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    21. Décembre 2017 - 16:00» 18:00
    Jeudi 21 décembre 2017, de 16h à 18h

    Pour cette sixième édition, Les Laboratoires d’Aubervilliers continuent leur programmation des ateliers de lecture qui, à raison d'une rencontre mensuelle, proposent de mener collectivement recherches et réflexions autour de la problématique spécifique abordée depuis différentes disciplines (l’art, les sciences humaines, la politique). Ces ateliers participent à la construction du « Printemps des Laboratoires », projet de recherche partagée qui se décline tout au long de l’année via des workshops, tables rondes, projections jusqu’à l’avènement d'une plateforme publique de rencontres, performances et projections. Ce rendez-vous public, qui aura lieu les 2 et 3 juin 2018, en constitue la mise en perspective finale à une échelle internationale. La programmation est articulée chaque année autour d'une problématique spécifique qui cette année, afin de prolonger et d'approfondir les questions, champs et domaines abordés et soulevés l'an passé. Cette année est placée sous le titre de « Endetter et Punir ».

    Cette nouvelle édition s’appuie en effet sur la question de la dette dans les pays européens comme une condition intrinsèque à notre être social et humain : nous sommes nés endettés et nous perpétuons cet endettement sur les futures générations. La lutte pour s’en libérer est celle de la construction d’une nouvelle subjectivité humaine, politique et sociale. Loin de la dimension économique qu’une certaine approche politique de la dette s’acharne à mettre en perspective et à débattre, nous postulons que cette dette n’est pas ancrée dans la relation directe à l’argent mais dans nos manières d’agir, dans la privation de nos libertés et dans notre être fondamental. Ce Printemps va donc s’employer à explorer la manière dont s’inventent des formes de politiques alternatives en Europe comme autant de zones génératives de nouveaux modes de vie et de procédures d’attention.

    Pour 2018, les ateliers auront lieu un lundi par mois. Pour suivre le programme des ateliers, veuillez vous inscrire à la newsletter des Laboratoires ou au groupe de recherche auprès de Pierre Simon à p.simon@leslaboratoires.org


     

    Atelier # 3

    Une théorie de l'agir dans un monde frustre. La pensée politique de William James.

     

    Pour ce troisième atelier de lecture, nous accueillons le philosophe Thibaud Trochu qui viendra présenter deux textes de William James : « le dilemme de la philosophie contemporaine », première leçon du Pragmatisme, publié en anglais 1907 et traduit en français en 1911 ; puis « La vie vaut-elle d’être vécue ? », second chapitre de La volonté de croire, dont la première édition anglaise remonte à 1897, et qui fut traduite et publiée en français en 1916.

    Au début du 20e siècle, la philosophie pragmatiste de William James est le plus souvent perçue en Europe comme l’incarnation de la mentalité affairiste et opportuniste nord-américaine. A la même époque, James n’en condamnait pas moins « l’infâme déesse-succès » qui gangrénait selon lui la vie morale de son pays. Depuis une vingtaine d’année, cet auteur est l’objet d’une redécouverte et d’une réévaluation en Europe et en France, à l’initiative de Gilles Deleuze notamment.

    A l'occasion de cet atelier de lecture, on examinera la pensée politique de James qu’il a développée dans ces deux de ouvrages : La volonté de croire (1897) et Le pragmatisme (1907). Il a cherché à y construire une théorie des dispositions à agir et à créer dans un monde incertain, frustre et pluraliste.

     

    Thibaud Trochu est docteur en philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et actuellement post-doctorant au Centre Alexandre-Koyré d’Histoire des Sciences et des Techniques EHESS/CNRS/MNHN. http://koyre.ehess.fr/index.php?2035
    En 2018, paraîtra son premier livre, William James. Psychologie des états seconds, Paris, CNRS éditions.


    Labo des Labos

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    9. Décembre 2017 - 14:00» 17:00
    Samedi 9 décembre 2017, de 14h à 17h

     

    Atelier de création 1001 plantes
    initié par l'association Auberfabrik

    Samedi 9 décembre 2017, de 14h à 17h

     

    Ce troisième rendez-vous des ateliers 1001 plantes de la saison, programmé aux Laboratoires d’Aubervilliers, est mené par Anne Balthazard.

    Pour ce dernier atelier de 2017, trois pratiques seront proposées à l’expérimentation :

    Dans un premier temps, une pratique de la la céramique permettra de poursuivre l’exploration de l’empreinte du végétal sur la matière argileuse.

    La multiplication des noms désignant le végétal sauvage en ville permet de réfléchir à la force des mots utilisés pour désigner les « non lieux » et les
    « interstices ». Il s'agira dans un second temps de jouer avec les mots et de dessiner un chemin qui masque et révèle le regard que nous portons sur ces espaces.

    Enfin, sur les traces de Man Ray, chacun réalisera des impressions directes de formes par la simple interposition de l’objet entre le papier sensible et la source lumineuse ouvrira au contact émotionnel. Il s'agit d'une technique de production d'images photographiques appelée RAYographie du nom du célèbre artiste surréaliste.

     

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    Atelier ouvert à tous sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Anna Atkins, cyanotype (procédé proche de la rayographie) de plantes, première moitié du XIXe siècle _ tous droits réservés

     

    Man Ray et Lee Miller, rayographie de plantes, première moitié du XXe siècle _ tous droits réservés

     


    Labo des Labos

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    Pour cette sixième édition, Les Laboratoires d’Aubervilliers continuent leur programmation des ateliers de lecture qui, à raison d'une rencontre mensuelle, proposent de mener collectivement recherches et réflexions autour de la problématique spécifique abordée depuis différentes disciplines (l’art, les sciences humaines, la politique). Ces ateliers participent à la construction du « Printemps des Laboratoires », projet de recherche partagée qui se décline tout au long de l’année via des workshops, tables rondes, projections jusqu’à l’avènement d'une plateforme publique de rencontres, performances et projections. Ce rendez-vous public, qui aura lieu en juin 2018, en constitue la mise en perspective finale à une échelle internationale. La programmation est articulée chaque année autour d'une problématique spécifique qui cette année, afin de prolonger et d'approfondir les questions, champs et domaines abordés et soulevés l'an passé. Cette année est placée sous le titre de« Endetter et Punir ».

    Cette nouvelle édition s’appuie en effet sur la question de la dette dans les pays européens comme une condition intrinsèque à notre être social et humain : nous sommes nés endettés et nous perpétuons cet endettement sur les futures générations. La lutte pour s’en libérer est celle de la construction d’une nouvelle subjectivité humaine, politique et sociale. Loin de la dimension économique qu’une certaine approche politique de la dette s’acharne à mettre en perspective et à débattre, nous postulons que cette dette n’est pas ancrée dans la relation directe à l’argent mais dans nos manières d’agir, dans la privation de nos libertés et dans notre être fondamental. Ce Printemps va donc s’employer à explorer la manière dont s’inventent des formes de politiques alternatives en Europe comme autant de zones génératives de nouveaux modes de vie et de procédures d’attention.

    Sous réserve de modifications, les dates de ces ateliers sont les suivantes : les jeudis 5 octobre, 16 novembre, 21 décembre 2017 et les lundis 8 janvier, 12 février, 26 mars, 9 avril et 14 mai 2018.

     


    Jeudi 5 octobre 2017 - Atelier #1

    Nous avons ouvert ce cycle en présence du sociologue et philosophe italien Maurizio Lazzarato, avec lequel nous allons étudier un extrait de son livre La fabrique de l’homme endetté, publié aux éditions Amsterdam en 2011.
    Un enregistrement sonore de cette rencontre a été effectué, il est consutable derrière ce lien :

     
    Jeudi 16 novembre 2017 - Atelier #2

    Pour ce second atelier de lecture, nous avons reçu le philosophe François Athané autour de son texte Penser la dette avec Alain Testart. I- L'escalavage comme statut. II- Esclavage du sexe ?, publié le 3 novembre 2016 sur le site « Implications Philosophiques. Espace de recherche et de diffusion ». Un enregistrement sonore de cette rencontre a été effectué, il est consutable derrière ce lien :

     


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  • 10/19/17--07:19: Acquisitions récentes
  • oui
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    Dans le cadre des acquisitions régulières d’ouvrages qui viennent augmenter le fonds documentaire de la Bibliothèque des Laboratoires, nous avons souhaité créer cette rubrique sur le site qui en fasse régulièrement état. En la découvrant ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des dernières publications acquises par Les Laboratoires. Et, il vous est également possible de les emprunter (excepter les documents audiovisuels) dans le cadre du dispositif des fiches de convivialités.

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    Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale
    N°11 Paris - Travail social - Automne 2017
    Éditions Agone, 2017

    Créé en 2008, Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale est une publication collective annuelle abordant chaque année une nouvelle problématique liée à l’actualité et ancrée dans un territoire spécifique investi pour l’occasion, tel Sexisme et solidarités féministesà Marseille (Z10), Start-up, high-tech et Silicon Valleyà Toulouse (Z9) ou encore Héritage des luttes des quartiers populairesà Vénissieux (Z8). Au gré des sujets et investigations menées par les contributeurs, la revue s’installe pour un temps donné sur un territoire en vue de nouer des liens concrets avec la population et de donner la parole aux protagonistes sous la forme de témoignages, journaux de bord, entretiens, reportages, etc.

    Pour ce 11ème numéro, Z s’est établie près de la Porte de la Chapelle, dans et autour du nouveau centre d’hébergement des réfugié.e.s, improprement appelé « humanitaire », pour questionner la politique d’inhospitalité de la France.

    Tandis que chaque numéro ouvre ses colonnes aux acteurs qui oeuvrent sur le terrain souvent de manière anonyme, ce N°11 / Paris Travail Social rassemble des contributions mêlant enseignants, éducateurs spécialisés, militants, bénévoles d’association de soutiens et de maraudes parisiennes, etc. Articulé en 4 grands thèmes - le Temps des campements, la Voix de la rue, l’Industrie du social et les Autonomies précaires - et riche de textes retraçant l’histoire de ces politiques publiques, d’enquêtes et d’entretiens, ce numéro tente de décrypter la politique française face à l’immigration et pose « à nouveau frais la question lancée en 1974 par des travailleurs sociaux en lutte : "Qui servons-nous ?"».

     

    image _ tous droits réservés

     

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    René Vautier en Algérie 
    (coffret DVD à consulter sur place)
    Éditions Les Mutins de Pangée, 2016

    Ce coffret de 4 DVD rassemble 15 films et entretiens du réalisateur René Vautier, dont l'un des plus emblématiques est celui réalisé sur la guerre d'Algérie en 1972. Avoir 20 ans dans les Aurès, un des rares films de fiction du réalisateur, est proposé ici dans une version restaurée. Il est aussi augmenté d'un livret de 28 pages comprenant un entretien avec René Vautier et un texte de Marie Chominot "René Vautier, L'Algérie en coeur".

    René Vautier, militant anti-colonialiste, a su utiliser le cinéma comme outil de réflexion dans la lutte pour l’indépendance algérienne et contre l’armée coloniale française en Afrique. Il filme au plus près les atrocités de la guerre d’indépendance, en étant le seul à poser un regard empathique sur les maquis algériens dont il capte le quotidien. 

    Peu après l’indépendance, il crée le Centre Audiovisuel d’Alger puis met en place et développe les ciné-Pops en Algérie. Il s’agit d’un véritable cinéma ambulant, installé en plein air, qui a pour objectif de mettre "l’image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs les refusent". 

    Plus tard, en 1967, il rejoint le groupe Medvedkine, expérience de cinéma militant, formée auprès du réalisateur Chris Marker dans le cadre des mouvements sociaux de la même année, afin de montrer les luttes syndicales dans les usines de la région de Sochaux et Besançon notamment.

    René Vautier est le cinéaste le plus censuré de l’histoire du cinéma français, celle-ci ayant en effet touché la quasi totalité de son oeuvre. Il a cependant reçu le prix international de la critique du festival de Cannes en 1972 pour son film Avoir 20 ans dans les Aurès. Mort en janvier 2015, il aurait réalisé quelques 180 films, la plupart ayant disparus dans les évènements de l’histoire dont il a été l’un des témoins essentiels, et probablement à cause de la censure.

     

    image _ tous droits réservés

     

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    How to become a lesbian #0
    par The Cheapest University
    Presses Donna Quixote, 2016

    Éditée par DQ Press, maison d’édition universitaire fondée par les membres de The Cheapest University, université expérimentale et gratuite, le numéro #0 de la revue How to become a lesbian résulte d’un workshop du même nom mené par Sabrina Soyer en 2016. Publication dont le format la situe entre le fanzine et la revue d’artiste, How to become a lesbian. Une revue bilingue - For fork tongued folk articule textes en français/anglais et propositions visuelles autour d’un texte. Pour ce numéro #0, un extrait de INFERNO (a poet’s novel) de Eileen Myles a été traduit par Emilie Noteris et Sabrina Soyer. Autour de cet extrait s’articulent les contributions d’artistes et d’auteurs, entre expériences poétiques et littéraires, autour des « formats de l’écriture en lien avec la “carrière de l’artiste” ». Ce numéro tente de poser face à face questions et formes qui entourent nos carrières d’artistes. 

    Avec les contributions de Polly Wall / Sabrina Tarasoff / Sam Basu / Hélène Baril / Blanche Denarnaud / François Lancien-Guilberteau / Eileen Myles (trad. Emilie Noteris & sabrina soyer) / Louise Sartor / Ian Breakwell (trad. Alicia Vaisse) / Jérémie Gaulin / Maxime Bichon / Giles Eldridge / Éric Stephany…

     

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    Pour une histoire naturelle du don
    par François Athané
    PUF, coll. Pratiques théoriques, 2011

    François Athané propose une réflexion sur le don et plus largement sur la notion de transfert à partir d’un classique de la littérature de science sociales, Essai sur le don de Marcel Mauss, publié en 1937. En s’appuyant sur le contexte historique, politique et les sources utilisées par Marcel Mauss, le philosophe s’applique à éclaircir, en les différenciant, les notions de don, d'échange, de dettes ou d’intérêts, termes dont la confusion dans l’interprétation a pu contribuer aux malentendus et interprétations contradictoires de l’oeuvre de Mauss.

    A cet effet, il s’attache particulièrement aux différents travaux de recherche effectués sur le don par des auteurs comme Claude Levi-Strauss, Pierre Bourdieu, René Maunier, Claude Lefort et Jacques Derrida. Il déploie sa réflexion autour de la théorie émise par l’anthropologue Alain Testart selon laquelle le don fait partie d’une forme possible de transfert de propriété, au même titre que l’échange, ou de ce qu’il nomme le transfert du troisième type (T3T) comme l’impôt ou la taxe, par exemple. Il ajoute, à cette théorie, un quatrième type de transfert qu’il nomme la prédation. L’auteur, enfin, souligne l’universalité du don dans l’espèce humaine et son caractère vital pour le genre humain.

    François Athané est intervenu aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre du deuxième atelier de lecture du Printemps des Laboratoires #6“Endetter et Punir”, le 16 novembre 2017. Il y a présenté son texte Penser la dette avec Alain Testart.I- L'esclavage comme statut. II- Esclave du sexe ?, publié le 3 novembre 2016 sur le site « Implications Philosophiques. Espace de recherche et de diffusion ». Il s'agit d'une communication qui avait été prononcée le 19 février 2016 à l'Ehess. 

     

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    Roms & riverains: une politique municipale de la race
    par Éric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard, Aurélie Windels
    La fabrique éditions, 2016

    « Ce livre montre comment l’Etat français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans papiers tunisiens ou maliens, délégue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ras-le-bol des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir. Un livre pour voir ce que nous avons chaque jour sous les yeux ». 

    L'ouvrage collectif s’attache en somme à montrer l’impact des politiques publiques sur le quotidien de la population Rom en France, à travers les analyses d’Éric Fassin (enseignant à Paris 8 en Sciences politiques), de Carine Fouteau (journaliste à Mediapart), de Serge Guichard (militant et membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms) et d’Aurélie Windels (journaliste et coordinatrice du collectif Cette France-là).

     

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    Mon corps, ce bouddhiste
    par Deborah Hay,
    traduit de l'américain par Laurent Pichaud et Lucie Perineau.
    les presses du réel, 2017

    Livre témoignage du quotidien de la chorégraphe Déborah Hay au sein duquel elle liste notamment « les enseignements reçus de son corps, ce
    « maître » auprès duquel elle se met au travail depuis plus de trente ans.
    Mon corps, ce bouddhiste, paru aux Etats Unis en 2000 est à la fois un témoignage sur le quotidien de la chorégraphe-danseuse, un recueil de textes partitionnels et un espace de réflexion sur sa pratique. Cet ouvrage fait également le point, de manière plus programmatique sur les concepts et les prises de position qui servent de moteur à ses expérimentations ».

    Laurent Pichaud, co-traducteur de cet ouvrage, réalise actuellement une recherche sur le travail et les créations de la danseuse et chorégraphe américaine. Il avait été accueilli aux Laboratoires d'Aubervilliers, entre février et mars 2017, pour un cycle de travail avec ses étudiants de Paris 8 qui, sous le titre Performer la recherche : cinq séances sur Déborah Hay, comportait des temps ouvert au public. 

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    Archive pour une oeuvre-évènement - Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte
    par Suely Rolnik
    Carta Blanca Éditions, 2011

    Publié par Carta Blanca Éditions, ce coffret de 10 dvd regroupe 20 des 65 entretiens collectés par la psychanalyste et critique d’art Suely Rolnik au cours de son projet de recherche « Archive pour une oeuvre-événement » qui porte sur les expérimentations corporelles tel « Structuration du Self » de l’artiste Lygia Clark. Ce « Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte » rend compte par la parole de ses participants ou témoins de la dimension thérapeutique et esthétique des projets menés par l’artiste à partir de 1962 au Brésil ou en France. 

    Cet objet a par ailleurs été présenté aux Laboratoires d'Aubervilliers en 2012 à l’occasion d’une rencontre publique entre Jennifer Lacey ― alors en résidence pour le projet « I heart Lygia Clark »― et Suely Rolnik. Une boîte d’archives articulée autour des « Soins aesthétiques » et directement inspirée de l’oeuvre de l’artiste brésilienne est également consultable sur place, aux Laboratoires d'Aubervilliers.

     

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    Flore des friches urbaines
    par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pelaton
    Editions Xavier Barral, juin 2017

    Les auteurs de l'ouvrage ont arpenté les espaces délaissés du nord de la France et des régions voisines. Cette publication prend la forme d'un guide et propose trois accès à l’identification de la flore spontanée des friches urbaines. La première se fait par le type de végétation auquel appartient la plante, la seconde en parcourant les 258 fiches-espèces ordonnées par famille et, enfin, la troisième grâce à la clé de détermination illustrée à la fin de l’ouvrage.

    L'ouvrage s'attache à recenser les plantes et végétations découvertes dans les interstices minérales, en milieu pionnier sans aucune perturbation humaine, dans les zones franches de la ville maintenue par une gestion anthropique, et sur les berges et les zones humides. Il indique également les caractéristiques de chacunes de ces plantes, leur évolution et transformation dans le temps vis-à-vis des espaces investis.

    Audrey et Myr Muratet ont par ailleurs été invités par La Semeuse à venir échanger autour de leur publication avec l'artiste François Génot, lors de l'ouverture de la résidence de ce dernier à La Semeuse.

    image _ tous droits réservés

     

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    Changement à vue
    par Jean-Christophe Bailly et Alexandre Chemetoff
    Editions Arléa, 2015

    Invités à échanger autour d’une nouvelle approche du paysage par la Cité de l’Architecture en 2012, l’écrivain, poète et dramaturge Jean-Christophe Bailly et le paysagiste, urbaniste et architecte Alexandre Chemetoff ont choisi l’exploration de la Plaine Achille à St Etienne et de son ancienne Manufacture d’armement comme matière à cette conférence. L'ouvrage est le fruit de leur rencontre et collaboration.

    Il s’agit d’un texte passionnant qui, sous forme d'une pérégrination illustrée, d’un carnet de bord documenté, propose une lecture philosophique de la transformation et de la fidélité à l’esprit des lieux qu’ils ont traversés.

    Le terme « changement à vue » est un terme issu du théâtre qui signifie « un changement de décor effectué rapidement sous le regard du public », il est ici utilisé avec l’intention de souligner ces passages d’un état à un autre produit à la vue de tous.

     

     

     


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    • 7. Mars 2018 - 20:00» 23:00
    • 8. Mars 2018 - 20:00» 23:00
    • 9. Mars 2018 - 20:00» 23:00
    du mercredi 7 au vendredi 9 mars 2018, à 20h

     

     

     

    « Je n’ai jamais eu d'idées chorégraphiques mais je réfléchis en répétant. La danse est une pratique située qui permet de combiner plusieurs corps. Elle suppose des activités routinières qui amènent à se familiariser avec des matériaux, articule différentes façons de se mouvoir dans le monde et permet d’inventer des déviations, des raccourcis ou des détours. Dans des sociétés en mutation — mondialisation, immigration, néolibéralisme, changement climatique — où tout est devenu exploitable — force de travail, apparence, origines, sexe — la danse est également en transformation. Prise dans le mouvement de mes propres déplacements, j’ai voulu réfléchir plus largement à ces phénomènes en faisant le portrait d’une ville, Aubervilliers, à travers les pratiques de ses habitant·e·s. 

    Nous avons mené une enquête de huit mois sur le territoire de la commune, collecté trois cents pratiques —professionnelles ou amateurs, exceptionnelles ou quotidiennes— qui ont été éditées sous la forme de portraits. Ils sont rassemblés dans un livre— un objet que l’on peut lire, emprunter, oublier, acheter, offrir, perdre et retrouver. A travers ces pages, on navigue dans un paysage de gestes et d’habitudes — invisibles, sociales ou intimes — qui constituent une ville. Dans Portraits Choisis, je m’engage dans un rapport intime à ces corps que j’ai côtoyés. J'incorpore leurs gestes, éprouve les désirs et le vide qui les anime, lie les pratiques entre elles. J’explore les lieux où l’individu se construit, où il organise son émancipation et sa propre exploitation ».

    Lenio Kaklea

     

     

    Lenio Kaklea, Encyclopédie pratique, Portraits Choisis, 2017
    Chorégraphie en cours d’écriture aux Laboratoires d’Aubervilliers, vue des répétitions  __  © Lenio Kaklea - 2017

     

     

    Standard

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    10. Mars 2018 - 18:00» 21:00
    Samedi 10 mars 2018, à 18h

     

     

     

    « Je n’ai jamais eu d'idées chorégraphiques mais je réfléchis en répétant. La danse est une pratique située qui permet de combiner plusieurs corps. Elle suppose des activités routinières qui amènent à se familiariser avec des matériaux, articule différentes façons de se mouvoir dans le monde et permet d’inventer des déviations, des raccourcis ou des détours. Dans des sociétés en mutation — mondialisation, immigration, néolibéralisme, changement climatique — où tout est devenu exploitable — force de travail, apparence, origines, sexe — la danse est également en transformation. Prise dans le mouvement de mes propres déplacements, j’ai voulu réfléchir plus largement à ces phénomènes en faisant le portrait d’une ville, Aubervilliers, à travers les pratiques de ses habitant·e·s. 

    Nous avons mené une enquête de huit mois sur le territoire de la commune, collecté trois cents pratiques —professionnelles ou amateurs, exceptionnelles ou quotidiennes— qui ont été éditées sous la forme de portraits. Ils sont rassemblés dans un livre— un objet que l’on peut lire, emprunter, oublier, acheter, offrir, perdre et retrouver. A travers ces pages, on navigue dans un paysage de gestes et d’habitudes — invisibles, sociales ou intimes — qui constituent une ville. Dans Portraits Choisis, je m’engage dans un rapport intime à ces corps que j’ai côtoyés. J'incorpore leurs gestes, éprouve les désirs et le vide qui les anime, lie les pratiques entre elles. J’explore les lieux où l’individu se construit, où il organise son émancipation et sa propre exploitation ».

    Lenio Kaklea

     

     

    Lenio Kaklea, Encyclopédie pratique, Portraits Choisis, 2017
    Chorégraphie en cours d’écriture aux Laboratoires d’Aubervilliers, vue des répétitions  __  © Lenio Kaklea - 2017

     

     

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    « Je n’ai jamais eu d'idées chorégraphiques mais je réfléchis en répétant. La danse est une pratique située qui permet de combiner plusieurs corps. Elle suppose des activités routinières qui amènent à se familiariser avec des matériaux, articule différentes façons de se mouvoir dans le monde et permet d’inventer des déviations, des raccourcis ou des détours. Dans des sociétés en mutation — mondialisation, immigration, néolibéralisme, changement climatique — où tout est devenu exploitable — force de travail, apparence, origines, sexe — la danse est également en transformation. Prise dans le mouvement de mes propres déplacements, j’ai voulu réfléchir plus largement à ces phénomènes en faisant le portrait d’une ville, Aubervilliers, à travers les pratiques de ses habitant·e·s. 

    Nous avons mené une enquête de huit mois sur le territoire de la commune, collecté trois cents pratiques — professionnelles ou amateurs, exceptionnelles ou quotidiennes — qui ont été éditées sous la forme de portraits. Ils sont rassemblés dans un livre — un objet que l’on peut lire, emprunter, oublier, acheter, offrir, perdre et retrouver. A travers ces pages, on navigue dans un paysage de gestes et d’habitudes — invisibles, sociales ou intimes — qui constituent une ville. Dans Portraits Choisis, je m’engage dans un rapport intime à ces corps que j’ai côtoyés. J'incorpore leurs gestes, éprouve les désirs et le vide qui les anime, lie les pratiques entre elles. J’explore les lieux où l’individu se construit, où il organise son émancipation et sa propre exploitation ».

    Lenio Kaklea

     

     

     

    Pièce chorégraphique programmée

    mercredi 7 mars 2018, à 20h
    jeudi 8 mars 2018, à 20h
    vendredi 9 mars 2018, à 20h
    samedi 10 mars 2018, à 18h

     

     

    ENTREE LIBRE SUR RESERVATION à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

     

     

     

    Lenio Kaklea, Encyclopédie pratique, Portraits Choisis, 2017
    Chorégraphie en cours d’écriture aux Laboratoires d’Aubervilliers, vue des répétitions  __  © Lenio Kaklea - 2017

     

     


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    21. Décembre 2017 - 19:00» 22:00
    Jeudi 21 décembre 2017, 19h




    Des espaces indisciplinés contre l'hostilité comme politique

    Jeudi 21 décembre 2017, 19h

    Rencontre discussion

    Avec Sébastien Thiéry, politologue, enseignant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais et coordinateur des actions du PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines).

    Nous évoquerons les modes de vie indisciplinés dans l'espace métropolitain, l'émergence de formes d'hospitalité malgré une administration de l'espace public qui en dénie la possibilité. Nous nous intéresserons particulièrement à l'affirmation de modes d'existence de ceux qui, dans l'adversité, réinventent la ville, au plus loin des positions d'une pensée critique qui ne verrait en eux que des victimes abstraites des politiques publiques. C'est la question de la présence des mondes singuliers, incarnés, inventifs malgré l'hostilité qu'ils doivent affronter dont le PEROU a voulu depuis des années garder les traces.

    Des invités de l'Ecole des actes de la Commune - centre dramatique nationale à Aubervilliers participeraiont à cette rencontre.

     

     
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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Caterina Rafanell, Ville fantôme 3, 2017
    _ plaque de cuivre gravée, travaillée _ tous droits réservés

     

     

    Labo des Labos

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  • 06/04/13--07:33: Offres d’emploi

  • Nous publions ici les offres d'emploi des Laboratoires d'Aubervilliers. Pour toute question ou candidature spontanée, merci d'appeler au 0153561590 ou d'écrire à recrutement@leslaboratoires.org.

     

    Les Laboratoires d'Aubervilliers recrutent un régisseur généralà compter du 12 février 2018. Candidatures à adresser aux Laboratoires avant le 1er février 2018.

     


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  • 01/04/18--11:26: Edition 2014 2015
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    L'OEUVRE EST LA PRODUCTION EST L'EXPERIENCE

    Ne travaillez jamais ! L’injonction situationniste qui chapeautait le dernier Printemps des Laboratoires guidait nos recherches en 2014 et la conception de ce journal. Cette phrase résonne aujourd’hui étrangement, en regard de la situation artistique que connaît la France, ébranlée par des politiques culturelles qui font preuve à la fois d’ingérence et de désengagement progressif. Après la remise en question du statut des intermittents, au tour des centres d’art et des théâtres d’être menacés de fermeture (le CAC à Brétigny, Les Églises de Chelles, La Panacée à Montpellier, l'École des beaux-arts de Perpignan, le Forum du Blanc-Mesnil, le Wharf en Normandie, Le Lieu Commun à Toulouse… la liste se rallonge chaque jour). Les arguments qui participent à justifier une telle éviction – formes d’art élitistes, inutiles, exigeantes (sensiblement devenu un gros mot) et coûteuses vs un art populaire (pour ne pas dire populiste), qui devrait au contraire satisfaire les « attentes » du plus grand nombre – font pourtant l’impasse sur l’essentiel : le travail de l’art n’est pas un supermarché qui mettrait à disposition des produits et conditionnerait son audience, il ne se réduit pas à une industrie ni ne se consomme. L’art n’est pas le lieu du compromis mais de l’invention, de l’apprentissage, de l’engagement, de conflits qui s’expriment, du travail de l’imaginaire pour l’invention de nouvelles conditions d’être ensemble. Ces espaces d’art, dont beaucoup sont situés à la périphérie des centres urbains, sont essentiels à l’accompagnement des pratiques artistiques et à l’établissement des formes d’art et de pensée en devenir. Ces lieux inventent des formes de mobilité, en donnant et en assurant aux artistes les moyens matériels et financiers de mener à bien des projets. Ils opèrent des veilles constantes, contre des stratégies de récupérations politiques et commerciales. Ils interrogent leur rôle à jouer en tant qu’institution, le fondement de leurs activités, la pertinence des formes d’adresse au public. Ils se doivent d’échapper aux prérogatives extérieures et aux réductions à des grilles d’évaluation et de « quota ».

    La nature et la dynamique du travail engagées aux Laboratoires d’Aubervilliers sont fortement marquées par l’identité multiple du lieu : un lieu de vie, de recherche et d’invention de formes, un lieu public et des communs. Au fil des années, Les Laboratoires ont affirmé un fonctionnement ouvert, et construit la possibilité d’une institution ingénieuse, encline à varier ses cadences – active à l’endroit de l’impulsion des projets, apte à décélérer pour leur laisser le temps d’advenir. Cette plasticité, qui façonne le travail de l’équipe des Laboratoires, s'arc-boute sur une prise de connaissance de notre contexte d’implantation et d’un maillage local (les relations que nous avons tissées avec les habitants et les acteurs du territoire). Nous asseyons aussi notre exercice sur les forces vives qui font l’histoire des Laboratoires : la direction collégiale et l’émulsion intellectuelle qu’elle implique, l’accueil réservé à différentes disciplines et les mouvements de complémentarité, d’écartement ou de ralliement qu’on est amené à forger entre elles, l’art abordé sous l’angle de la recherche, la place centrale donnée à l’artiste et la durée étendue qui lui est attribuée pour l’approfondissement de sa pratique.
    Nous souhaitons créer des situations ouvertes et vulnérables. De celles qui éprouvent de l’intérieur, dans toutes leurs composantes, l’instabilité du monde en constante transformation. La pluralité des formats et activités déployée aux Laboratoires procède de cette volonté. Qu’il s’agisse du « refus du travail » débattu par différents intervenants du Printemps des Laboratoires, ou des prises de position d’étudiants de l’« école de nuit » créée à Bordeaux pour manifester leur désaccord face à une forme d’éducation cloisonnante et formatée, des dispositifs d’altération de la perception pour un seul spectateur par Myriam Lefkowitz aux performances en appartement coécrits par Adva Zakai et Åbäke, ce sont autant de formes de travail, faits de moments discursifs, de recherches confidentielles, d’expériences individuelles ou collectives, que nous avons mises en place cette année.

    Ce journal s’articule en trois cahiers. Le premier est intitulé « Le refus du travail ». Il donne à lire des retranscriptions des interventions du Printemps des Laboratoires, étayées par de nouvelles participations et par une traduction inédite du texte fondateur d’Allan Kaprow, L’Éducation du non-artiste. (…) Dans un deuxième cahier, nous nous intéressons aux « lieux de l’art ». (…) Le troisième cahier s’articule autour DEsFIGURES TOXIQUES, à travers des textes commandés à plusieurs intervenants ayant participé au groupe de recherche éponyme, pendant une semaine, aux Laboratoires, en décembre 2013. Ce projet, porté par la chorégraphe Latifa Laâbissi et le groupe Ruser l’image, explorait, par le biais de conférences, de recherches en cours, de spectacles, de performances, de paroles et débats communs, la place de la « figure toxique » dans la société. (…)

    La pratique de l’art, située au centre de l’activité des Laboratoires, s’affirme par nature désobéissante, prophétique, non conformiste ; elle se tourne vers les lieux où on ne l’attend pas, elle est transformatrice et accepte – voire célèbre – le changement, le paradoxe et la dialectique. Le refus du travail, thème si discuté dans l’art comme dans l’engagement politique, n’est pas tant le refus d’activité que le refus d’un lieu qui serait assigné et imposé à l’artiste ou au travailleur par des formes d’autorité. La pratique artistique cherche à trouver d’autres formes de production qui, justement, ne répondent pas à une quelconque attente. C’est pourquoi le thème du Printemps des Laboratoires 2014, celui du refus du travail, glisse naturellement vers celui de « Performing Opposition », que nous explorerons lors du Printemps des Laboratoires de 2015. Ces mouvements de refus et d’opposition rejoignent, aux côtés d’autres pratiques politiques et sociales, l’« espace public », lui-même renvoyant aux notions de communs débattues lors du Printemps 2013.

     

    Extrait de l'Edito du Journal des Laboratoires 2014-2015
    par Alexandra Baudelot,
    Dora García,
    Mathilde Villeneuve

     


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  • 01/04/18--11:34: Edition 2016 2017
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    Le Journal des Laboratoires d'Aubervilliers 2016 2017

     


    Beaucoup de nouveaux mondes naissent, tout le temps. Ils se construisent à la marge des systèmes dominants dont sont exclus ceux qui ne s’accordent pas avec la norme. Explorer la « Psychotropification de la société », comme nous l’avons fait lors de la saison 2015-2016 aux Laboratoires d’Aubervilliers, c’était ouvrir la porte aux invisibles et aux invisibilisés qui nous entourent. Ces derniers s’incarnent dans de multiples entités avec lesquelles nous devons composer, notamment les microcommunautés construites en réponse à des modèles qui ne leur correspondent pas – celles des entendeurs de voix, des trans, des prostitué-e-s, des consommateurs de drogues, des personnes atteintes de maladies rares, des personnes vivant avec des obsessions trop dérangeantes pour être révélées au grand jour et pour les partager comme des expériences qui pourraient se révéler communes à d’autres gens. Soit autant de puissances d’agir avec lesquelles nous devons composer progressivement un monde commun. À travers ces invisibles, c’est un autre rapport au monde qui se compose, nous amenant à considérer autrement les frontières qui nous entourent et à recomposer notre propre expérience.

    Si, dans un premier temps, ce terme un peu barbare de Psychotropification, inventé pour l’occasion, nous a d’abord interloquées, il s’est révélé au final très évocateur pour pointer l’utilisation utrancière des médicaments psychotropes utilisés pour soigner les troubles mentaux. Un usage qui semble en effet servir les intérêts, dans le modelage abrutissant des êtres qu’il engendre, de ceux qui espèrent une obéissance sans dissidence des individus, de tous les individus qui composent la société. Nous avons ainsi, pendant une année, pensé ensemble les effets d’une médicalisation exponentielle des émotions, des situations et des conditions humaines, et renouvelé notre approche de la maladie et de la folie. En choisissant de tordre le langage pour fabriquer de toutes pièces cette expression de « psychotropification de la société », nous avons voulu explorer et inventer les bords et les profondeurs de cette expression et, dans la fiction dont elle est porteuse, mener l’effort de son explicitation et de son dépassement.

    Depuis que nous avons lancé le projet du Printemps des Laboratoires, en 2013 — dont le principe est d’articuler recherches artistiques et théoriques, échanges ouverts à un large public via des formats d’ouverture publique qui s’inventent tout au long de l’année au gré des artistes et des personnes qui les traversent —, depuis presque quatre ans, donc, les thématiques que nous avons traversées n’ont eu de cesse de se faire écho. La question des communautés et du droit aux communs (Commun, Commune, Communautés, 2013) rencontre ainsi celle des formes d’art qui inséminent les mouvements de révoltes et de ontestations qui ont jailli notamment ces dix dernières années à travers le monde (Performing Opposition, 2015), laquelle rejoint la nécessité d’inventer d’autres modèles d’existence pour assurer sa survie, d’autres façons de considérer ce qui nous façonne intimement sans les réduire au silence et en acceptant toutes les formes qu’elles recoupent, des plus sacrées aux plus triviales (Psychotropification de la société, 2016). Le rapport entre art et travail et les expériences de l’art comme paradigmes d’un certain modèle de déconstruction de la valeur travail dans notre société (Ne travaillons jamais !, 2014) sont autant de feuilles de route qui mettent en lumière la volonté de ne pas se laisser enfermer et, surtout, de mettre en place les moyens concrets de réfléchir ensemble.


    Le Printemps des Laboratoires #4  / © Ouidade Soussi-Chiadmi


    Nous nous sommes donc attelées encore une fois, cette année, pendant les séminaires « pratiques de soin et collectifs » portés par Josep Rafanell i Orra, inscrivant la question de la gestion sociale du système de santé en dehors des dispositifs de contrôle et de normalisations des identités par la maladie. Ses invités ont partagé leur expérience de formes collectives de soin ou de résistance face aux dispositifs d’assignation à un statut de malade ou de déviant. À écouter leurs témoignages pendant un an, c’est notre langage qui s’en est trouvé transformé, en même temps que nos réflexes de désignation : la prohibition de la drogue et des travailleurs du sexe qui a tendance à précariser, et la pénalisation des usagers à conduire à plus de clandestinité, ont fait place à des pratiques d’autosupport et d’incorporations diverses.

    Nous admirons des réseaux tels que le « réseau des entendeurs de voix » (REV), qui cherche à dé-médicaliser et dé-stigmatiser le phénomène de l’écoute des voix, à fuir les diagnostics qui ignorent l’histoire des personnes diagnostisées, et à redonner la parole et le pouvoir de gérer leur vie à ceux qui en ont été dépossédés par les autorités médicales. En lieu et place de la criminalisation et de la victimisation s’est installé le désir d’être attentif et d’offrir une place aux multiples pratiques de soins existantes et de construire de nouveaux lieux, comme autant de zones d’autonomie temporaire à défendre, quitte à fabriquer des « zones grises », entre légalité et illégalité.

    C’est aussi à travers les ateliers de lecture que nous avons développé notre réflexion et les outils pour décrypter les dispositifs d’assujettissement au diagnostic médical et de pathologisation des expériences. Nous y avons reconnu comme fondamentaux et pertinents les liens que certains oeuvrent à mettre en place dans leur parcours personnel. Au fur et à mesure des ateliers s’est dessinée une bibliographie, qui nous a emmenés sur les pas du neurobiologiste François Gonon ou d’Ivan Illich, afin de contrer la vision génétique et biologique de la maladie psychiatrique à laquelle s’accroche la recherche, dangereuse parce que nécessairement réductrice. Nous avons abordé les questions de liberté, d’addiction et d’éthique de la décision avec la philosophe Avital Ronell, qui proclame, avec Walter Benjamin « un droit des nerfs ». Grâce à Vinciane Despret, nous avons décidé de faire confiance aux fantômes ; à Fernand Deligny, de fabriquer des réseaux de présence ; à Tim Ingold, de tisser des lignes de fuite. Paul B. Preciado nous a ouvert la voie des mutations engendrées par l’ingestion de biotechnologies, complexifiant l’identité sexuelle – une réflexion que nous avons poursuivie avec le psychiatre et psychanalyste Harold Searles – avant de finir par explorer, avec Deleuze et Guattari, des modes d’existence en deçà ou au-delà de l’individu, dans la rencontre de nos meutes intérieures.


    Nous accueillons, dans ces pages du Journal des Laboratoires, certains des auteurs étudiés, et invités lors de l’événement final du « Printemps des Laboratoires #4 », en juin 2016 : un texte de Tobie Nathan sur l’ethnopsychiatrie qui passe par une déconstruction des pratiques psychanalytiques et leur décolonisation, de Jean-François Chevrier qui revient, de manière synthétique, sur ses recherches autour de l’hallucination artistique, et de Florent Gabarron Garcia, qui écrit, en quelques lignes, l’histoire de la psychothérapie institutionnelle, qu’il relie à l’histoire populaire de la psychanalyse. Enfin, le collectif Dingdingdong témoigne des formes singulières imaginées pour traiter de la maladie dégénérative d’Huntington, un temps surnommée « chorée de Huntington » à cause des gestes aléatoires et incontrôlables qu’elle provoque. Nous avons souhaité retranscrire également une discussion entre Magali Molinié et Pticarus, venus nous parler du réseau des Entendeurs de voix franciliens dont ils sont membres actifs, après avoir mis en place, pendant cinq jours, dans le cadre du projet de Dora García, un « Café des voix » à Pantin. C’est aussi l’occasion, dans ce premier cahier du Journal, de livrer les enjeux de la performance de l’artiste Grace Ndiritu, qu’elle poursuivra en présence d’un groupe de recherche constitué de chercheurs, de cuisiniers et d’artistes, en juillet 2017.


    Un deuxième cahier est confié aux deux artistes en résidence depuis novembre 2015, Silvia Maglioni et Graeme Thomson, dont la pratique fait largement écho aux réflexions menées autour de la psychotropification, auxquelles ils ont pris part de manière particulièrement active. Leur projet cherche à habiter la dimension infra, « dans le sens de la rupture de règles et de codes établis, avec celle d’action infra comme forme d’intervention qui se déroule en deçà et au-delà du domaine de l’action », à travers un grand nombre de propositions textuelles, sonores et visuelles, faisant une grande place, dans un premier temps, à la matière noire du cinéma, puis s’orientant progressivement vers un désapprentissage du langage. À chaque fois, et les entretiens et retranscriptions de séances publiques de ce cahier en rendent compte, il s’agit d’ouvrir la recherche à l’expérience collective.


    Silvia Maglioni et Graeme Thomson, Dark Matter Cinema, 2016 /
    courtesy des artistes

    Le troisième cahier reviendra sur le projet d’exposition de l’artiste plasticienne Katinka Bock qui s’est développé entre 2015 et 2016 depuis Aubervilliers jusqu’à Toronto, au Canada, où prendra forme une nouvelle étape de son projet Zarba Lonza au Mercer Union, en 2017. À ce projet, qui s’est développé en relation avec les commerçants d’Aubervilliers autour de l’échange, du don et contre-don, fait écho celui des écrivains Yoann Thommerel et Sonia Chiambretto qui se sont installés aux Laboratoires depuis janvier 2016 avec leur Groupe d’information sur les ghettos (le G.I.G.). Partant du constat que le mot ghetto s’est largement propagé dans les discours politiques comme une manière de stigmatiser sans distinctions des zones géographiques, des communautés, des comportements, des identités sociales et minoritaires et des modes d’existences, le G.I.G. s’est développé toute l’année en compagnie d’habitants d’Aubervilliers, de chercheurs et d’étudiants pour travailler à l’écriture de questionnaires qui complexifient cette question du ghetto, tout en la ramenant à l’expérience personnelle et subtile des personnes qui ont accepté de se prêter au jeu du questionnaire. Ce cahier livre ici des extraits des différents questionnaires, et un entretien avec les deux auteurs qui y exposent les ramifications artistiques, politiques et sociales que recoupe un tel projet. 


    Katinka Bock, Zarba Lonsa, Aubervilliers, 20015 / © Katinka Bock


    Le dernier cahier poursuit une réflexion entamée dans le Journal de l’année dernière autour de la danse et des recherches qui y sont menées en dehors du seul espace du plateau, des formes qui impliquent entre autres de caler ses modes de production à la plasticité des pratiques elles-mêmes, non de la contraindre. À travers la pratique singulière de trois artistes, la danse apparaît, plus que jamais, plurielle. Chez Pauline Simon, elle est le lieu d’exploration de l’Apocalypse, puissant moteur à fictions. Pour Marinella Senatore, l’endroit de cristallisation et de représentations de savoir-faire partagés. Pour Claudia Triozzi, tantôt lieu d’auto-archivage, tantôt lieu d’hospitalité où inventer une nouvelle pédagogie de la recherche. En guise d’ouverture (et de promesse) à toutes les expériences que cette édition du Journal des Laboratoires, nous l’espérons, ouvrira, nous laissons le mot de la fin à Donna Haraway :

    « Pour ma part, je veux des histoires. Avec tous les descendants infidèles des dieux célestes, avec mes compagnons de litière qui se vautrent avec moi dans de riches embrouilles inter-espèces, je veux fabriquer une agitation critique et joyeuse. Je ne résoudrai pas le problème mais penserai avec lui, me laisserai troubler par lui. La seule façon que je connaissance pour le faire est d’en appeler à la joie créatrice, à la terreur et à la pensée collective ». (1)



    Alexandra Baudelot,
    Dora García et
    Mathilde Villleneuve



    Le Journal des Laboratoires est disponible aux Laboratoires d’Aubervilliers (41 rue Lecuyer, 93300 Aubervilliers) et peut également être téléchargé sur le site internet : http://www.leslaboratoires.org/editions

     

     

    1./-  Donna J. Haraway, « Sympoièse, sf, embrouilles multispécifiques, gestes spéculatifs », in Didier Debaise, Isabelle Stengers (dir.), Gestes spéculatifs, « Colloque de Cerisy », Dijon, Les presses du réel, 2015.


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  • 10/14/14--06:23: Le Journal des Laboratoires
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    Le Journal des Laboratoires

     

    Edité depuis 2001, avec des formats et des périodicités différentes selon les directions des Laboratoires, Le Journal des Laboratoires est une publication gratuite qui rend compte des processus de recherche des projets accueillis aux Laboratoires d'Aubervilliers. Il permet aussi l'accompagnement critique et une diffusion étendue des projets tout au long de leur processus.

    Depuis 2013, Alexandra Baudelot, Dora Garcia et Mathilde Villeneuve ont proposé un nouveau format au Journal des Laboratoires, devenu annuel et adapté au format du quotidien Le Monde. Chaque année sa publication est l'occasion de revenir sur les projets qui ont été portés par Les Laboratoires tout au long de l'année écoulée, via des textes proposés par les artistes, des échanges et discussions, des contributions visuelles et autres formes publiables. Il se compose de plusieurs cahiers, chacun étant organsé autour d'une thématique, allant souvent de la danse au teritoire.

    Cette version actuelle du Journal des Laboratoires paraît en janvier, elle fait l'objet d'une diffusion locale et régionale.

    Les points de diffusion sont annoncés via facebook. Il est également possible de consulter et/ou de commander pour les numéros encore disponibles les anciens numéros sur le site des Laboratoires :

    http://leslaboratoires.org/edition/le-journal-des-laboratoires

     

     

     

     


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  • 09/08/17--07:09: Présentation
  • non
    Place des migrants dans la société: ce que l'art peut faire



    La place des migrants dans notre société, moyens d'intégration et clandestinité : ce que l'art peut faire

    Samedi 30 septembre 2017, à 18h
    à La Commune centre dramatique national
    2 rue Edouard Poisson à Aubervilliers

     

     

    Dans le cadre de l’ouverture de la saison culturelle 2017-2018 d'Aubervilliers, Les Laboratoires d’Aubervilliers et La Commune centre dramatique national organisent un temps de rencontre autour d’une problématique innervant leurs programmations respectives.

    Interrogeant la place des migrants dans notre société, moyens d'intégration et clandestinité : ce que l'art peut faire, cette table ronde sera l’occasion de discuter avec et autour de L’Ecole des Actes, projet porté par La Commune ; Classes de Lutte projet de résidence de l’artiste espagnole Paloma Polo en collaboration avec l'étudiante en anthropologie Léopoldine Manac'h ; Rester étrangers de l’artiste Barbara Manzetti, accueilli en partie par Les Laboratoires d’Aubervilliers, ainsi que le Wampicôn et ses hôtes, projet d'Olive Martin et Patrick Bernier, artistes accueillis au collège Jean Moulin et aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre du dispositif départemental 1% mené avec une classe de primo-arrivants en 2017. 

    Cette table ronde aura lieu avec la participation notamment de Émilie Hériteau (dramaturge), Paloma Polo (artiste), Léopoldine Manac'h (étudiante en anthropologie), Barbara Manzetti (artiste), Olive Martin et Patrick Bernier (artistes).

     

    ENTREEE LIBRE SUR RESERVATION
    à reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90


    Le centre pour migrants de la porte de la Chapelle (XVIIIe) _ image DR



    Mots-clés: 

    • table ronde
    • Aubervilliers
    • saison culturel 2017/2018

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  • 09/08/17--07:37: Présentation
  • non
    Place des migrants dans la société: ce que l'art peut faire

     


    The place of immigrants in our society: integration and clandestinity – what art can do.

    Saturday 30th September 2017, at 6 pm
    at La Commune centre dramatique nationale
    2 rue Edouard Poisson in Aubervilliers

     

    As part of the opening of the 2017–2018 cultural season of Aubervilliers, Les Laboratoires d’Aubervilliers and La Commune centre dramatique national are organising an encounter/discussion focusing on one of the issues underlying their programming.

    Questionning the place of immigrants in our society: integration and clandestinity, this round table will be an opportunity to engage with and talk about La Commune's L’Ecole des Actes  project; Spanish artist Paloma Polo's Classes de Lutte residency project with the collaboration of the student in anthropology Léopoldine Manac'h; and artist Barbara Manzetti's Rester étrangers  project, backed by Les Laboratoires d’Aubervilliers. Also taking part will be Olive Martin and Patrick Bernier, artists working with a class of newly arrived immigrant pupils at the Jean Moulin junior secondary school, as part of the département's 1% for art scheme.

    With the participation of Émilie Hériteau (dramatist), Paloma Polo (artist), Léopoldine Manac'h (student in anthropology), Barbara Manzetti (artist), Olive Martin et Patrick Bernier (artists).

     


    Centre for migrants at Porte de la Chapelle in Paris (XVIIIe) _ image DR



    Mots-clés: 

    • round table
    • Aubervilliers
    • 2017/2018 cultural season

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  • 09/25/17--06:06: Endetter et punir
  • non
    Le Printemps des Laboratoires #6

     

    En 2018, la sixième édition du Printemps des Laboratoires, intitulé Endetter et punir, s’appuie sur la question de la dette dans les pays européens comme une condition intrinsèque à notre être social et humain : nous sommes nés endettés.
    Et, non seulement nés endettés, mais perpétuant également cet endettement sur les futures générations. La lutte pour s’en libérer est celle de la construction d’une nouvelle subjectivité humaine, politique et sociale.

    Loin de la dimension économique qu’une certaine approche politique de la dette s’acharne à mettre en perspective et à débattre, nous postulons que cette dette n’est pas ancrée dans la relation directe à l’argent mais dans nos manières d’agir, dans la privation de nos libertés et dans notre être fondamental.

    Partant de ce postulat, ce Printemps va s’employer à explorer la manière dont s’inventent des formes de politiques alternatives en Europe comme autant de zones génératives de nouveaux modes de vie et de procédures d’attention.













    _________________________

    Le Printemps des Laboratoires reçoit le soutien de l’Adagp et de Copie privé.

     

    Mots-clés: 

    • Plateforme de recherche partagée
    • Printemps des Laboratoires #6

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  • 01/30/17--09:31: Présentation
  • non
    LA SEMEUSE / Plateforme de recherche

     

    LA SEMEUSE
    Plateforme de recherche pour une biodiversité Urbaine


    À l’origine du projet, l’artiste et architecte Marjetica Potrč, en collaboration avec RozO Architectes a entamé en 2010 une recherche intitulée La Semeuse ou le devenir indigène. A son point de départ, le projet de La Semeuse a été de mettre en relation la biodiversité végétale et la diversité culturelle de la ville d’Aubervilliers. Il s'est par la suite développé sur le principe d'une plateforme d’échanges autour du jardinage et de la sensibilisation du public à la préservation de la biodiversité dans l'espace urbain. Il est actuellement coordonné par Ariane Leblanc qui travaille à tisser des relations entre espaces publics et/ou communs aux albertivillarien(ne)s.

     


     

    RESSOURCE ET TRANSMISSION

    La Semeuse est une plateforme d’échanges et d’expérimentations autour des questions environnementales, de développement durable et des savoir-faire. Des rencontres régulières sont organisées autour de la grainothèque, des plantes, mais aussi des connaissances de chacun. Véritable réseau de coopération, La Semeuse développe sur un temps long des dynamiques partenariales entre des acteurs du champ environnemental, social et culturel et favoriser ainsi un dialogue et un partage d’expériences.

    La Semeuse souhaite faire émerger des moments qui sont susceptibles de nous rendre capables de prêter attention aux êtres humains et végétaux invisibilisés, discrets ou marginalisés qui nous entourent pour mettre en oeuvre des dispositifs d’action et de transmission. Face à la difficulté de trouver des espaces que chacun puissent s’approprier ou encore d’échapper à un temps monnayable, La Semeuse ouvre sa plateforme à la pluralisation et la multiplication d’actions, témoignages, récits, pratiques des acteurs de la ville d’Aubervilliers afin de créer des expériences communes, d’établir un commun à notre échelle.   

    La végétation n’est plus un simple outil de décoration. Le végétale est un véritable agent politique qui atteste d’une histoire collective. Elle fait partie intégrante d’une politique et d’une économie réelle. Les habitants ne veulent plus simplement consommer leur espace mais en devenir acteurs. Ils créent ainsi un nouveau type d'urbanisme citoyen, qui passe notamment par le déploiement d’actions menées dans leur quartier. Ainsi les jardins d’Aubervilliers permettent de réactiver la mémoire de cette ville, de la reconnecter à son histoire maraîchère en particulier. Ils permettent aussi de développer des usages qui engrangent de nouvelles relations entre la nature et les humains au sein de la ville.  

    La Semeuse est un outil de ressource et de transmission, une plateforme à la disposition de tous. Un lieu d’entraides qui génère des espaces de transmission selon les personnes qui l’activent.

    Des rendez-vous réguliers sont mis en place qui prennent différentes
    formes : rencontres, conférences publiques, ateliers d’échange et de transmission autour des pratiques, expériences et savoirs des habitants d’Aubervilliers.     

     

    LE LIEU, LA MATIÈRE, L’USAGE

    La Semeuse, plateforme de recherches pour une biodiversité urbaine, est un projet qui évolue au sein des Laboratoires d'Aubervilliers. Il vise à sensibiliser les usagers de la ville à la biodiversité « spontanée » qui pousse dans les jardins, entre les fissures des trottoirs et dans les friches. Plus connues sous le nom « d’indésirables », ces plantes non domestiquées possèdent des vertus pour les sols, pour l’homme et attestent d’une diversité sauvage en espace urbain. Ces espaces invisibles gardent les secrets d’une biodiversité locale souvent ignorée.

    Ces interstices végétales permettent de poser plus largement la question de l’interstice dans la société, celle des identités sexuelles, de la nature qui s’impose hors des jardins et des espaces domestiqués et de la ville dans sa capacité de réinvention quotidienne des usages contre les formes de consommations capitalisées. L’interstice c’est ce qu’il y a « entre » les choses. Il propose une porosité entre les différents types d’espaces urbains pour ouvrir la possibilité aux réappropriations subjectives. L’agir interstitiel permet de jouer sur les règles imposées par l’urbanisme. Les interstices peuvent prendre de multiples formes et offrir de nouvelles logiques d’actions et d’appropriation de l’espace urbain. Ils permettent la création de formes de résistances dans un contexte de forte homogénéisation et de hiérarchisation. Les interstices constituent en quelque sorte une réserve de disponibilité. C’est un moyen d’assouplir les différentes temporalités traversées par les habitants pour en limiter les emprises institutionnelles. Du fait de leur caractère transitoire et mobile, ils laissent deviner ou entrevoir d’autres conceptions possibles dans la conduite d’une activité ou d’autres processus de fabrication de la ville, plus ouverts et collaboratifs, plus réactifs et transversaux. C’est ainsi que « l'ordinaire » (jardiner, jouer, pique-niquer…), qui se construit dans ces espaces, devient expérience sociale et politique.   

     

    PROGRAMMATION à venir

    Des ateliers seront mis en place tout au long de l’année afin de trouver et de créer des lieux de passage entre l’humain et la nature en ville. L’objet sera de faire parler le paysage d’Aubervilliers à travers l’usage des végétaux de notre espace quotidien invisible.
    Ainsi, l’artiste François Génot travaillera à explorer les potentiels d’un lieu laissé en friche pour en extirper sa matière végétale. Il transformera cette matière en outil afin de développer un langage grâce à l’empreinte et la trace des végétaux. Cet inventaire des possibles permettra de créer de nouveaux usages.
    Des ateliers de reconnaissance de plantes et d’autres mêlant arts plastiques et plantes sauvages avec l'association Auberfabrik permettront d’activer l’histoire maraîchère de ces espaces en friche et de développer des modalités de transmission. Ces découvertes et expérimentations se feront au travers d'un parcours déambulatoire dans les différents espaces de la ville.

    Les plantes ont toujours accompagné les flux humains depuis la colonisation, la plantation coloniale est une organisation sociale économique et politique autour de la matrice végétale. En ce sens la végétation dépasse largement le fait de mettre quelques plantes dans un jardin. L'enjeu du projet n'est pas centré sur les bienfaits écologiques attendu de tout projet de plantation en site urbain ; il est de mettre l'accent sur la végétation comme agent politique, et pour cela de poser la question de la graine et la plante dans l’espace urbain. C’est en ce sens que graines et plantes circuleront dans la ville sous différentes formes. Cela nous amène à poser un autre regard sur Aubervilliers, et de rendre visible l’imperceptibilité de nos espaces quotidiens.

     


     

    Suivez l'actualité du projet sur https://semeuse.wordpress.com/

    Contactez-nous : Ariane Leblanc
    06 95 85 01 61
    lasemeuse.aubervilliers@gmail.com





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    La Semeuse bénéficie du soutien du Conseil régional d’Île-de-France, de Plaine Commune, de la ville d’Aubervilliers.
    Elle a également bénéficié du soutien de la Fondation de France et du Conseil Régional - Action exceptionnelle COP21 pour l'année 2015.

    Nous tenons à remercier les personnes qui nous ont aidé en donnant de leur temps et de leur enthousiasme pour faire vivre ce projet et particulièrement à Valérie Lessertisseur, l’association Auberfabrik  (Sylvie Napolitano, Valérie Truong et David Caubère), Alain Chapel des Petits prés verts (Aubervilliers), Yassine Elkherfih du collectif ya+k, Tibo Labat, Morgan Blanc, Louise Lefebvre et Vincent Confortini ( Bloc Paysage), les Jardins ouvriers des Vertus (Aubervilliers), les Bois de Senteur (Aubervilliers), la Crèche Lécuyer (Aubervilliers),  l’ALJ93, l’ADEF, la cité des Fusains (Rivp), la boutique de quartier Paul Bert, les services de la vie associative, de la démocratie locale, de l’économie sociale et solidaire et des espaces verts d’Aubervilliers et de Plaine Commune, Lapeyre.

     

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  • 01/09/18--12:50: Présentation
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    LA SEMEUSE / Plateforme de recherche

     

     

    LA SEMEUSE
    An urban biodiversity research platform


    In 2010, in association with RozO Architectes, Marjetica Potrč – artist, architect and originator of the project – embarked on a line of research titled La Semeuse ou le devenir indigène (The Sower, or Local Growth). Initially intended to establish a connection between plant and cultural diversity in the municipality of Aubervilliers, the idea developed into an exchange platform based on gardening and sensitising the public to the preservation of urban biodiversity. The current coordinator is Ariane Leblanc, who is working to set up relationships between public and/or shared spaces and residents.

     


     

    A RESOURCE AND TRANSMISSION TOOL

    La Semeuse is a platform for exchange and experimentation focused on environmental issues, sustainable development and local know-how. Regular get-togethers are held to talk about the "grainothèque" seed bank, plants and individual skills. La Semeuse is now a fully-fledged cooperative network, taking a long-term approach to developing dynamic partnerships between environmental, social and cultural stakeholders and thus promoting dialogue and experience-sharing.

    One of the aims of La Semeuse is to generate situations capable of heightening our awareness of the unobtrusive, marginalised or downright unnoticed human and vegetal beings around us and so inducing forms of action and transmission. Faced with the difficulty of finding spaces that can be appropriated and getting free of the "time is money" syndrome, La Semeuse is receptive to the rich variety of measures, information, narratives and practices available from the people of Aubervilliers, which it then uses to create shared experiences and a commonality on a local scale.   

    Plants are no longer just a decorative extra. As a thoroughgoing political agent testifying to a collective history, the plant kingdom is an integral element of policy-making and practical economics. Residents no longer settle simply for consuming their space; they want to take a hand in it and in doing so are creating a new kind of socially conscious urbanism that notably involves action at neighbourhood level. Aubervilliers' gardens, for example, help reactivate the municipality's memory, in particular regarding its market-garden past. They also enable development of uses that embody fresh connections between nature and people in the urban context.

    La Semeuse  is a resource and transmission tool, a platform available to all. A mutual aid node that generates transmission facilities deriving from those involved.

    The regular get-togethers take different forms: encounters, talks, and workshops for exchange and transmission of local practices, experiences and skills.

     

    SITE, MATTER, USE

    La Semeuse, Urban Diversity Research Platform, is a project being developed within Laboratoires d'Aubervilliers. Its aim is to sensitise users of the city to the "volunteer" biodiversity to be found in gardens, in cracks in footpaths and on brownfield sites. Better known as "undesirables", these undomesticated plants benefit both the soil and people and are evidence of a wild biodiversity rich in secrets but often passing unnoticed on the urban scene.

    These green nooks and crannies raise the broader issue of interstices in society: those of sexual identity, of nature asserting its rights outside gardens and domestic spaces, and of the city and its ability to come up with new, everyday uses going counter to current forms of capitalistic consumption. Interstices – the gaps "between" things – allow an osmosis between different types of urban spaces that opens up the possibility of subjective appropriation. Interstitial activism is a way of playing on imposed city planning rules; those interstices are capable of taking a host of different forms, offering fresh rationales for action and urban space appropriation and enabling the creation of forms of resistance in a context of marked standardisation and prioritisation. Interstices constitute, so to speak, a receptivity backup, a way of loosening up the different time frames traversed by residents and thus limiting the hold of institutions.  Being ephemeral and shifting, they hint at or give a glimpse of other possible approaches to a given activity or other processes of city-making, at once more open and collaborative, more responsive and transversal. This is how the "ordinary" things – gardening, playing, picnicking – that take shape in these spaces become a social and political experience.

     

     

    PROGRAMME in preparation

    Workshops will be organised throughout the year with a view to finding and creating transitional human/nature urban sites and getting the Aubervilliers cityscape to express itself through plants from our overlooked everyday spaces.
    With this in mind, artist François Génot will explore the potential of a disused site by turning plant matter into a tool and developing a language out of the plants' footprints and traces. This inventory of the site's possibilities will enable the creation of new uses.
    In conjunction with the Auberfabrik association, plant recognition workshops and others combining the visual arts and wild plants will allow activation of the spaces' market-garden history and development of modes of transmission. The resultant discoveries and experiments will evolve in the course of strolls through the different parts of the municipality.

    Plants have accompanied population movements since the days of colonisation. The colonial plantation was a plant-based form of social, economic and political organisation and in this sense vegetation is much more than the consequence of putting a few plants into a garden. Our project does not revolve around the ecological benefits expected from any urban planting process; rather, the accent is on vegetation as a political agent and by extension on the issue of seeds and plants in the urban environment. This is how seeds and plants will circulate within the city in different forms. Which leads us to look at Aubervilliers in a different light and bring visibility to our imperceptible everyday spaces.

     


     

    Project updates: https://semeuse.wordpress.com/

    Contact: Ariane Leblanc
    +33 (0)6 95 85 01 61
    lasemeuse.aubervilliers@gmail.com





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    La Semeuse enjoys the backing of the Ile-de-France Regional Council, the Plaine Commune intermunicipal grouping and the City of Aubervilliers.
    In 2015 it also had the support of the Fondation de France and the Regional Council's Action Exceptionnelle COP21.

    We would like to thank all those who have helped energise the project by giving so generously of their time and enthusiasm, and in particular Valérie Lessertisseur; the Auberfabrik association  (Sylvie Napolitano, Valérie Truong and David Caubère); Alain Chapel of Les Petits Prés Verts (Aubervilliers); Yassine Elkherfih of the ya+k collective; Bloc Paysage (Tibo Labat, Morgan Blanc, Louise Lefebvre and Vincent Confortini); Jardins Ouvriers des Vertus (Aubervilliers); Bois de Senteur (Aubervilliers); the Lécuyer Crèche (Aubervilliers);  the ALJ93 and ADEF associations; the Cité des Fusains artists' residence; the Boutique de Quartier Paul Bert; the Community Associations, Local Democracy, Social Economics and Parks and Gardens departments in Aubervilliers and Plaine Commune; the Lapeyre company.

     

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    Quelles autonomies ?
    Séminaire accompagné d'ateliers de Pratiques de soins et Collectifs
    sur une proposition de Josep Rafanell i Orra

    Se désintégrer. Ou les fabriques de la commune.


                           

                                                  Et ce sont justement les plus solitaires
                                                  qui ont la plus grande part à la
                                                  communauté.
                                                  Rainer Maria Rilke,
                                                  Notes sur la mélodie des choses, 1898
       

    Dans une conférence en 1967 à Tunis, intitulée Des espaces autres. Hétérotopies, Michel Foucault tenait en introduction ce propos quelque peu énigmatique : « Peut-être pourrait-on dire que certains des conflits idéologiques qui animent les polémiques d'aujourd'hui se déroulent entre les pieux descendants du temps et les habitants acharnés de l'espace ».

    Nous suivrons alors la proposition de Foucault lorsqu'il suggérait, il y a déjà 50 ans, qu'un des traits de notre contemporanéité est la mise en réseau de l'espace. « Nous sommes à un moment où le monde s'éprouve, je crois, moins comme une grande vie qui se développerait à travers le temps que comme un réseau qui relie des points et qui entrecroise son écheveau ». L'espace est dorénavant conçu comme une relation d'emplacements entre tous les êtres, les humains et les choses. Il nous faudra alors faire la différence entre occuper l'espace et habiter des lieux. Tim Ingold :
    « L'habitation ne signifie pas (...) le fait d'occuper un lieu dans un monde prédéfini pour que les populations qui arrivent puissent y résider. L'habitant est plutôt quelqu'un qui, de l'intérieur, participe au monde en train de se faire et qui, en traçant un chemin de vie, contribue à son tissage et à son maillage » _ Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, 2011.
    On peut entendre l'adjectif « acharnés » comme cette avide compulsion à
    « occuper » l'espace. Mais qu'en est-il de l'adjectif pieux accolé aux
    « descendants » du temps ? Peut-être qu'en avançant nous trouverons à penser nos manières d'affecter le temps.

    Que pourrait vouloir dire aujourd'hui habiter le temps ? S'il nous faut mettre en contraste l'espace de l'administration des populations et les lieux de l'affirmation des formes de vie de la communauté, alors les lieux supposent aussi une irréductible pluralité du temps : des temps relatifs aux relations entre les êtres. Nous tenterons de mettre à l'épreuve la question suivante : qu'il s'agit, contre le temps furieusement accéléré de l'économie, de porter notre attention à l'expérience des temps « autres » de nos attachements. Et que ceux-ci peuvent devenir ingouvernables, le terreau de nouvelles insubordinations. Quelque part.

    C'est dans la continuité du séminaire des années précédentes que nous poursuivrons l'exploration des manières de nous lier. Si prendre soin, comme nous le proposons, n'est rien d'autre qu'une communisation de l'expérience, c'est que le soin porté aux relations entre les êtres coïncide avec l'attention portée aux lieux où celles-ci trouvent à se déployer. Prendre soin n'est rien d'autre que des manières de faire sécession et, dans le même mouvement, l'affirmation des formes de vie. Appelons cela l'instauration des fabriques de la commune.

    Il ne s'agit pas de convoquer révérencieusement le commun, introuvable dans sa généralité, ni l'abstraction d'un bien commun subordonné à l'intégration de tous les êtres dans l'espace social gouverné de l'économie. Mais d'œuvrer à l'émergence de situations dans lesquelles la rencontre entre des expériences singulières devient à nouveau possible. Il n'y a pas de monde commun qui précède aux formes de communisation. On pourrait dire aussi qu'il s'agit d'être attentifs aux formes de sécession du monde total intégré pour que puissent advenir les mondes fragmentaires de la communauté, la possibilité de nouvelles associations. Prendre soin, c'est un parti pris pour lutter contre la négligence à l'égard des ébauches d'existence de la communauté.

    Rien n'est politique, tout est politisable, disait Michel Foucault. La politique ne surgit-elle pas lorsque l'existence de mondes singuliers s'affirme contre ceux qui en dénient la possibilité ? On est là face à une nouvelle entente de l’autonomie politique, affirmation des formes de vie qui affrontent la négation de leur possibilité. Mais l'autonomie passera alors par l'instauration de nouvelles codéterminations, des nouvelles dépendances entre des manières d'être. L'autonomie est ce qui fait qu'une existence détermine d'autres existences, et qu'elle est déterminée par celles-ci dans le même mouvement. Une réappropriation. Comme nous l'indique David Lapoujade, et ce n'est là qu'un apparent paradoxe, « (...) approprier, c'est donner une autonomie à ce qui n'existe pas par soi et qui, compte tenu de son inachèvement constitutif,à besoin d'un autre pour exister davantage ou autrement » _ D. Lapoujade, Les existences moindres, 2017. On n'existe que de faire exister d'autres êtres.

    Depuis deux ans nous avons proposé des rencontres avec des personnes et des collectifs engagés dans des expérimentations singulières de relations entre des êtres, humains et non-humains, qui portent une attention particulière à la recomposition des milieux dans lesquels ces relations parviennent à s'instaurer.

    Mais la reconfiguration de l'expérience se confronte inévitablement à la question de l'institution. Il ne suffit pas d'ignorer les institutions pour se défaire de leurs effets. Comment faire exister de nouvelles formes de subjectivation de ce qu'on appelle la folie ou la maladie, en faisant abstraction des institutions psychiatriques ou médicales qui pendant des siècles ont vectorisé leurs modes d'existence ? Comment expérimenter des pratiques de réappropriation de lieux dans la métropole sans se confronter à la valorisation économique de l'espace par les institutions de
    gouvernance ? Comment pratiquer l'hospitalité de l'étranger, et accueillir l'étrangeté de ses mondes, sans questionner le monde dans lequel nous habitons et les institutions qui transforment l'hospitalité en hospitalisme ?

    Cette année nous mettrons à l'ordre du jour ce que l'on peut entendre par des « pratiques d'autonomie collectives » en considérant que celles-ci ne peuvent pas échapper, dans leur refus constitutif d'un certain monde, aux attachements qui permettent de faire exister des formes de vie collectives. Et si l'autonomie n'était rien d'autre que l'invention de nouvelles hétéronomies ?

    C'est ainsi que nous allons évoquer les héritages des luttes et des pratiques d'autonomie qui sous-tendent ce que provisoirement nous appellerons des formes de désintégration : des modes pluriels de sécession, comme autant de processus ouvrant des voies vers de nouvelles manières d'habiter le monde. Il ne s'agit pas de proposer un programme politique mais de partage de moments de création d'un plan de composition (parmi d'autres plans) qui contribue à faire obstacle au monde « tel qu'il est » qui est aussi celui, En marche, qui « devrait être » pour ceux qui prétendent nous gouverner. Ou de nous engager dans des mondes à faire.

     

    Les dates prévues pour les rencontres du séminaire, dont nous annoncerons le contenu ultérieurement, sont les suivantes : les jeudis 26 octobre, 23 novembre, 21décembre 2016, puis les jeudis 25 janvier, 22 février, 29 mars, 26 avril et 31 mai 2017.

    Par ailleurs, cette troisième saison de rencontres sera scandée par des ateliers concernant les mondes de la psychiatrie, de l'enfance, de ce qui fait lieu dans l'espace de la métropole depuis les perspectives multiples des cohabitations entre les humains et les non-humains. Avec ces ateliers, constituant un travail d'enquête politique, nous voudrions contribuer à une intensification de la singularité des pratiques, à des processus de liaison et d'influence mutuelle entre celles-ci.

     

    Les rencontres du séminaire Pratiques de soin et Collectifs auront donc
    lieu les derniers jeudis du mois aux Laboratoires d'Aubervilliers,
    à partir de 19h :


    Jeudi 26 octobre 2017 :
    Rencontre autour de la mise en place des différents ateliers dont les dates seront décidées à fur et à mesure en fonction des possibilités des uns et des autres.

    Jeudi 23 novembre 2017 :
    Qu'en est-il des formes de transmission de l'expérience psychoactive, de la résistance face aux institutions ?
    Alessandro Stella, ancien membre de Potere operaio, puis de l'Autonomie ouvrière, directeur de recherche en anthropologie historique au CNRS et enseignant à l'EHESS, interviendra sur les drogues, sur les paradoxes de l'injonction à l'autonomie individuelle contre la dépendance, dans un contexte de criminalisation et de psychopathologisation par les institutions médicales, psychiatriques, policières et judiciaires.

    Jeudi 21 décembre 2017 :
    Sébastien Thiéry, politologue, enseignant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais, coordinateur des actions du PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines), évoquera les modes de vie indisciplinés dans l'espace métropolitain, l'émergence de formes d'hospitalité malgré une administration de l'espace public qui en dénie la possibilité.

    Jeudi 25 janvier 2018 :
    Gabrielle et Thomas, infirmière et psychologue, du Collectif de soins intercommunaux, dans la suite de leur intervention de la saison précédente, nous feront partager leurs initiatives pour introduire des pratiques de soin autonomes dans des milieux hostiles, dans des contextes de violences policières, mais aussi dans celui de l'administration du soin et de la précarisation de ses dispositifs. Des expériences d'autogestion en Grèce seront évoquées.

    Jeudi 22 février 2018 :
    Comment faire émerger des milieux, y compris à l'école, en traçant les ébauches d'une pensée écologique de l’enfance, d’un réenchantement des objets techniques, d'une exploration sensible du transindividuel du collectif face aux ravages de la rationalité capitaliste ?
    Fanny Béguery et Adrien Malcor, artistes plasticiens, nous parleront de leur expérience de création artistique, avec des enfants, dans plusieurs écoles dans la vallée de la Dordogne.

    Jeudi 29 mars 2018 :
    Jérôme Baschet, historien médiéviste, enseignant en disponibilité à l'EHESS et à l'Universidad Autonóma du Chiapas au Mexique, engagé dans l'expérience zapatiste depuis plus de 20 ans, nous fera part de sa recherche sur les généalogies de la notion de personne en Occident, mais aussi sur des expériences d'autonomie politique appartenant à d'autres mondes. C'est la question de la pluralité des mondes contre l'uniformisation capitaliste qui est au cœur de ses réflexions.

    Jeudi 26 avril 2018 :
    Marcello Tarí, écrivain, chercheur indépendant, spécialisé dans l'histoire de l'Italie des années 1970, ayant participé aux expériences insurrectionnelles de l'autonomie italienne, nous proposera une réflexion sur un communisme sans sujet politique, sur les altérations des formes de vie qui sont au cœur d'une politique des autonomies comme insubordinations multiples au regard des figures de l'économie politique qui structurent la métropole.

    Jeudi 31 mai 2018 :
    Alexis Zimmer, biologiste et philosophe de formation, enseignant à la faculté de sciences politiques de Paris VIII, partagera avec nous ses recherches sur les transformations conjointes des corps et des environnements, la production des discours savants orientant les expériences les plus ordinaires dans les milieux dévastés par l'industrialisation et ses dispositifs techniques. « Qu'est-ce que vivre dans les ruines ? » est l'une des questions que ses recherches nous invitent à explorer.





    Caterina Rafanell, Ville fantôme, 2017 _ plaque de cuivre gravée, travaillée

     

     


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    Which Autonomies?
    Seminar accompanied by workshops devoted to Care-giving and Collectives, originated by Josep Rafanell i Orra

    Self dis-integration. Or workshops for commonality.


                           

                                                  It is precisely
                                                  the most solitary people
                                                  who are the most deeply embedded
                                                  in the community.
                                                  Rainer Maria Rilke,
                                                  Notes on the Melody of Things, 1898
       

    In a lecture given in Tunis in 1967 under the title "Other Spaces: Utopias and Heterotopias" Michel Foucault began with the following somewhat enigmatic statement: "One could perhaps say that certain ideological conflicts animating present-day polemics oppose the pious descendants of time and the determined inhabitants of space."

    Here we are going to follow up on what Foucault meant when he said – all of fifty years ago – that one of the features of our age is the networking of space: "We are at a moment. I believe, when our experience of the world is less that of a long life developing through time than that of a network that connects points and intersects with its own skein."  Space is henceforth conceived of as an interconnection of sites linking all beings, both humans and things. We must, then, make a distinction between occupying space and inhabiting places. Tim Ingold: "By habitation I do not mean taking one's place in a world that has already been prepared in advance for the populations that arrive to reside there. The inhabitant is rather one who participates from within in the very process of the world's continual coming into being and who, in laying a trail of life, contributes to its weave and texture."
    The adjective "determined" can be taken here as referring to this insatiable compulsion to "occupy" space. But what of the adjective "pious" attached to the "descendants" of time? Maybe we need to move on if we are to find a way of thinking through our ways of affecting time.

    So what might inhabiting time mean today? If we have to contrast the space within which populations are administered and the places in which forms of community life are affirmed, the latter also presuppose an irreducible plurality of times: of times relative to the relationships between human beings. We shall try to test out the following assertion: that we must counter the furiously accelerated time of economics by focusing our attention on experiencing the "other" times of our attachments; and that these may become ungovernable – the breeding ground for fresh rebellions. Somewhere.

    It is as an extension of the previous years' seminars that we are pursuing our exploration of ways of bonding. If care-giving as we propose it is nothing other than a communisation of experience, it is because the care focused on relationships between human beings coincides with the attention focused on the places where these relationships manage to develop. Care-giving is nothing other than a manner of secession and, following the same momentum, of affirmation of life forms. Let's call this establishing workshops for commonality.

    This is a matter not of reverentially invoking the common, untraceable as a general notion, or the abstraction of a common good hinging on integration of all human beings into the governed social space of the economy; but rather of working for the emergence of situations in which encounters between singular experiences become possible again. There is no common world that precedes forms of communisation. We could also say that it's a matter of being attentive to forms of secession from the total integrated world, with a view to the advent of the fragmentary worlds of the community and the possibility of new associations. Care-giving is a conscious decision to combat neglect of the community's first steps towards existence.

    Nothing is political, everything can be politicised, said Michel Foucault. Does not the political raise its head when the existence of singular worlds challenges those who deny its possibility? And so we're faced with a new understanding of political autonomy, an affirmation of forms of life that challenge the negating of their possibility. But this autonomy will involve the establishing of new codeterminations, new dependencies between ways of being. Autonomy is what causes one existence to determine other existences, while itself being determined by them as part of the same process. An appropriation. As David Lapoujade has pointed out – and the paradox is only apparent – "to appropriate is to confer autonomy on something which does not exist in itself and which, given its inherent incompletion, needs someone else in order to exist better or differently." _ D. Lapoujade, Les existences moindres, 2017. We exist only by bringing other beings into existence.

    For two years now we have been proposing encounters with people and collectives engaged in singular experiments with relationships between beings human and non-human, and paying particular attention to the recomposition of contexts in which these relationships manage to take shape.

    However, reconfiguration of experience is inevitably confronted with the issue of the institution. Ignoring institutions is not enough for us to shake off their effects. How are we to bring into being new forms of subjectivation of what is called madness or illness if we disregard the medical and psychiatric institutions which for centuries have served as vectors for their modes of existence? How are we to test out methods of appropriation of places in big cities without coming up against the economic enhancement of space by institutions of governance? How are we to practise hospitality towards the foreigner and accept the foreignness of his worlds without calling into question the world we ourselves live in and the institutions that turn hospitality into hospitalisation?

    This year's agenda will include what is to be understood by "collective practices of autonomy", taking into consideration that such practices, given their inherent rejection of a certain world, cannot escape attachments that enable the bringing into being of collective forms of living. And what if autonomy were nothing other than the invention of new heteronomies?

    This is how we intend to examine the legacies of the struggles and the practices of autonomy underpinning what we will provisionally call forms of dis-integration: multiple modes of secession, processes, so to speak, blazing trails towards new ways of inhabiting the world. What we propose is not a political programme, but rather a sharing of creative contributions to a compositional plan (among other plans) that will help stand in the way of the world "as it is"– which is also the En Marche world "as it should be" for those who claim to govern us.  We propose either that or a commitment to worlds to be made.

     

    The dates for the seminar events, whose content will be announced later, are as follows: Thursdays 26 October, 23 November, 21 December 2017 ; and Thursdays 25 January, 22 February, 29 March, 26 April and 31 May 2018.

    This third season will be punctuated by workshops devoted to the worlds of psychiatry, childhood and what constitutes place in our big cities as seen from the multiple viewpoints of cohabitation between humans and non-humans. Through these workshops and their work of political investigation we intend to contribute to an intensification of the singularity of practices and to the processes of interconnection and reciprocal influence between them.

     

    The encounters making up the Care-giving Practices and Collectives are thus scheduled for the last Thursday of the month at Laboratoires d'Aubervilliers, beginning at 7 p.m:


    Thursday 26 October 2017 :
    Discussion of the organisation of the different workshops, whose dates will be decided as and when they fit with participants' possibilities.

    Thursday 23 November 2017
    Regarding forms of transmission of psychoactive experience and resistance to institutions.
    Alessandro Stella, former member of Potere Operaio, then of Autonomie Ouvrière, director of research in historical anthropology at CNRS and a teacher at EHESS in Paris, will talk about drugs and the paradoxes of urging individual autonomy as a counter to addiction in a context of criminalisation and psychopathologisation created by medical, psychiatric, police and judicial institutions.

    Jeudi 21 décembre 2017 :
    Sébastien Thiéry, political scientist, teacher at the Paris Malaquais National School of Architecture and activities coordinator at the Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines (PEROU), will talk about noncompliant lifestyles in metropolitan settings and the emergence of forms of hospitality despite negative administration of public space.

    Jeudi 25 janvier 2018 :
    Gabrielle and Thomas,  respectively a nurse and a psychologist from the Collectif de Soins Intercommunaux care collective, will follow up their contribution from the previous season with an outline of their initiatives for autonomous care practices in hostile environments and contexts of police violence, as well as for the administering of care in the face of the ongoing undermining of caring systems. Self-management experiments in Greece will also be looked into.

    Jeudi 22 février 2018 :
    How to generate beneficial environments, including in schools, by laying the groundwork for an ecological concept of childhood, a re-enchantment of technical objects and a personal exploration of the transindividual and the collective so as to counter the ravages of capitalist rationality?
    Artists Fanny Béguery and Adrien Malcor will talk about their experiments in creativity with children in schools in the Dordogne Valley.

    Jeudi 29 mars 2018 :
    Jérôme Baschet, medieval historian and on-call teacher at EHESS in Paris and the Universidad Autonóma de Chiapas in Mexico, has been engaging with the Zapatista experiment for over 20 years. He will talk about his research into the genealogies of the concept of the person in the West, and experiments with political autonomy in other contexts. His core concern is the question of the plurality of worlds as opposed to capitalist standardisation.

    Jeudi 26 avril 2018 :
    Marcello Tarí,  is a writer, freelance researcher specialising in the history of Italy in the 1970s, and a former participant in Italian experiments with insurrectional autonomy. He will talk about an apolitical communism and, in the light of the political economy models that structure today's cities, the changes of forms of life central to a politics of autonomies as multiple types of insubordination.

    Jeudi 31 mai 2018 :
    Alexis Zimmer is a biologist, philosopher and member of the political science faculty at Université de Paris VIII. He will share with us his research into concurrent transformations of bodies and environments and production of the scholarly discourse that shapes perfectly ordinary experiments in environments devastated by industrialisation and its technical systems. One of the questions his research invites us to examine is "What does it mean to live among ruins?"





    Caterina Rafanell, Ville fantôme, 2017 _ engraved copper plate

     

     


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    oui
    25. Janvier 2018 - 19:00» 22:30
    Jeudi 25 janvier 2018, 19h

     

    Pratiques de soin autonomes dans des milieux hostiles

    Jeudi 25 janvier 2018, 19h

    Rencontre discussion

    Avec Gabrielle, infirmière, du Collectif de soins intercommunaux.

    Dans la suite de son intervention au cours de la saison précédente, Gabrielle nous fera partager ses initiatives pour introduire des pratiques de soin autonomes dans des milieux hostiles. Elle évoquera les pratiques de streetmedic, dans des contextes de violences policières, mais aussi des formes collectives de soin face à l'administration des mondes médicaux dans un contexte où s'ajoute la précarisation des dispositifs institutionnels. Des expériences d'autogestion médicales ayant lieu en Grèce et ailleurs seront aussi évoquées.

     

     

     
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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Caterina Rafanell, Ville fantôme 4, 2017
    _ plaque de cuivre gravée, travaillée _ tous droits réservés

     

     

     

    Labo des Labos

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