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    23. Novembre 2017 - 19:00» 22:30
    Jeudi 23 novembre 2017, à 19h

     

     

    Qu'en est-il des formes de transmission de l'expérience psychoactive, de la résistance face aux institutions ?

     


    Pour cette seconde rencontre de la troisième saison du séminaire Pratiques de soin et Collectifs, Josep Rafanell i Orra invite l'anthropologue italien Alessandro Stella.

    Son intervention portera sur nos rapports aux drogues, sur les paradoxes de l'injonction à l'autonomie individuelle qui se noue autour de l'action des institutions médicales, psychiatriques, policières et judiciaires. Et ceci dans un contexte où perdure la criminalisation et la pathologisation des usages de substances psychoactives et du phénomène de la dépendance. Qu'en est-il de la transmission de l'expérience psychoactive? N'exige-t-elle pas des formes de résistance face aux institutions? Comment fabriquer des alliances entre les formes d'entraide et d'auto-support des usagers de drogue et des soignants ?

    Alessandro Stella, ancien membre de Potere operaio, puis de l'Autonomie ouvrière en Italie, est directeur de recherche en anthropologie historique au CNRS et enseignant à l'EHESS. Il a publié reccement "Années de rêves et de plomb. Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)", Agone éditeur, 2016.

     

     

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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Labo des Labos

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    oui
    26. Octobre 2017 - 19:00» 22:30
    Jeudi 26 octobre 2017, 19h

     

    Séminaire Pratiques de soin et Collectifs
    Ouverture de la troisième saison

    Jeudi 26 octobre 2017, à 19h

     

    Rencontre autour de la mise en place des différents ateliers dont les dates seront décidées à fur et à mesure.

    Cette première rencontre s'adresse à ceux qui veulent s'impliquer pendant l'année dans des moments de partage, d'expérimentations et de réappropriation de formes de soin, des manières d'habiter la métropole, dans des logiques d'hospitalité et de résistance face l'atomisation à laquelle conduit les nouvelles formes de gouvernementalité.

     

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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    Caterina Rafanell, Ville fantôme, 2017 _ plaque de cuivre gravée, travaillée

     

     

    Labo des Labos

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    Pratiquer les plantes albertivillariennes
    Recettes recueillies et échangées lors des ateliers
    « Cuisiner les plantes albertivilariennes »
    menés par Véronique Desanlis

     

    Au terme de la série d’ateliers menés par Véronique Desanlis au cours de l'année 2016/2017 aux Laboratoires d'Aubervilliers, une publication des recettes recueillies et échangées lors de ces ateliers a été coédités par Les Laboratoires d'Aubervilliers et La Semeuse.

    Il est possible de se procurer cette publication, qui vous propose recettes et indexes de plantes rudérales, aux Laboratoires moyennant une petite participation de 2 €.

    Pratiquer les plantes albertivillariennes, mesurant 13 x 17 cm, a été réalisé par Delphine Hyvrier sous la responsabilité d'Ariane Leblanc, puis imprimé à Aubervilliers chez Edgar Imprimerie en septembre 2017. Il a été tiré 500 exemplaires, non numérotés, de cette édition.

     

     

    « L’habitude de cueillir des plantes sauvages à la campagne, puis par la suite, la découverte de ces plantes en ville sur les trottoirs, dans les interstices des murs et dans les friches, l’ont amenée à se former en botanique et plantes médicinales.
    Depuis, elle organise des sorties botaniques pour reconnaître les plantes sauvages alimentaires et médicinales, par désir de transmettre et d’échanger autour de leurs usages.
    Elle met en place également des ateliers dans différents lieux tels que les maisons de quartier, les centres sociaux et culturels, les jardins collectifs, lors desquels on utilise les plantes pour fabriquer des produits du quotidien pour se nourrir, se soigner et créer ».

    Véronique Desanlis

     

    images _ tous droits réservés

     

     

     

     


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    25. Novembre 2017 - 14:00» 16:00
    Samedi 25 novembre 2017, 14h à 16h

     

     

    Atelier de transmission de pratiques #2
    Samedi 25 novembre 2017, de 14h à 16h

     

    « Tout le monde a des pratiques. Des pratiques intimes ou collectives, spirituelles ou corporelles, originales ou banales ; des pratiques inventées, des pratiques apprises, des pratiques plaisantes ou fastidieuses, des pratiques sociales ou invisibles. Des habitudes se sont doucement constituées en rituels - faire la vaisselle, de la couture, la prière, du shopping, de la boxe, se raser, roder, prendre les transports en commun, poster des vidéos, photographier des canettes dans la rue, écouter du reggae, se promener dans des chantiers ».
     

    L’atelier de transmission de pratiques propose d’ouvrir la réflexion autour de l’Encyclopédie Pratique. Chacun de ces rendez-vous invite des praticiens à se rencontrer pour échanger avec l’équipe artistique autour de leur pratique.

    Ce second rendez-vous, programmé hors les murs des Laboratoires, aura lieu à la Foire des Savoir-Faire à Aubervilliers le samedi 25 novembre 2017. Au cours de l’après-midi, de 14h à 16h, une lecture continue des portraits des albertivillariens ayant une pratique relative à la thématique “habiter : cadre de vie” sera proposée. Ces portraits ont été réalisés par l’artiste Lenio Kaklea à partir des questionnaires collectés au cours des six premiers mois de résidence de l’artiste.

     

     

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    Atelier programmé hors les murs
    Foire des Savoir-Faire à
    L'Embarcadère
    5, rue Edouard Poisson à Aubervilliers

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    Labo des Labos

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  • 12/14/16--06:40: Présentation
  • non
    Performer la recherche : cinq séances sur Deborah Hay

     

    Performer la recherche : cinq séances sur Deborah Hay


    Après en avoir été l’interprète, Laurent Pichaud est depuis 2008 l’assistant de la chorégraphe américaine Deborah Hay. Co-chorégraphe avec elle d’indivisibilités en 2011, il traduit l’un de ses livres et il voyage dans ses archives privées en 2015. Fruit d’une recherche sur plusieurs années autour de son œuvre, ce séminaire performé de 5 séances est une forme hybride entre format universitaire et performance située. Ces séances restitueront sur scène différentes questions chorégraphiques qu’une telle recherche stimule : récit d’expérience dans les archives, qu’est-ce qu’un écrit de chorégraphe ?, traduire en danseur, faire de l’in situ dans l’œuvre d’un autre, et feront signe de ce que l’expérimentation artistique fait de et à une méthodologie de recherche habituellement théorique.


    Comment s’invente une recherche ?

    Depuis 2005, Laurent Pichaud vit un compagnonnage artistique, personnel et professionnel, auprès de la chorégraphe américaine Deborah Hay. Ancré à même la pratique, cette relation s’est développée au fil du temps sur plusieurs axes.

    Pratique chorégraphique d’abord : parallèlement à la pièce de groupe O,O, pour laquelle il était l’un des interprètes français en 2005, Laurent Pichaud a signé, comme tous les autres interprètes, une adaptation d’un solo de Deborah Hay.

    Pratique de l’assistanat : suite à O,O, Debborah Hay propose à Laurent Pichaud d’être son assistant sur certaines pièces de groupe. Ce partenariat est toujours en cours en 2017.

    Pratique de co-création : Debborah Hay et Laurent Pichaud créent et interprètent ensemble un duo : indivisibilités, en 2011.

    Pratique de traduction aussi, et peut-être surtout : devant la difficulté à bien cerner tous les enjeux de son processus et en particulier celui de son langage parlé et écrit, Laurent Pichaud se lance en 2009 dans la traduction de My body the buddhist (2000), livre le plus récent de la chorégraphe à l’époque. Ce travail de traduction, devenu récemment un projet éditorial avec la traductrice Lucie Perineau (Mon corps, ce bouddhiste sera publié en mai 2017 à la Manufacture / Les Presses du Réel) ouvrait d’autres difficultés – mêlant différents registres d’écritures, ce livre donne une part importante aux partitions textuelles de Deborah Hay. Devant le défi de traduire ces partitions au langage si littérairement étrange, Laurent Pichaud postule en 2015 à une bourse d’Aide à la recherche et au patrimoine en danse du CND afin de partir aux États-Unis dans les archives privées de la chorégraphe.

    Cette dernière pratique, celle des archives, lui permettra de découvrir comment D. Hay a décidé d’utiliser un langage, oral et écrit, à l’intérieur même de son processus chorégraphique, et de suivre comment un tel langage s’est conçu et a évolué au fil du temps depuis le début des années 1960.

    Lancer une recherche sur Deborah Hay n’était donc pas un projet premier. Mais il est intéressant de noter comment, au fil du temps, le travailler par s’est petit à petit couplé à un travailler sur Deborah Hay.

    Dix ans après leur première rencontre, ce séminaire performé tente donc de proposer un format spectaculaire qui respecte à la fois le résultat de ces différentes expériences pratiques menées auprès de la chorégraphe ou sur son œuvre, mais aussi qui respecte un état de recherche spécifique : Laurent Pichaud, à l’intérieur de cette recherche, maintient une position d’artiste travaillant sur l’œuvre d’une autre artiste.



    Les 5 séances proposées aux Laboratoires d'Aubervilliers se composent d'un premier moment performés en public, partie prenante du cours que Laurent Pichaud donne aux étudiants en Master 1 et 2 du Département danse de l’Université Paris 8 de Saint-Denis au printemps 2017 et qui s’intitule : Performer la recherche.

    Elles sont programmées les

    Mercredi 22 février 2017, de 13h à 14h30
    Puis les mercredis 1er , 8, 15 et 22 mars 2017, de 13h à 14h30

     

     

     


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  • 10/18/17--07:38: Présentation
  • non
    Performer la recherche

     

    Performer la recherche
    Les étudiants du master e.x.e.r.c.e. & Laurent Pichaud

     

     

    Au moment où des jeunes artistes chorégraphiques deviennent étudiants
    au sein de Masters universitaires, ils deviennent chercheurs par la confrontation permanente de leurs processus de création à des méthodologies non exclusivement pratiques. De même, ils inventent des formats de visibilité de leurs recherches.

    Et, du moment que nous continuons d’expérimenter des états de recherche propices et situés, que nous continuons d’éprouver et remettre en cause les savoirs générés par nos propres découvertes, que nos états de recherches se réinventent, ce workshop a une visée. Celle de fabriquer autant d’objets performatifs que d’artistes présents durant le workshop.

    Ce sont autant d’objets performatifs singuliers, issus des recherches individuelles, et qui interrogent ce que les outils performatifs font à une méthodologie universitaire, ce que le plateau fait à la page, ce que l’étude, l’essai, le document, la partition, le manifeste… font au geste chorégraphique.

     

     

    Mots-clés: 

    • danse
    • recherche
    • expérience
    • partage

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    tag artiste: 

    Les étudiants du master e.x.e.r.c.e.

    Type d’artiste: 

    Author

     

    Biographies des étudiants du master e.x.e.r.c.e.

     

    Eve Chariatte (30 ans, Suisse) est danseuse et chorégraphe originaire du Jura Suisse. Elle y co-organise des résidences pluridisciplinaires (Les FAC). Ces dernières nourrissent la recherche qu’elle mène actuellement autour de la notion de travail, inspirée par l’esprit DIY (Do It Yourself).

    Judit Dömötör (34 ans, Hongrie). Après des études en psychologie et en danse à Budapest, elle réalise une recherche chorégraphique où elle se met en quête de son propre langage dansé à travers la notion de multitasking.

    Laura Kirshenbaum (30 ans, Israël). Riche de différentes formations en danse, elle mène depuis 2014 plusieurs projets avec l’artiste performeuse israélienne Ma’ayan Miriam Mozes et rejoint le groupe de recherche performatif « Public Movement ». Son travail de recherche est sous-tendu par une pratique de la contradiction.

    Catarina Miranda (35 ans, Portugal), diplômée en Arts Visuels, est très active au sein de la communauté artistique de Porto, où ses projets sont régulièrement présentés (théâtre municipal et national de Porto). Elle travaille avec des langages qui interceptent la danse, la scénographie et la lumière, afin d’approcher les états hypnagogiques (état entre veille et sommeil).

    Dimitrios Mytilinaios (24 ans, Grèce) a une formation de danseur contemporain. Ses intérêts oscillent entre méthodes scientifiques et approches sociopolitiques. Il opère un rapprochement entre modifications cartographiques et expérimentations chorégraphiques in situ.

     

     

     

     


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  • 10/19/17--07:19: Acquisitions récentes
  • oui
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    Dans le cadre des acquisitions régulières d’ouvrages qui viennent augmenter le fonds documentaire de la Bibliothèque des Laboratoires, nous avons souhaité créer cette rubrique sur le site qui en fasse régulièrement état. En la découvrant ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des dernières publications acquises par Les Laboratoires. Et, il vous est également possible de les emprunter (excepter les documents audiovisuels) dans le cadre du dispositif des fiches de convivialités.

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     ACQUISITIONS Octobre 2017

     

    Flore des friches urbaines
    par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pelaton
    Editions Xavier Barral, juin 2017

    Les auteurs de l'ouvrage ont arpenté les espaces délaissés du nord de la France et des régions voisines. Cette publication prend la forme d'un guide et propose trois accès à l’identification de la flore spontanée des friches urbaines. La première se fait par le type de végétation auquel appartient la plante, la seconde en parcourant les 258 fiches-espèces ordonnées par famille et, enfin, la troisième grâce à la clé de détermination illustrée à la fin de l’ouvrage.

    L'ouvrage s'attache à recenser les plantes et végétations découvertes dans les interstices minérales, en milieu pionnier sans aucune perturbation humaine, dans les zones franches de la ville maintenue par une gestion anthropique, et sur les berges et les zones humides. Il indique également les caractéristiques de chacunes de ces plantes, leur évolution et transformation dans le temps vis-à-vis des espaces investis.

    Audrey et Myr Muratet ont par ailleurs été invités par La Semeuse à venir échanger autour de leur publication avec l'artiste François Génot, lors de l'ouverture de la résidence de ce dernier à La Semeuse.

    image _ tous droits réservés

     

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    Changement à vue
    par Jean-Christophe Bailly et Alexandre Chemetoff
    Editions Arléa, 2015

    Invités à échanger autour d’une nouvelle approche du paysage par la Cité de l’Architecture en 2012, l’écrivain, poète et dramaturge Jean-Christophe Bailly et le paysagiste, urbaniste et architecte Alexandre Chemetoff ont choisi l’exploration de la Plaine Achille à St Etienne et de son ancienne Manufacture d’armement comme matière à cette conférence. L'ouvrage est le fruit de leur rencontre et collaboration.

    Il s’agit d’un texte passionnant qui, sous forme d'une pérégrination illustrée, d’un carnet de bord documenté, propose une lecture philosophique de la transformation et de la fidélité à l’esprit des lieux qu’ils ont traversés.

    Le terme « changement à vue » est un terme issu du théâtre qui signifie « un changement de décor effectué rapidement sous le regard du public », il est ici utilisé avec l’intention de souligner ces passages d’un état à un autre produit à la vue de tous.

     

     

     


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    oui
    3. Novembre 2017 - 20:00» 22:30
    Vendredi 3 novembre 2017, 20h

     

    Performance #4

    Avec Loïc Touzé, Filiz Sizanli et Alain Michard
    et avec la collaboration d’Alice Gautier

     

    Dans le cadre de son projet En danseuse, le chorégraphe et cinéaste Alain Michard poursuit et conclue sa résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers, débutée en décembre 2016.

    Pour cette dernière semaine de résidence, programmée du 30 octobre au 4 novembre 2017, les chorégraphes Filiz Sizanli et Loïc Touzé rejoignent le projet et investissent ce dispositif de rencontre et de travail collectif.

    Les trois artistes proposeront des mises en jeu de corps avec l’image, dans leur rapport à une histoire personnelle et collective du corps en mouvement.

    Ils présenteront lors de cette soirée les cheminements et états de leur recherche via des danses, images, archives et échanges avec le public.

     

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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    portrait de Filiz Sizanli _ tous droits réservés

     

    Portrait de Loïc Touzé _ tous droits réservés

     

     

    Standard

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    oui
    3. Novembre 2017 - 20:00» 22:30
    Friday 3rd November 2017, 8 p.m.

     

    Performance #4

    With Loïc Touzé, Filiz Sizanli and Alain Michard
    and with the collaboration of Alice Gautier

     

    As part of his En danseuse project, choreographer and filmmaker Alain Michard is continuing and finalizing his residency at Les Laboratoires d’Aubervilliers, begun in December 2016.

    For this last week of the residency – programmed from 30th October to 4th November – choreographers Filiz Sizanli and Loïc Touzé are joining the project and providing additional input into its programme of encounters and collective work.

    The three artists will be proposing body-image interactions relating to a personal and collective narrative of the body in movement.

    This evening event will present the paths taken and situations arrived at in the course of their explorations, via dance, images, archival material and interchange with the audience.

     

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    Free Entrance, booking required
    by reservation@leslaboratoires.org or 01 53 56 15 90

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    portrait of Filiz Sizanli _ all right reserved

     

    Portrait of Loïc Touzé _ all right reserved

     

     

    Standard

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  • 03/01/17--07:45: Présentation
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    The Ark : Centre d'experimentation pluridisciplinaire


    Un lieu de travail heureux est un environnement productif




    Selk’nam, Terre de Feu (1919) - photographie prise par Martin Gusinde, rephotographiée par Grace Ndiritu - courtesy de l'artiste

    The Ark est un projet post-internet ambitieux de recherche vivante situé au croisement entre expériences scientifiques et spirituelles inspirées des propres expériences vécues par Grace Ndiritu au cours de la dernière décennie, au sein et à proximité de communautés New Age qu'une approche individuelle et éclectique de la spiritualité caractérisent.

    Via une multiplicité de thèmes allant des plantes à l’éducation en passant par la biologie, le chamanisme, la méditation, l’alimentation, la philosophie, les communautés, l’architecture, l’avenir des villes, la démocratie et l’activisme, The Ark vise à ouvrir un dialogue entre ses propres participants dans un premier temps, puis dans un second temps et au cours du week-end de conclusion avec un public plus large.

    Afin de permettre aux participants de rentrer en profondeur dans ce processus d’expériences spirituelles et scientifiques, The Ark sera fermé au public pendant les six premiers jours. Ce temps d’isolement est pensé afin d’encourager la créativité et la vulnérabilité de chacun et pour permettre l'émergeance des façons nouvelles et radicales de penser la vie et les problèmes du monde d'aujourd'hui. Tous les invités seront amenés à participer aux propositions de chacun et à partager entre eux leurs savoirs et connaissances, qu’il s’agisse de conférences, séances de méditation, cuisine, performance, de communication non violente (NVC) ou d’atelier de poésie, etc.

    L’ancien système de chakras védiques indiens constitue la base conceptuelle et énergétique du déploiement de la nature holistique de The Ark. Des ateliers spirituels quotidiens, des discussions académiques, ainsi qu’un calendrier de performances seront donc mis en place. Cet ancien système est aussi la source d’inspiration du design des uniformes, bannières, drapeaux et du menu alimentaire que les participants consommeront tout au long du projet The Ark.

    Durant les six premiers jours du projet, The Ark a donc été fermé au public, qui a cependant pu suivre son évolution via les réseaux sociaux, Facebook et Twitter notamment.

    Par ailleurs, la semaine s'est par un programme public sur les deux jours du week-end,samedi 8 juillet et dimanche 9 juillet 2017.

    Durant la semaine, The Ark organisera ses activités en quatre équipes :

    L'Équipe Spirituelle a été celle qui au cours de cette semaine d’isolement a conçu les pratiques de purification et les rituels énergétiques, afin d’élever la conscience de chacun individuellement et en tant que groupe, de sorte que de nouvelles idées et manières de penser les problèmes du monde soient produites tout au long de la semaine. L’équipe spirituelle était  composée de Grace Ndiritu (Kenya/UK), artiste, qui a conçu et mis en oeuvre le projet The Ark et de Rebecca Farr (USA), artiste, qui a mené l’ensemble des ateliers spirituels de la semaine. 

    L'Équipe Alimentaire s'est inspiré de la politique de The Ark concernant la culture et la consommation d'aliments établies selon le système des Chakras (centres spirituels) afin d'aligner le programme alimentaire sur l’ensemble des activités du projet. Le projet est une plateforme qui envisage la nourriture comme médecine préventive et curative, et souhaite mener les participants à une prise de conscience de ces qualités. Ainsi, les cuisines végan, macrobiotique, ayurvédique, crue et la “wild cooking” seront quelques-unes des pratiques culinaires introduites tout au long de la semaine auprès des participants.
    Les membres de l’Équipe Alimentaire sont Denise Palma Ferrante(Australie/Italie), chef cuisinier, qui a conçu les menus et organisé la cuisine durant The Ark, Julian Cox (UK), jardinier, qui a cultivé certaines parties du jardin pour The Ark et Sue Burge (UK), poète, qui a aidé en cuisine et mené les nuits de Food Poetry pendant The Ark.

    L’Équipe Art a eu en charge la conception et la mise en oeuvre d’ateliers de performances quotidiennes pour tous les participants tout au long de la semaine. Le dernier atelier a fait l’objet d’une représentation publique le samedi 8 juillet 2017 dans les rues d'Aubervilliers. Cette équipe comprend Urara Tsuchiya (Japon) et Anna Tanner (USA), artistes performeuses, qui mèneront les ateliers de performance pendant The Ark et Rafaela Lopez(FR), artiste, qui sera en charge de l'animation des réseaux sociaux au sein du projet.

    L’Équipe Académique est pour sa part composée d’un groupe d'universitaires qui ont mené conférences et expériences scientifiques tout au long de The Ark, en vue notamment de la table ronde publique programmée le dimanche 9 juillet 2017. Pour cela, l'équipe est composée de Petra Carman (Slovenie), psychologue, s'est concentré sur le pouvoir social et les cultes - via les dynamiques de groupes et individuelles - et sur les exercices de facilitation de construction communautaire avec les participants, de Gleb Vyacheslavovich (Russie), économiste, a étudié l’ensemble BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - en effectuant des tests de dialogues interculturels et interracials avec les participants, de Eric Heist (USA), artiste, s’est attaché à l’histoire des communautés dans le sillage de l’expérience scientifique Biosphère qui s’est déroulée entre 1987 et 1994 en Arizona, de Kayla Anderson (USA), artiste et théoricienne, est intervenue sur l’Anthropocène, les théories Queer & Race, les relations inter-espèces et les communautés du Futur, de Edgardo I Garrido Perez (Panama/Mexique), biologiste, a partagé ses recherches sur les communautés des plantes et des humains dans le cadre de The Ark et enfin de Margaret McLaren (USA), philosophe, a été plus spécifiquement attentive à l’Inde, aux Gender studies, à l'Économie et aux Communautés rurales.

    Le site officiel de The Ark sera lancé à l'automne 2017. Il comprendra une documentation complète produite au cours de la semaine passée aux Laboratoires d'Aubervilliers et composée notamment de textes, dessins, poèmes, recettes, données scientifiques, graphiques, observations personnelles, extraits de journal des exercices spirituels.

    http://thearkcenterexperiment.com/

     

     

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    Le projet de Grace Ndiritu, The Ark, reçoit le soutien de Fluxus Art Projects et de la Galerie Klowden Mann.

     

    Mots-clés: 

    • Résidence 2017
    • Extra Sensory Perception

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    Le Printemps des Laboratoires #5



    Le Printemps des Laboratoires est une plateforme de recherche partagée conçue par Dora García, Alexandra Baudelot et Mathilde Villeneuve, co-directrices des Laboratoires d’Aubervilliers. Celle-ci rassemble tout au long de l’année un public actif, invité à échanger expériences et connaissances lors d’ateliers de lecture, de séminaires et divers évènements publics (projections de films, performances, rencontres) programmés en fonction d’une problématique particulière afférente à l’art mais débordant son cadre. Elle offre ainsi la possibilité de penser ensemble, depuis un contexte artistique, les questions sociales et politiques actuelles. Elle permet aussi de tisser de manière transversale des liens entre les différents projets menés par les artistes en résidence aux Laboratoires et d’ainsi mieux saisir les enjeux critiques qui les relient.

    La quatrième édition du Printemps des Laboratoires, La Psychotropification de la société, formulait en 2016 le constat d’une augmentation exponentielle de la médicamentation dans le cadre de traitement des troubles mentaux, pour réfléchir plus largement aux effets de normalisation et de contrôle et explorer le rapport que la société entretient à la maladie et la folie et observer comment des personnes et communautés concernées créent des stratégies de contournement pour inventer d’autres modalités d’existence.

    Cette édition a ouvert un champ très vaste que nous avons souhaité continuer à explorer pour ce cinquième Printemps des Laboratoires. Sous l’intitulé Extra Sensory Perception, nous poursuivons cette année nos réflexions via les ateliers de lecture quinzomadaires ainsi que le séminaire mensuel « Pratiques de soin et collectifs » et plusieurs autres rencontres publiques. Tout au long de ces séances, via des lectures, workshops et performances, nous nous intéressons à la manière dont notre société peut faire de la place  - politiquement, socialement, juridiquement - à des expériences hétérogènes et mineures. À travers l’intitulé des “perceptions extra sensorielles” nous explorons les perceptions et les conceptions d’un monde multiple et sensible, en deçà ou au-delà d’une approche rationnelle. Ce qui implique de repenser et remodeler en partie nos agencements quotidiens, les découpages des catégories qui ont jusqu’alors architecturé notre espace mental, d’outrepasser les clivages entre monde sensible et intelligible, entre entités visibles et invisibles.

    C’est en revisitant l’héritage d’une rationalité occidentale (et avec elle notamment la prédominance psychiatrique de l’interprétation de la folie), en allant puiser dans des pratiques qui se déploient à la marge des centres du pouvoir (du rapport à la nature en milieu urbain, de l’écologie et du soin), en mettant en commun des expériences singulières (de communautés chamaniques, de luttes contre l’effet néfaste des ondes électromagnétiques...) que nous pouvons commencer à nous équiper de nouveaux outils qui nous aident à redéfinir nos subjectivités sans créer de séparations entre elles, à réhabiliter des formes d’hospitalités en vue de rendre nos sociétés plus habitables et respirables.

    Depuis le début de ce cycle ESP démarré en octobre 2016 nous dressons une bibliographie collective. Celle-ci nous a projeté tour à tour dans l’exploration des identités cyborgs féministes, nous rendant davantage attentif à la complexité des communications animales et à notre rapport aux entités non-humaines. Nous avons cherché ce qui se loge dans l’ombre, nous nous sommes exercés à des formes de télépathie collective, nous nous sommes imprégnés des mots des autres en explorant ceux qui s’absentent d’une langue à l’autre et qui font défaut à l’appropriation de nos expériences, nous avons cherché à actualiser les formes de communalités révolutionnaires passées et en particulier celles qui ont ponctué une grande partie du XIXème siècle en France. Ou encore, nous avons pensé les formes constructives de dépossession (celle d’une vulnérabilité commune) contre celles contraintes (les expropriations, les assignations identitaires...). à chaque fois, ceci est aussi l’occasion de proclamer notre croyance et confiance renouvelées dans l’art et la poésie, tels des lieux ingouvernables, pleins d’une puissance de dérèglements, de désobéissance et d’imagination de nouvelles fictions politiques.

    Dans le cadre de la programmation du Printemps des Laboratoires nous intensifions l’exploration de ces pistes d’avril à juillet 2017 avec plusieurs événements publics proposés à la fois par des artistes et par des chercheurs.




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    Ce projet reçoit le soutien de l'Adagp et de Copie privée.

     

    Mots-clés: 

    • Le Printemps des Laboratoires #5
    • Plateforme de recherche partagée

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    30. Novembre 2017 - 19:00» 22:00
    Jeudi 30 novembre 2017, 19h

     


     

     

    Au moment où des jeunes artistes chorégraphiques deviennent étudiants
    au sein de Masters universitaires, ils deviennent chercheurs par la confrontation permanente de leurs processus de création à des méthodologies non exclusivement pratiques. De même, ils inventent des formats de visibilité de leurs recherches.

    Et, du moment que nous continuons d’expérimenter des états de recherche propices et situés, que nous continuons d’éprouver et remettre en cause les savoirs générés par nos propres découvertes, que nos états de recherches se réinventent, ce workshop a une visée. Celle de fabriquer autant d’objets performatifs que d’artistes présents durant le workshop.

    Ce sont autant d’objets performatifs singuliers, issus des recherches individuelles, et qui interrogent ce que les outils performatifs font à une méthodologie universitaire, ce que le plateau fait à la page, ce que l’étude, l’essai, le document, la partition, le manifeste… font au geste chorégraphique.

     Laurent Pichaud, juillet 2017

     

     

    Avec Eve Chariatte, Judit Dömötör, Laura Kirshenbaum, Catarina Miranda, Dimitrios Mytilinaios, étudiants du master exerce
    & Laurent Pichaud, artiste-chercheur

     

     

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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    image _ © marc coudrais

     

     

    Standard

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    1. Décembre 2017 - 19:00» 22:00
    Vendredi 1er décembre 2017, 19h

     

     

     

     

    Au moment où des jeunes artistes chorégraphiques deviennent étudiants
    au sein de Masters universitaires, ils deviennent chercheurs par la confrontation permanente de leurs processus de création à des méthodologies non exclusivement pratiques. De même, ils inventent des formats de visibilité de leurs recherches.

    Et, du moment que nous continuons d’expérimenter des états de recherche propices et situés, que nous continuons d’éprouver et remettre en cause les savoirs générés par nos propres découvertes, que nos états de recherches se réinventent, ce workshop a une visée. Celle de fabriquer autant d’objets performatifs que d’artistes présents durant le workshop.

    Ce sont autant d’objets performatifs singuliers, issus des recherches individuelles, et qui interrogent ce que les outils performatifs font à une méthodologie universitaire, ce que le plateau fait à la page, ce que l’étude, l’essai, le document, la partition, le manifeste… font au geste chorégraphique.

     Laurent Pichaud, juillet 2017

     

     

    Avec Eve Chariatte, Judit Dömötör, Laura Kirshenbaum, Catarina Miranda, Dimitrios Mytilinaios, étudiants du master exerce
    & Laurent Pichaud, artiste-chercheur

     

     

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    Entrée libre sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    image _ © marc coudrais

     

     

    Standard

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    30. Octobre 2017 - 20:00» 22:30
    Monday 30th October 2017, 8 pm


    Screening of the Alain Michard and Loïc Touzé Films
    Monday 30th October 2017, 8:00 p.m.

     

    Prior to final En danseuse event at Les Laboratoires - scheduled on Friday 3rd November - Michard wanted to organise a screening of two films looking at movement in relation to mobility, immobility, narrative and travel: an opportunity to offer the public two rarely available films opening up new perspectives on the relationships with movement that spring up when image meets dance.

    The screenings will be followed by a discussion between the audience and the two directors/dancers/choreographers.

     
    Clandestine
    (2014)
    feature length fiction film directed by Alain Michard - color, 67’

    Clandestine is the story of five solitudes that learn to live together.
    The time is the present, and an old lady becomes a taxi driver. Her taxi, both illegal and shared, is the sole locus of the film's action, with passengers in transit as the elements of an instant story. In the midst of a transport strike, a Dutch passenger who has to get back to his mother involves the taxi driver and her other passengers in an unplanned trip from Paris to Holland. Against a backdrop of Paris and the landscapes of the north, five lonely people, with the old lady at their centre, opt for a a one-off journey, a stolen break in the midst of the everyday. Following the same impulse, they seize on this moment of grace as the chance for a tiny adventure – one they realise will be beautifully intense precisely because it is strictly temporary.

    Writer/director: Alain Michard
    Camera: Nicolas Floc’h
    Sound engineer: Manuel Coursin
    Editing: Franck Arblade, Alice Gautier
    Sound recording: Alain Michard
    Assistant director: Alexandra Vincens
    Technical support: Carole Contant
    2nd assistant director: Alice Gautier

    Actors
    Nadine Chenivesse, Manuel Coursin, Théo Kooijman, Pascal Queneau, Charlène Sorin, Vincent Alaphilippe, Katerina Andreou, Olivier Bertrand, Nicolas Cadet, Fanny de Chaillé, Carole Contant, Frédéric Danos, Siméon Fouassier, Julien Gallée-Ferré, Alice Gautier, Rémy Héritier, Raïssa Kim, K.S Tina Lee, Sabine Macher, Alain Michard, Marie Orts, Samuel Pajand, Pascale Paoli, Daniel Perrier, Mickaël Phelippeau, Alexandra Vincens

    A LOUMA Production (2014) / with the support of nomades productions, same production and the Courts en Betton Film Festival, Kisskissbankbank


    Images from the film Clandestine by Alain Michard _ all rights reserved

     

    Dedans ce monde (2016)
    short feature directed by Loïc Touzé – colour, 33’

    For ten years now the inhabitants of a village in Northern Finistère, in Brittany, have been taking part in a unique choreographic experience. This film is a group narrative inspired by the gestures over forty artists have shared with them during that period.

    Director: Loïc Touzé
    Camera: Alice Gautier
    Sound: Julie Michel


    Images from the film Dedans ce monde by Loïc Touzé
    _ all rights reserved

     

     

    Standard

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    non
    30. Octobre 2017 - 20:00» 22:30
    Lundi 30 octobre 2017, 20h


    Projections des films d'Alain Michard et de Loïc Touzé
    Lundi 30 octobre 2017, 20h

     

    En amont de la dernière rencontre d’En danseuse aux Laboratoires qui réunira vendredi 3 novembre les danseurs et chorégraphes Loïc Touzé et Filiz Sizanli autour d’Alain Michard, ce dernier a souhaité programmer la projection de deux films qui interrogent la question du mouvement via la relation à la mobilité, l’immobilité, au récit et au voyage. L’occasion pour Alain Michard d’ouvrir d’autres perspectives sur les relations au mouvement qui se tissent entre image et danse, en offrant au public la possibilité de voir deux films réalisés par des chorégraphes, proposés en projection unique aux Laboratoires d’Aubervilliers.

    Les projections seront suivies d’une discussion entre le public et les réalisateurs / chorégraphes.

     
    Clandestine
    (2014)
    long métrage de fiction réalisé par Alain Michard - couleur, 67’

    Clandestine est l’histoire de cinq solitudes qui apprennent à vivre ensemble.
    De nos jours, une dame âgée devient chauffeur de taxi. Son taxi est à la fois clandestin et collectif. C'est le lieu unique de l’action, où les clients sont de passage, porteurs d'une histoire immédiate. Un jour de grève, un client hollandais doit rejoindre sa mère. Il entraîne le chauffeur de taxi et d'autres passagers dans un voyage impromptu entre Paris et la Hollande. Dans Paris et les paysages du Nord, autour de cette vieille dame, cinq solitudes s’autorisent un voyage en forme de parenthèse, une vacance volée sur le quotidien. D'un même mouvement, ils saisissent ce moment de grâce pour se lancer dans une aventure minuscule, qu’ils savent provisoire, belle et forte parce que provisoire.

    Scénario / Réalisation : Alain Michard
    Image : Nicolas Floc’h
    Son : Manuel Coursin
    Montage : Franck Arblade, Alice Gautier
    Prise de son : Alain Michard
    Assistante réalisation : Alexandra Vincens
    Régie : Carole Contant
    2ème assistante réalisation : Alice Gautier

    Acteurs
    Nadine Chenivesse, Manuel Coursin, Théo Kooijman, Pascal Queneau, Charlène Sorin, Vincent Alaphilippe, Katerina Andreou, Olivier Bertrand, Nicolas Cadet, Fanny de Chaillé, Carole Contant, Frédéric Danos, Siméon Fouassier, Julien Gallée-Ferré, Alice Gautier, Rémy Héritier, Raïssa Kim, K.S Tina Lee, Sabine Macher, Alain Michard, Marie Orts, Samuel Pajand, Pascale Paoli, Daniel Perrier, Mickaël Phelippeau, Alexandra Vincens

    Production LOUMA (2014) / avec le soutien de nomades productions, same production, Festival de films courts en Betton, Kisskissbankbank

    Pour visionner la bande annonce du film

    Images issues du film Clandestine d'Alain Michard _ tous droits réservés

     

    Dedans ce monde (2016)
    court métrage réalisé par Loïc Touzé - couleur, 33’

    Dedans ce monde est le récit choral d'habitants d'un village dans le Finistère nord, qui depuis dix ans participent entre fin août et début septembre à une expérience chorégraphique inédite. Ce sont les gestes successifs que plus de quarante artistes ont partagés avec ces habitants, qui ont inspiré ce film.

    Réalisation : Loïc Touzé
    Image : Alice Gautier
    Son : Julie Michel


    Images issues du film Dedans ce monde de Loïc Touzé
    _ tous droits réservés

     

     

    Standard

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    oui
    20. Novembre 2017 - 14:00» 16:00
    Lundi 20 novembre 2017, 14h

     

    Petit Glossaire de Performativités Galopantes
    / morceaux choisis

    par Paula Caspao

    Lundi 20 novembre 2017, de 14h à 16h

     

     

    T-FI
    c’est quoi ça –
    une partie de ping-pong ?
    un objet artistique ?
    le nom d’un reptile ?
    un projet de recherche ?
    un projet de recherche artistique ?
    une boisson gazeuse ?
    un projet de recherche scientifique ?
    un objet de science-fiction ?
    une mauvaise herbe ?
    un animal de compagnie ?
    un lieu ?
    une cratère lunaire ?
    une appli ?
    une zone de rimes interplanétaires ?
    un film d’animation ?
    un refrain à la con ?

     

    Le 20 novembre, je raconterai des petites histoires autour d’une sorte de
    « glossaire de performativités galopantes » en contextes de recherche (plus ou moins artistique) qui m’occupe en ce moment. Ce sera une espèce de promenade à travers la ribambelle de tournants qui accompagnent le
    « performatif » (le relationnel, l’affectif, le social, l’expérientiel, le participatif, le matériel...), actuellement disséminés à travers les sciences sociales et humaines, la création artistique, l’industrie culturelle, la politique et l’économie contemporaines. Quoique…

     

     

    images _  Chien d’Arbre& Mur-à-Tigre  _  ©T-Fi : Paula Caspão


    image haut de page
    en-jeu: poireauter-entre-boîtes  _  ©T-Fi : Paula Caspão

     

     

    Standard

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    oui
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    Une encyclopédie des pratiques
    Entretien avec Lenio Kaklea par Alexandra Baudelot


    _ texte à paraître dans le prochain Journal des Laboratoires _

     

     

     

    Alexandra Baudelot — Comment est né le projet Encyclopédie pratique ?

    Lenio Kaklea— J’ai commencé à réfléchir à la place des pratiques au cours de l’été 2015, après avoir lu plusieurs livres du sociologue américain Richard Sennett. Dans La Culture du nouveau capitalisme, en particulier, Sennett montre en quoi le néolibéralisme a transformé notre manière de travailler. Cette lecture m’a conduite à m’interroger très concrètement sur mes propres pratiques, et sur la façon dont certaines d’entre elles se transforment ou disparaissent.

    A. B.Comment ces pratiques ont-elles évolué lorsque tu es devenue
    une professionnelle de la danse ? Quelle différence fais-tu entre pratiques amateur et professionnelle ?

    L. K.— En devenant une professionnelle, je me suis trouvée assignée
    à un rôle d’entrepreneuse alors que, jusqu’à présent, j’avais pensé
    la chorégraphie comme un craft, un savoir-faire. Je devais gérer l’administration, la production, la communication, l’organisation et la diffusion de mon travail, et ces activités s’ajoutaient au temps de recherche dans le studio, ainsi qu’à mon entraînement physique. Dans le même temps, je faisais face à une précarité croissante qui mettait en péril les moyens d’exercer mon métier dont je pouvais disposer. J’étais consciente que je n’étais pas la seule à être confrontée à cette impasse. En élargissant le questionnement à d’autres pratiques, professionnelles ou amateurs, exceptionnelles ou quotidiennes, qu’elles soient artistiques ou non, j’ai
    pensé que je pourrais réfléchir plus largement aux effets du néolibéralisme sur nos manières de vivre.

    À l’été 2015, j’ai été invité à participer à un petit festival de danse contemporaine, À domicile, qui se tient à Guissény, un village dans le Finistère Nord.À domicile se déroule dans un contexte très particulier puisque les habitant·e·s du village en sont à la fois les organisateur·rice·s et les participant·e·s. Cela m’a donné envie de faire le portrait de Guissény à travers les pratiques de ses habitant·e·s. C’est là que le projet est né.
    En 5 jours, j’ai réalisé une enquête en distribuant aux habitant·e·s des formulaires, puis j’ai édité les réponses sous forme de portraits. Je les ai lus au moment de la restitution publique, pendant que le texte défilait devant les spectateur·rice·s. Si le projet a beaucoup évolué depuis, cette étape a été décisive pour le projet de l’Encyclopédie que je développe aux Laboratoires.

     

     

    A. B.— Les portraits de Guissény dessinent un paysage, une forêt de pratiques au travers desquelles se lisent l’identité des personnes et la diversité des existences. Le protocole que tu as mis en place dans le contexte d’Aubervilliers confère à ce qui en ressort une dimension sociale. 

    L. K.— Le projet articule les approches individuelles et sociales.
    Les portraits parlent de la relation intime de chaque participant.es à sa pratique mais leur regroupement, la dimension encyclopédique du projet, nous permet de changer d’échelle et de penser ces relations dans leur dimension sociale.

    A. B. Pour autant, il n’est pas question, ici, d’enquête anthropologique.

    L. K.— Pour moi, faire une enquête supposait d’être sur le terrain,
    de rencontrer des gens, de leur poser des questions au sujet de leurs pratiques, de recevoir leurs réponses, de préciser aux cours de l’entretien les différentes manières de faire. Le terrain possède une dimension chorégraphique. Nous avons utilisé un formulaire d’une vingtaine de questions, ce qui était une première étape d’écriture. Celle-ci dessine
    le contenu des réponses, chorégraphie l’échange, lors de l’entretien.
    L’enquête a duré environ huit mois. Je n’ai pas mené ce travail seule :
    nous étions quatre, parfois davantage – Oscar Lozano, qui m’assiste dans cette recherche, Pierre Simon, qui travaille aux Laboratoires, Chabanne Terchi, qui s’est jointe à nous ponctuellement, ainsi que des habitants d’Aubervilliers, parmi lesquels Maryse Emel qui, plusieurs fois, s’est emparée du formulaire pour aller interviewer des gens. Environ 300 personnes nous ont répondu. On avait des bases sur la commune, comme
    le café associatif Le Grand Bouillon, les AMAP, le PIJ (Point d’information jeunesse), la Mission locale, les médiathèques, Chez Tania, un institut de beauté. On a suivi les événements organisés par la vie associative de la
    ville : la Journée internationale des langues maternelles, La Rue est à nous, une journée des sciences à l’école Robespierre. Nous nous sommes joint·e·s à des associations éducatives. Grâce à Wilfried Serisier, nous avons pu assister à des réunions au sein des établissements normalement réservés aux élèves et à leurs parents. Je me suis associée à La Fripouille, un projet associatif militant de la ville dirigé par Diana Drljacic. J’étais guidée sur les lieux par Antoine Montezin, militant écologiste, avec qui nous nous sommes baladés à vélo. En somme, nous avons cherché à rencontrer ceux qui sont actifs sur le territoire. Cette phase s’est terminée le 1er juillet 2017,
    avec la Fête des associations.

     

     

    A. B.Ce qui frappe, à la lecture des questionnaires, c’est que les réponses qui y sont données s’inscrivent, pour la plupart, dans une logique chorégraphique : le corps y est omniprésent, quelles que soient les pratiques évoquées. Comment abordes-tu cette dimension chorégraphique ?

    L. K.— À travers ces pratiques, on voit des personnes marcher dans
    la ville, tourner en rond dans leur appartement, danser en face de leur webcam, dans la rue, haïr leurs collègues de bureau, s’approprier l’espace public, transgresser les règles de la bibliothèque, inventer des protocoles pour regarder les autres passagers des transports en commun, offrir des cadeaux dans des boîtes… Ce qui m’intéresse, c’est justement tout ce qui n’est pas chorégraphique à proprement parler. Je cherche à travailler
    avec la capacité du théâtre à interroger le monde dans lequel nous vivons. Aubervilliers est une partie du monde où apparaissent des pratiques d’émancipation et d’aliénation. J’explore les manières dont nous
    réussissons ou échouons à construire notre liberté.

    A. B. En tant que chorégraphe, tu cherches à mettre en place des stratégies d’émancipation par rapport à un système de production et de création de plus en plus contraignant. Face à quoi tu instaures des méthodologies qui ne sont pas toujours les plus faciles, ne serait-ce que parce qu’elles abordent des territoires complètement nouveaux.
    Lorsque tu as commencé à enquêter, tu as immédiatement été confrontée à la résistance passive des Albertivillariens, non habitués à un tel protocole artistique. Or, tu parviens, chaque fois, à mettre en place des stratégies pour désamorcer ces résistances.

    L. K.— Le formulaire contient 20 questions simples à propos de quelque chose qu’on fait tous les jours. Les difficultés que j’ai rencontrées étaient plutôt liées à la masse des réponses à recueillir. Il a aussi fait très froid
    cet hiver, se balader et rester longtemps dehors étaient difficile. Il fallait réussir à obtenir des réponses précises sur des pratiques qui n’étaient
    pas conceptualisées par les acteur·rice·s. Ni Oscar, ni moi ne sommes français·e·s. Certaines des personnes que nous avons interviewées avaient des difficultés à s’exprimer à l’écrit. Il y avait aussi de très grandes différences culturelles. Ils·Elles ne connaissaient pas Les Laboratoires d’Aubervilliers, ne comprenaient pas en quoi leurs pratiques pouvaient m’intéresser et ne savaient pas ce qu’était la danse contemporaine.
    Enfin, un certain nombre de communautés restent difficilement accessibles. La communauté chinoise, par exemple.

    A. B.Tu as eu affaire à des gens très différents. Au fur et à mesure que tu leur demandais de préciser des choses, une relation s’est élaborée, qui me semble très construite sur un rapport de corps-à-corps. Tu cherches à les amener à préciser leurs propres pratiques : ce que ça leur fait à eux, dans leur vie et, évidemment, à travers leur corps puisque, bien souvent, ces pratiques y reconduisent, qu’elles soient elles-mêmes purement physiques, ou plus spirituelles, intellectuelles.

    L. K.— Certaines personnes préféraient que je les interviewe. La dimension physique était une des dimensions qui m’intéressaient.

    A. B.As-tu eu le sentiment que les gens se livraient facilement ?

    L. K.— Beaucoup se sont livrés bien plus facilement que je ne l’aurais pensé.

    A. B.Certains témoignages en sont même déroutants.

    L. K.— Toutes les réponses des personnes qui ont vraiment essayé de répondre m’ont semblé intéressantes. Leurs réponses me mettaient face aux comportements humains, à ce qu’ils peuvent avoir d’absurde, de ridicule, d'ennuyeux ou de poétique. L’écrit créait aussi une distance. On n’est jamais dans quelque chose de surexposée, mais dans une forme de confession. Leurs mots créent des sensations et des images que
    j’aimerais pouvoir transformer en mouvement.

    A. B.La façon dont les gens vivent leur pratique, la façon dont ils se l’approprient est l’origine et le point d’arrivé que tu vises, dans ce travail.

    L. K.— Ce qui m’intéresse c’est, entre autres, comment des gestes,
    par leur répétition, et des pratiques, par leur ritualisation, nous organisent
    et nous transforment au quotidien.

    A. B.À l’étape de l’enquête, du protocole, de la récolte des témoignages de ceux qui ont répondu au questionnaire succède la création d’un livre et d’une pièce chorégraphique. En quoi ces différentes phases se nourrissent-elles les unes des autres et en quoi sont-elles, au contraire, autonomes ?

    L. K.— La publication est le fruit de l’enquête. Elle contient la totalité
    des interviews sous la forme de portraits individuels ou collectifs. Il y a, également, un lexique des notions qui permet de faire des liens entre différents portraits. Par exemple, plusieurs pratiques ont recours à la position allongé : pour lire, pour se relaxer, pour rêver, pour se mettre en contact avec sa propre respiration, pour danser, pour photographier,
    pour se cacher…
    La publication est indépendante de la pièce scénique, et vice-versa. Pour la création, j’ai choisi seulement certains portraits et certaines notions que je traduis en mouvements. Je cherche à traduire l'intimité de l'écriture des portraits dans l’espace scénique.

    A. B.D’un côté, il y a ce qui aura été mouliné pour ressortir sous forme d’un spectacle. Et, de l’autre, ce que tu auras non pas traduit, puisque tu t’efforces de conserver intégralement ce que les gens racontent, mais la retranscription des propos des gens via un travail de réécriture pour le livre.

    L. K.— Nous gardons intacts le style de l'écriture et les expressions utilisées par les interviewées. Nous ne modifions que ce qui nous semble essentiel pour la compréhension. Puis nous opérons un montage, soit en rassemblant plusieurs portraits de la même pratique en un seul portrait collectif, soit en raccourcissant certains portraits individuels, pour des raisons d'économie. Comme je le disais tout à l’heure, le formulaire a donné une orientation aux réponses des interviewés, il a défini un rythme et un caractère commun à toute la collecte, et ce, malgré la grande amplitude des réponses. Nous sommes probablement dans la répétition du même plutôt que dans l’exposition de la différence.

    A. B. Il est alors nécessaire de formaliser les choses pour qu’elles puissent être transmises et lues. Tu as travaillé sur cette phase de réécriture en compagnie de Lou Forster.

    L. K.— Ce qui est intéressant, dans le choix de l'écriture, c’est qu’elle donne plein de possibilités d’activation : la lecture des portraits en live, l’enregistrement par la voix… – les portraits sont, également, des partitions qui peuvent être activées sur scène.
    Le livre est un objet qui circule autrement que le spectacle, vous pouvez l’amener avec vous, le lire quand vous voulez, l'abandonner s’il ne vous plaît plus, vous pouvez l’emprunter, l’offrir, le ranger, le perdre, le retrouver.
    Un spectacle, c’est différent. On va le voir tout·e seul·e ou avec des ami·e·s, on partage une durée commune avec d’autres spectateur·rice·s venu·e·s, comme nous, au théâtre. Dans les pratiques des Albertivillarien·ne·s, il n’y a aucune personne qui assiste à des spectacles, alors que la lecture est l’une des pratiques les plus récurrentes.

    A. B.Quel type de lecture ?

    L. K.— Des journaux, des livres, des magazines français ou étrangers,
    en relation au pays d’origine du lecteur. Ils et elles lisent chez elles et chez eux, dans leur lit, à l'école, sur internet, sur leur Smartphone. Il y a des lectures militantes, des lectures de repos, il y a même une personne qui pratique le Kamasoutra de la lecture… Dès lors, publier un livre est une manière d’investir un format correspondant à ces pratiques. Ça a été une découverte : ce n’était pas forcément prévu, au départ.

    A. B. Une autre phase de ce projet est la création d’un spectacle ou objet chorégraphique.

    L. K.— Après la collecte et l'écriture des portraits, je rentre en studio pour travailler Portraits Choisis. Je ne travaille pas sur une série de reenactments mais sur une traduction libre de chaque pratique, un montage des différents portraits. Chaque portrait apporte sa propre intensité, un langage gestuel spécifique, son propre caractère.

    A. B.Une chose commune à plusieurs de tes projets est le fait de partir sur des sujets d’ordre davantage politique, économique, social, qu’artistique, des sujets que l’on trouve finalement assez peu dans le domaine de la danse, et de les y traiter. C’était le cas dans Arranged by Date, qui,
    en 2012, partait de la crise en Grèce.

    L. K.Arranged by Date est une autofiction sur le lien entre mémoire et dette, un lien proposé par Nietzsche et repris par Maurizio Lazzarato dans son livre La fabrique de l’homme endetté. J’ai voulu aborder la question de la dette d’un point vue micropolitique, par le biais d’une fiction dansée.
    Le personnage fait face à une perte de mémoire involontaire qui prend la forme d’une résistance intuitive au système financier auquel elle est soumise en tant que cliente.
    Dans le cas d’Aubervilliers, on parle d’une des communes les plus pauvres de France, et ce, depuis le xviiie siècle. Ce que j’ai découvert à travers mon enquête, c’est une situation beaucoup plus complexe, où se mêlent des pratiques riches et des pratiques pauvres et normatives.

    A. B.Il s’agit ici de renverser la perception que l’on a d’une situation, qui a tendance à tout niveler, alors qu’existent d’autres perspectives.

    L. K.— Il faut questionner le regard que l’on porte sur les choses et le type d’affirmations que l’on en tire.

    A. B.C’est là une grande différence avec bien des projets qui essaient, dans la construction des gestes et du vocabulaire chorégraphiques, de faire émerger une réalité ou une subjectivité à partir de la danse, quand, toi,
    tu tentes l’inverse : c’est à partir d’un environnement, une question, une rencontre, que tu cherches à voir comment un geste peut se construire. Dans Arranged by Date, tu inventes un vocabulaire chorégraphique qui devient la partition de l’histoire de ton corps face à ce qu’engendre la situation d’une carte de crédit perdue – et cette carte va, à son tour, engendrer des situations fictives mais bien réelles, et, finalement,
    une danse. Utilises-tu ce terme : danse ?

    L. K.— S’agissant du travail chorégraphique, je me suis éloignée assez vite d’une réflexion autoréférentielle. Des questions telles que : « Qu’est-ce que la danse, la chorégraphie ? » ne me préoccupent pas particulièrement. Explorer ma propre subjectivité dans un espace de résidence n’est pas, non plus, une option qui m’intéresse en ce moment. Je voulais trouver d’autres manières de définir et d’enrichir mes ressources, construire une écriture scénique capable de réfléchir à des enjeux plus larges. Pour revenir à la question de la « danse », je ne veux pas m’enfermer et devoir répondre aux à priori que ce terme véhicule, je cherche à travailler à partir d’un paysage social, et à y inscrire un geste. Danser est un geste parmi d’autres.

    A. B.Quel genre de tâches te donnes-tu, pour parvenir à régurgiter ces événements que tu as traversés, ces matériaux que tu as accumulés, et les retranscrire dans une forme chorégraphique ?

    L. K.— Pour fabriquer la pièce, je choisis, chaque fois, de m’intéresser
    à une notion apparue à travers la lecture des portraits – la répétition,
    par exemple. À travers cette notion, je lis – et lie – plusieurs portraits,
    puis j’essaie de les traduire dans l’espace scénique. Je passe, ensuite,
    au matériau suivant, puis je travaille la composition.

    A. B. Intervient un autre plan : celui des formes de sensation, de perception. Il peut t’arriver d’inventer des couches de l’ordre de la fiction, de la représentation.

    L. K.— Ce qui m’intéresse, dans chaque matériau, n’est pas son lien avec le texte d’origine, mais sa capacité à raconter quelque chose de manière autonome sur scène. Je me souviens d’une interview avec quelqu’un qui fait de la boxe et qui vient d’une famille de Tsiganes. Quand je lui ai demandé s’il se sent libre quand il s'entraîne, il m’a dit : « Oui, parce que cela me donne l’envie de tuer. » Aujourd’hui, je travaille donc sur l’usage du poing – celui qui sert à effectuer un geste de victoire, à donner des coups et à se protéger. Je cherche à trouver dans ce geste son état actuel, son efficacité ou son archaïsme.

    A. B.Quand quelqu’un te raconte ce que faire ce geste-là implique dans son existence, tu n’es plus dans la codification du geste, mais bien dans le rapport entre mouvement et intime.

    L. K.— Je cherche à saisir la façon dont ce geste est imprimé dans la vie de la personne et comment il s’imprime désormais dans la mienne.

    A. B.Tu vois en quoi ce geste est constitutif de son identité et comment, grâce à ce geste, cette personne peut survivre, trouver cette liberté dont tu parlais.

    L. K.— Je veux aborder la question de l’identité par une autre voie que celle de la performativité. Ne pas reprendre les codes servant à performer une identité, mais me demander comment une même pratique articule plusieurs identités en même temps. Là encore, les pratiques sont des objets complexes.

    A. B.La question du temps est importante, comme elle l’était pour
    A Hand’s Turn, pièce que tu as créée en juillet dernier au festival d’Athènes.

    L. K.Without a Hand’s Turn est une vieille expression britannique à propos de ce qui est fait avec le moindre effort, « sans lever le petit doigt ». A Hand’s Turn est un solo pour deux spectateur·rice·s que j’ai créé durant l’été 2017. Dans la première partie de la performance, je tourne les pages d’un livre pour les spectateur·rice·s – on entre dans la fiction grâce à un simple tour de main. Dans la seconde partie, j’établis un contact visuel avec les spectateur·rice·s grâce à un petit miroir que je pose sur scène.
    Cet objet crée une situation cinématographique dans laquelle on ne se fait jamais face. « A Hand’s Turn» indique une volonté de produire un maximum d’effet without a hand’s turn.

    A. B.Ce sont ces matériaux, présents à portée de main, qui construisent une relation. Tu disais, pour ce projet, t’être intéressée à la figure du marginal.

    L. K.A Hand’s Turnétait une première occasion de travailler consciemment la fabrique d’une figure marginale. La performance se
    passait dans un espace quasi abandonné. On pourrait dire que j’ai squatté cet espace pendant le mois qu’ont duré les représentations.
    Avec Portraits Choisis, je travaille, entre autres, sur la figure de la
    « racaille », terme qu’on utilise souvent pour désigner des jeunes marginalisés. Ce terme a fait polémique en France en 2005. Ce qui m’intéresse, c’est comment on construit de nouvelles identités à partir
    de la périphérie. « La marge » de la société est un espace où l’on peut fabriquer des possibles, et, en cela, c’est un espace qui m’intéresse.

    A. B.Ce travail que tu as conduit à Aubervilliers, souhaites-tu le reconduire ailleurs, et comment, le cas échéant ?

    L. K.— J’envisage plusieurs choses : d’abord, que la publication de l’Encyclopédie Pratique circule en tant que portrait d’Aubervilliers. Aubervilliers appartient à ce qu’on appelle la « banlieue rouge », aujourd’hui encore, un large éventail de pratiques militantes et solidaires
    y sont liées à son passé communiste. La circulation du livre en dehors des limites de la ville permettra de voir comment ces pratiques se ressemblent ou s’éloignent des pratiques qu’on rencontre ailleurs, à Paris, à Essen,
    à Brest, à Athènes ou à Valenciennes…
    Ensuite, il y a Portraits Choisis, la pièce pour scène, un solo dans lequel j’interprète différents portraits et où j’utilise la collecte comme matière première. Le solo peut être vu indépendamment de la publication, et vice-versa. Enfin, je n’exclus pas de créer d’autres Encyclopédies qui feraient dialoguer plusieurs villes entre elles.

    A. B.Cela pointe la question de la localité. Une localité est porteuse d’un certain nombre d’identités, elles-mêmes représentatives d’un monde. 

    L. K.— J’ai découvert avec ce projet que plus on va vers la précision et la localité, plus on élargit le prisme. On se donne la possibilité de trouver des points communs avec d’autres – villes, personnes, etc.

    A. B.Cela relèverait d’un autre travail d’écriture.

    L. K.— Il faudrait refaire une collecte dans une autre ville et mettre Guissény, Essen et Aubervilliers en lien. 

    A. B.Ce qui est en jeu, ici, c’est la question de la transmission.

    L. K.— Oui, je pense que ce mot de transmission rend parfaitement compte du projet. Il met en jeu une confession et une transmission des pratiques. C’est pour cela que dans le cadre de ma résidence, nous proposons trois temps d’atelier ouvert à toutes et à tous. Ce sera l’occasion de partager une partie de la matière de l'Encyclopédie et d'échanger des outils autour des quelques pratiques choisies : l’archivage, le soin, l'appropriation de l’espace urbain, le rap… 

    A. B. Dans un rapport, aussi, de corps. 

    L. K.— Dans Portrais Choisis, mon corps, avec ses mémoires, ses histoires, ses techniques, son apparence, ses habitudes et ses limites, est confronté aux corps des Albertivillariens· ne·s. Un des lieux privilégiés de la production des corps est l’intimité. Je propose de réfléchir à cet espace,
    que l’on revendique souvent comme un espace de liberté. N’est-il pas devenu l’espace, parfois effrayant, où l’individu se surveille et où s’organise sa propre exploitation? Notre intimité est traversée par toutes les crises récentes, économiques, écologiques, sociales, c’est un espace en constante transformation dont nos pratiques sont à la fois l’indice et le moteur.

     

     

     

     


    Photos

    Portrait de Lenio Kaklea par elle-même _ tous droits réservés
    Portrait de Maryse Émel par Lenio Kaklea _ tous droits réservés
    Facsimilé d'un questionnaire collecté pour l'Encyclopédie Pratique

     



    0 0

    oui
    11. Novembre 2017 - 14:00» 17:00
    Samedi 11 novembre 2017, de 14h à 17h

     

    Atelier de création 1001 plantes
    initié par l'association Auberfabrik

    Samedi 11 novembre 2017, de 14h à 17h

     

    Ce second rendez-vous des ateliers 1001 plantes de la saison, programmé aux Laboratoires d’Aubervilliers, est mené par Anne Balthazard.

    Après la découverte de la friche du Clos Sauvage et la récolte des plantes “spontanées”, nous parlerons des interstices végétales d’Aubervilliers à travers les créations plastiques des participant.e.s.

    Pour commencer à développer des modalités de transmission de ces espaces invisibilisés à travers une approche sensible de nos espaces du quotidien, gardiens des secrets d’une biodiversité locale trop souvent ignorée.

     

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    Atelier ouvert à tous sur réservation à
    reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

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    images _ tous droits réservés

     

     

     

    Labo des Labos

    0 0

    non
    16. Novembre 2017 - 16:00» 18:00
    Jeudi 16 novembre 2017, de 16h à 18h

     

    Pour cette sixième édition, Les Laboratoires d’Aubervilliers continuent leur programmation des ateliers de lecture qui, à raison d'une rencontre mensuelle, proposent de mener collectivement recherches et réflexions autour de la problématique spécifique abordée depuis différentes disciplines (l’art, les sciences humaines, la politique). Ces ateliers participent à la construction du « Printemps des Laboratoires », projet de recherche partagée qui se décline tout au long de l’année via des workshops, tables rondes, projections jusqu’à l’avènement d'une plateforme publique de rencontres, performances et projections. Ce rendez-vous public, qui aura lieu les 2 et 3 juin 2018, en constitue la mise en perspective finale à une échelle internationale. La programmation est articulée chaque année autour d'une problématique spécifique qui cette année, afin de prolonger et d'approfondir les questions, champs et domaines abordés et soulevés l'an passé. Cette année est placée sous le titre de « Endetter et Punir ».

    Cette nouvelle édition s’appuie en effet sur la question de la dette dans les pays européens comme une condition intrinsèque à notre être social et humain : nous sommes nés endettés et nous perpétuons cet endettement sur les futures générations. La lutte pour s’en libérer est celle de la construction d’une nouvelle subjectivité humaine, politique et sociale. Loin de la dimension économique qu’une certaine approche politique de la dette s’acharne à mettre en perspective et à débattre, nous postulons que cette dette n’est pas ancrée dans la relation directe à l’argent mais dans nos manières d’agir, dans la privation de nos libertés et dans notre être fondamental. Ce Printemps va donc s’employer à explorer la manière dont s’inventent des formes de politiques alternatives en Europe comme autant de zones génératives de nouveaux modes de vie et de procédures d’attention.

    Les dates exactes de ces ateliers sont les suivantes : les jeudis 5 octobre,
    9 novembre, 7 décembre 2017 et jeudis 11 janvier, 8 février, 15 mars, 5 avril, 3 mai 2018 (sous réserve de modification).
     

    Atelier # 2

     

    Pour ce second atelier de lecture, nous recevons le philosophe François Athané qui viendra présenter son texte Dettes de sexe ? Remarques sur l’esclavage pour dettes :

    « Mon propos sera organisé en trois temps. En me fondant sur la discussion critique de diverses recherches anthropologiques et historiques, je proposerai premièrement une définition de l’esclavage. Deuxièmement, je traiterai des différents modes de l’asservissement, pour me concentrer ensuite sur une forme particulière, l’esclavage pour raison financière. Troisièmement, j’expliquerai pourquoi c’est une certaine manière de se marier, le prix de la fiancée sans retour, qui permet de rendre compte de ce régime de servitude. Je suggère donc de chercher l’origine de l’esclavage pour dettes dans les modalités socialement constituées de l’accès au sexe. »

     

    François Athané est agrégé et docteur en philosophie. Il a soutenu à l’université Paris Ouest Nanterre, sous la direction de Didier Deleule, une thèse sur les théorisations des échanges et du don dans les sciences sociales. Elle est à l’origine de son livre Pour une histoire naturelle du don (Puf, 2011). Ses thèmes de recherche touchent à l’épistémologie des sciences de l’homme, à la philosophie sociale et à l’éthique appliquée. Il est co-responsable du séminaire "Santé médecine décision"à l’université Paris-Sorbonne, en coopération avec le département de médecine générale de l’université Pierre et Marie Curie. Il enseigne la philosophie dans l’académie de Paris et à l’université d’Evry-val-d’Essonne. Il a organisé L’Atelier de philosophie du travail dans le cadre des cabinets Inalyst et Technologia (expertise en santé, sécurité et qualité de vie au travail) et prend part aux travaux du GISSMED (Groupe interdisciplinaire de sciences sociales et médicales, université Pierre et Marie Curie) sur les reconfigurations de l’autorité médicale et de la relation de soin.

     



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    Les textes sont décidés par le groupe et lus en amont de chaque atelier. Ces ateliers sont gratuits et ouverts à tous, ils ont lieu le jeudi une fois par mois, de 16h à 18h, sur inscription.

    Pour obtenir les textes étudiés et/ou vous inscrire, contactez Pierre Simon : p.simon@leslaboratoires.org

    Dates : les jeudi 16 novembre, 7 décembre 2017 et jeudis 11 janvier,
    8 février, 15 mars, 5 avril, 3 mai 2018 (sous réserve de modification).

     


    Labo des Labos

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