kyoto, Anvers, etc.).

    www.alainmichard.org

     


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  • 01/12/17--10:17: Alain Michard
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    tag artiste: 

    Alain Michard

    Type d’artiste: 

    Author

     

    Alain Michard is a choreographer and visual artis.

    He creates for the stage and for contemporary art spaces. Taking dance as his point of departure, he pursues various artistic projects in parallel, using different mediums: music, film, photography and text. He frequently works with other artists on collaborative projects, commissions, or invitations for research periods.

    He invites amateurs to participate in certain projects, or local residents of the venues hosting the projects (Virvoucher, À domicile, +si affinités, Autour de la table, École ouverte, …).

    His work explores the themes of wandering, community building, and he composes variations on particular motifs: walking, the accident, the loop, accumulation, etc.

    His pieces stage everyday bodies, balancing between the absurd and a poetics of the state of crisis. They offer elaborate visual worlds in which the body is apprehended as a lowly, recycled object, in an assertive aesthetics of bricolage. Sound and music always play a crucial role, in the form of sonic dramaturgy.

    His interest in cinema and young audiences led him to create Le beau mariage, celebrating the relationship between dance and cinema. En danseuse pursues this concern with the relationship between dance and image, a project in which he invites choreographers to seek out in their own bodies a personal History of dance.

    In parallel to his work for the stage, Alain Michard creates pieces for public space, based on the perception and imaginary of cities and landscapes (Virvoucher, Promenades blanches, Se fonder, Caravane….).
    An important area of inquiry for Alain Michard involves exploring the notions of the living document, a collective History of art, giving rise to a range of forms: J’ai tout donné, École ouverte, La carpe et le lapin, etc.

    His films range from documentary to fiction, some are linked to dance (Ascension, Carton, ON AIR, Clandestine, Journal d’En danseuse).
    Alain Michard’s work has been shown in France (Paris, Caen, Marseille, Brest, Rennes,…) and abroad (Montreal, Instanbul, Sao Paolo, Tokyo, Kyoto, Antwerp, etc.).

    www.alainmichard.org

     


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    CENTRE DE DÉSAPPRENTISSAGE DE LA LANGUE

     

    Silvia Maglioni & Graeme Thomson, To face the turn away, 2016

     


    Combinant groupe de travail, lectures collectives et projections qui auront cours dans un programme évolutif d’activités et d’exercices, le Centre de désapprentissage de la langue est une plate-forme pour la renégociation de notre rapport quotidien avec le langage / les langues dont nous avons usage et qui font usage de nous.

    Cette ouverture s’inscrit dans le cadre du projet common infra/ctions, déployé par Silvia Maglioni & Graeme Thomson, en résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers. Il comprendra également un canal vidéo (the l'anguish channel) qui, installé pendant quelques mois aux Laboratoires d'Aubervilliers, proposera un espace parallèle de réflexion et de discussion.
    Aussi ludiques que sérieuses, les activités du Centre, aussi bien que leurs suspensions et leur inertie, chercheront à nous donner des outils pour créer de la distance avec nos langues "maternelles" tout autant qu’avec des langues issues de champs spécialisés, qui de concert modèlent en grande partie nos subjectivités, constituant leurs principaux modes d'expression et d'interaction quotidienne.

    Nous tenterons de regarder ses composants et ses structures depuis l'extérieur, non pas en terme d’une réalité objective pré-supposée mais comme un processus observable (dans lequel nous sommes néanmoins impliqués) de la constitution et de la destitution du sens et de l'affect.

    L'un des objectifs du Centre sera de partiellement « désapprendre » les automatismes de relation avec sa (ses) langue (s) et de « défaire » les mécanismes qui garantissent son efficacité communicative.

    En employant différentes ressources provenant d'un large éventail de domaines incluant la littérature, le cinéma, la philosophie, les théories post-coloniales, la psychothérapie, la neurolinguistique, l’art contemporain et la musique, le Centre élaborera des stratégies et techniques de désapprentissage et de retrait partiel de la communication et en testera les limites. Dans le même temps, il effectuera des recherches sur des questions telles que le pouvoir hégémonique des langues « majeures », les usages et la puissance contaminatoire des langues et des littératures « mineures », le(s) discours non négociable(s) de la poésie, le potentiel des langues mortes-vivantes, la langue des oiseaux ...

    Habitant déjà une zone de bordure, le Centre est une plate-forme nomade qui voyagera et continuera à désapprendre de ses mouvements dans l'espace et dans le temps.



    Ouverture du Centre de Désapprentissage de la langue
    Vendredi 14 octobre 2016 à 20h

    Électro-conférence, partage de la recherche et cocktail
    Avec Igor Casas, interprète de la langue des signes

    Extrait de l'Opening Address, électro-conférence d'inauguration du Centre de désapprentissage de la langue aux Laboratoires d'Aubervilliers

     

    DÉSAPPRENTISSAGE 1 : Chœur in situ
    Vendredi 21 octobre 2016, de 15h à 18h30

    Avec Natacha Muslera, compositrice et musicienne
    Atelier sur inscription

     

    DÉSAPPRENTISSAGE 2 :
    Unlearn your Privilege talking to the Disappeared
    Samedi 17 décembre 2016, à 16h

    Lire, cuisiner, fabriquer du commun...
    Avec Jesal Kapadia (artiste et activiste)
    (détails à venir)



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    Pour plus d'informations sur la RECHERCHE IN PROGRESS


    Par ailleurs, à l'occasion de leur résidence aux Laboratoires d'Aubervilliers, Silvia Maglioni et Graeme Thomson ont assisté à la Journée Internationale des Langues Maternelles organisée par la Ville d'Aubervilliers en février 2016. De cette journée, ils ont réalisé une pièce sonore, Lullabye to Language, actuellement diffusée par la radio DUUU* [Unités Radiophoniques Mobiles].


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    Pour ce projet les artistes ont reçu l'aide du Cnap dans le cadre du soutien à une recherche/production artistique du Centre national des arts plastiques

     


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